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Liban

Mgr Gabriele Caccia : Le Liban, même avec ses difficultés, est un pays sûr...

Diplomatie

Le nonce apostolique a été nommé aux Philippines et a entamé sa tournée d'adieu.

Fady NOUN | OLJ
07/10/2017

À la veille de son départ du Liban pour les Philippines, où ses nouvelles fonctions l'appellent, fidèle à sa mission diplomatique, qui consiste à veiller et à entretenir les liens entre le Liban et le Saint-Siège, comme on le fait d'un filet que les pêches répétées peuvent échancrer, le nonce apostolique, Mgr Gabriele Caccia, a pris congé jeudi soir de la foule de ses amis en exprimant quelques « recommandations » finales.

Au cours d'une réception d'adieu au siège de la nonciature, prenant la parole à l'extrémité du gazon surplombant la magnifique baie de Jounieh avec, en avant-plan, la statue de Notre-Dame du Liban, le doyen du corps diplomatique, près duquel se tenaient le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, ainsi que des représentants des trois présidents, a commencé par remercier ses invités présents, ainsi que le président Aoun, qui lui a remis les insignes de grand commandeur de l'ordre du Cèdre, sans oublier les forces armées qui, a-t-il précisé, lui ont donné l'impression, tout au long de sa mission, « que le Liban, même avec ses difficultés, est un pays sûr ».

Dans les propos du nonce, on pressentait l'ardent avocat d'une convivialité dont on devine qu'elle a dû être quotidiennement battue en brèche et quotidiennement défendue par lui, malgré les difficultés, découragements, colères et désillusions dont il a pu être le confident, tout au long de ses huit années de mandat.
« Quand je suis arrivé (NDLR : en juin 2009), on me disait : le Liban est un petit pays, mais très compliqué. Je répondais toujours : moi je viens d'un pays plus petit et encore plus compliqué. Mais je dois dire que ce que les gens disent compliqué, ou complexe, moi je l'appelle richesse. Le Liban est un pays riche par sa nature, par son histoire, sa civilisation, les religions qu'il abrite, leur spiritualité. Ce n'est pas la complexité, c'est la richesse », a-t-il renchéri, s'attirant l'approbation sonore d'un auditoire qui semblait avoir besoin de ces mots pour être rassuré.
« Mes années au Liban m'ont beaucoup grandi, n'a-t-il pas hésité à dire. Vous étiez mes professeurs (...). On dit du Liban qu'il n'a pas de grandes ressources naturelles. En vérité, avec le pétrole et l'eau, qui est l'or bleu, le pays n'est pas aussi pauvre qu'on le dit. Mais pour moi, la richesse du Liban, ce sont les Libanais, les gens qui ont donné au monde l'alphabet, signe par excellence de cette capacité de communiquer, d'être ouvert, de rechercher la rencontre. La richesse du Liban, ce sont les Libanais avec leur éducation, leur ouverture, leur capacité d'hospitalité, leur résilience face aux problèmes (...). Dans cette capacité de dialogue et de pluralisme, j'ai découvert que l'unité n'est pas l'uniformité, et que la différence, ce n'est pas la division. »

 

Recommandations....
Délicatement, le nonce a donné, avant son départ, ses recommandations aux amis qu'il laisse : « D'ici, on voit la mer, a-t-il dit. Le Liban est un petit bateau sur la mer du Moyen-Orient. Quand la mer est calme, le Liban va bien. Quand la mer est agitée, le Liban doit faire de son mieux pour continuer à flotter. Certes, oui, on se dit que l'on ne peut rien faire, que ça ne dépend pas de nous, mais des grandes puissances, et, en effet, il ne faut jamais oublier la réalité des choses. Mais j'ai pensé aussi que le problème, ce n'est pas seulement l'eau, c'est aussi le bateau. S'il y a une avarie dans la coque, le bateau coule. Mais j'ai découvert que, malgré les tiraillements régionaux, une sincère volonté d'indépendance et de souveraineté existe, et que quand quelque communauté est tentée de l'oublier, les autres communautés le lui rappellent. Tant que cette volonté commune existe, le Liban reste promis à un grand avenir. »

« Il y a eu une chose dont je n'ai pas eu l'expérience, les élections législatives », a-t-il regretté, après avoir établi le riche bilan de sa présence dans le pays, dont deux présidences, quatre gouvernements et la visite de Benoît XVI (2012). L'autre regret, mineur, qu'il a exprimé, c'est celui de n'avoir pu profiter assez longtemps de la rénovation de la nonciature, qui vient de s'achever au terme d'un chantier de deux ans.
« Que la Vierge aimée par les chrétiens, respectée et aimée par les musulmans soit la Vierge qui garde le Liban et lui donne un futur digne des enfants de Dieu », a-t-il dit au terme de son discours, et c'est à l'unanimité que ceux qui prenaient congé lui ont exprimé leur regret de le voir partir et l'amitié qu'ils lui garderaient.

 

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NAUFAL SORAYA

Très beau et touchant....

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