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Semaine de la mode de Milan, un printemps déjanté

La Mode

Lancée le 20 septembre, la semaine de la mode milanaise s'achève aujourd'hui pour céder le témoin aux défilés parisiens. L'événement au cours duquel ont été présentées les collections printemps-été 2018 fut l'un des plus spectaculaires de ces dernières années.

27/09/2017

À Milan, il y avait de l'énergie avant toute chose. La mode étant l'un des fleurons de l'industrie italienne, elle a déployé autant de glamour que d'humour lors de cette semaine exceptionnelle où la ville a ouvert aux créateurs et à leurs invités ses plus beaux monuments. Du parc Sempione pour Roberto Cavalli au Palazzo Archinto pour Bottega Veneta, les lieux de fête et de représentation rivalisaient en prestige. Voici un aperçu des principaux défilés :

 

Gilles Deleuze chez Gucci
« La révolte remet en cause l'existant, au nom de ce qui fait défaut mais pourrait être. » Cité par Alessandro Michele, le directeur artistique de Gucci, le philosophe structuraliste Gilles Deleuze inspire résolument cette nouvelle collection baptisée « L'acte de création comme acte de résistance ». Il faut croire que chez Gucci, il y avait décidément à boire et à manger en termes de nourritures intellectuelles et autres, les thèmes se bousculant dans un joyeux et brillant désordre dans un labyrinthe habité de reproductions géantes de statues de toute l'Antiquité, de Bouddha à Jules César en passant par Persée et Méduse (empruntée à Versace pour l'occasion). Disco, paillettes, applications déjantées, strass et mousseline se font une course haletante et offrent une irrésistible diversité. Ce printemps, Gucci nous invite à nous réinventer, et du même coup réinventer le monde contemporain.

 

Masculin ambigu chez Miuccia Prada
Via Spartaco, la Galleria Prada donne le ton. Les murs sont tapissés de B.D. immenses. Des dessins de jeunes femmes dont s'inspire l'imprimé de la prochaine saison, reproduit sur le dos de magnifiques manteaux en peau. Tout comme chez Gucci, les mélanges improbables sont de règle, mais le fil conducteur est une fois de plus l'autonomisation des femmes que cette collection invite à encore plus d'indépendance. Les manteaux croisés à chevrons ou en poil de chameau sont piqués au vestiaire masculin, mais leur sobriété contraste avec la force visuelle des revers, imprimés fauves ou strassés rubis. On notera au passage ces curieuses chaussettes mi-football, mi-Blade Runner.

 

« My Little Pony » égaré chez Moschino
On a beau être habitué à l'humour acide du créateur Jeremy Scott, qui ne manque pas une occasion de dénoncer la surconsommation en affichant sur ses créations tantôt des marques de lessive ou de fast food et tantôt des déchets recyclables, pour la nouvelle collection Moschino, le facétieux directeur artistique a poussé la folie en direction de la poésie, et le résultat est juste éblouissant, si l'on exclut les habituelles allusions chaînes et cuir au hard rock et la capsule décalée dédiée au dessin animé My Little Pony dont les produits dérivés courent sur des T-shirts et joggings mauves et des accessoires qui font déjà baver plus d'une fashionista. Le temps fort du défilé, ce sont ces femmes-fleurs envahies de plumes et de papillons, ces bustiers en pétales que le mannequin effeuillait en marchant, ce haut bouquet serré dans un ruban rouge.

 

(Pour mémoire : Semaine de la mode masculine, Milan, un symptôme ?)

 

 

L'hommage de Donatella à Gianni
Il y a vingt ans, Gianni Versace disparaissait au sommet de sa carrière, assassiné par un forcené au seuil de sa villa à Miami Beach. Un hommage s'imposait, mais surtout un message d'amour que Donatella, la sœur et complice du créateur, a naturellement traduit dans cette collection printanière à la gloire du frère bien-aimé.
Ce fut donc un défilé d'anthologie, évoquant les grands moments de Versace sous Gianni, dans les années 90, tous inspirés des archives de la maison, entre motifs dorés, clins d'œil à Warhol, bestiaire signature, Amérindiens, trésors de la mer et papillons. En fond sonore, on entendait, en anglais : « Hommage à une légende, un génie. Gianni, tu as toujours eu conscience du pouvoir des femmes. Tu les as aidées à s'émanciper. Merci. »

 

Karl Lagerfeld fait merveille chez Fendi
Le « kaiser » de la mode est décidément au four et au moulin, entre Chanel, sa marque éponyme, sa passion pour la photo et l'enseigne Fendi dont il est le parrain et le créateur depuis des décennies. Pour la griffe romaine, il a imaginé de nouvelles silhouettes évoquant, selon ses mots, « une architecture flottante », un rien futuriste avec une touche tropicale, notamment dans la palette toute de rose corail, vert océan et bleu pâle.
Les sacs, piliers commerciaux de Fendi, se déclinent ce printemps en cabas en résille, sacs-seaux en peau exotique et perles métalliques.

 

 

Pour mémoire

Milan, une semaine masculine tronquée

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