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Liban

Les forces souverainistes déterminées à « faire face à la normalisation avec le régime Assad »

Polémique
26/09/2017

Le dossier des réfugiés syriens a été avancé comme prétexte par les milieux proches du chef de la diplomatie, Gebran Bassil, pour tenter de justifier son entretien la semaine dernière avec son homologue syrien, Walid Moallem, à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Cet entretien a toutefois été décidé unilatéralement, sans l'aval du Conseil des ministres. Du coup, les factions souverainistes sont montées au créneau pour faire face aux tentatives de normalisation avec le régime syrien.

Après avoir suscité une grosse polémique dans les milieux politiques en décidant de se retirer de la délégation accompagnant le chef de l'État, Michel Aoun, dans son déplacement en France, c'est à partir de Dar el-Fatwa que le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, s'en est pris, à nouveau, à M. Bassil, stigmatisant son entretien avec M. Moallem.

S'exprimant à l'issue d'un entretien avec le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, le ministre de l'Intérieur a fait valoir que la rencontre entre les deux chefs de la diplomatie – tenue à la demande de Gebran Bassil – « ne préserve pas la stabilité politique, encore moins la cohésion ministérielle ».
Mais à l'heure où la rencontre Bassil-Moallem a ravivé les craintes concernant la pérennité du cabinet Hariri ou de l'entente conclue entre Michel Aoun et Saad Hariri pour mettre fin à la vacance présidentielle, Nouhad Machnouk s'est voulu plus clair. Il a déclaré sans détours : « Cette rencontre constitue un bouleversement politique et ne reflète pas une simple dispute. Nous avons conclu un accord axé sur l'élection d'un président, la formation d'un cabinet d'entente nationale et la distanciation du Liban par rapport aux conflits des axes », notant que « les ministres devraient notifier le chef du gouvernement (de telles démarches), d'autant qu'un tel dossier exige des discussions, que ce soit avec le chef de l'État ou au sein du cabinet ».

 

(Lire aussi : Mouallem à l'ONU : "La victoire est à portée de mains")

 

Le message des FL au CPL
Si à travers ces propos M. Machnouk a tenté de limiter le problème à sa stricte dimension gouvernementale (tout en exprimant, par son geste à l'adresse du chef de l'État, un mécontentement sunnite manifeste), le ministre de l'Information, Melhem Riachi, a placé la rencontre Bassil-Mouallem dans la continuité du forcing exercé par le Hezbollah et ses alliés pour contraindre l'équipe ministérielle à aller dans le sens d'une reprise de contact avec Damas. « Nous sommes contre l'ouverture en direction du régime syrien et nous soutenons la politique de distanciation adoptée par le gouvernement libanais », a souligné le ministre Riachi au terme d'une rencontre avec M. Machnouk au siège du ministère de l'Intérieur.
M. Riachi a noté que « tout ce qui a été dit à ce sujet va à l'encontre de la déclaration ministérielle axée sur la distanciation du Liban », avant de faire valoir que « toute atteinte à la déclaration ministérielle menace le gouvernement ».

Expliquant la position du ministre de l'Information, qui intervient à l'heure où les Forces libanaises (FL) semblent déterminées à ne pas porter atteinte au sexennat Aoun, encore moins au cabinet dirigé par leur allié traditionnel Saad Hariri, un cadre FL souligne à L'Orient-Le Jour que « l'entretien de MM. Riachi et Machnouk est naturel entre deux alliés stratégiques et s'inscrit dans la continuité de la rencontre entre le Premier ministre et le président des FL, Samir Geagea, il y a une dizaine de jours, à l'issue de laquelle ils ont affirmé leur détermination à faire face ensemble à la normalisation avec Damas ».

 

(Lire aussi : Chéhayeb stigmatise l'entretien Bassil-Moallem)

 

Non à l'axe syro-iranien
Sans vouloir s'attaquer ouvertement au ministre des Affaires étrangères et donc aux proches du chef de l'État, ce proche de Samir Geagea tient à adresser ce message clair au Courant patriotique libre : « Nous refusons toute ouverture en direction de Damas, d'autant qu'il s'agit d'un dossier conflictuel qu'il convient de garder loin du Conseil des ministres. En dépit de notre contribution efficace au compromis politique élargi qui a permis l'élection du président Aoun, la formation d'un gouvernement et l'adoption d'une nouvelle loi électorale, nous ferons face à toutes les forces politiques qui seraient en faveur d'un contact avec le régime dirigé par Bachar el-Assad. »

Du côté de la Maison du Centre, on se veut encore plus tranchant et déterminé, même si Saad Hariri s'abstient pour l'heure de commenter la rencontre Bassil-Moallem, dans une volonté de préserver son propre cabinet à l'abri des querelles qui pourraient menacer la cohésion ministérielle. C'est Ahmad Fatfat, député de Denniyé (courant du Futur), qui s'est chargé hier de clarifier la position de sa formation quant à ce sujet. « Personne ne pourra nous mener vers l'axe syro-iranien », a-t-il dit à l'issue d'une réunion avec Nouhad Machnouk.
Mais ces déclarations ne semblent aucunement satisfaire l'opposition souverainiste. Loin de là. Ces milieux accusent en effet le cabinet de manquer à ses responsabilités.

C'est ainsi que l'ancien ministre de la Justice et farouche opposant à l'axe syro-iranien Achraf Rifi exhorte aussi bien le Premier ministre que les FL à prendre une position claire quant à l'entretien entre les deux chefs de la diplomatie, dans la mesure où Gebran Bassil a donné l'impression de représenter le gouvernement. « Cela prouve que le Hezbollah voudrait normaliser avec le régime syrien, mais le cabinet devrait trancher la question », ajoute M. Rifi dans une déclaration à L'OLJ. Mais en dépit de ce constat, l'ancien ministre semble confiant en ce que « si le compromis politique élargi a permis au Hezbollah d'exercer sa mainmise sur le pays, il reste que les forces souverainistes affrontent ce projet en dehors de l'équipe ministérielle ».

De son côté, Farès Souhaid, fondateur du Rassemblement de Saydet el-Jabal, est plus sceptique. Joint par L'OLJ, il estime que la rencontre Bassil-Mouallem a anéanti tout espoir de voir la neutralité du Liban se concrétiser. « Une fois réalisée, la normalisation avec Damas placera le pays dans l'axe syro-iranien, conformément à la volonté du parti chiite », s'alarme-t-il, soulignant qu'« il n'y a pas de protagoniste qui puisse faire le contrepoids ». Tout en plaidant pour le respect de la Constitution et l'intégration du Liban au sein de la communauté internationale, M. Souhaid s'est prononcé pour une initiative nationale qui serait à même de sauver le Liban de la mainmise iranienne, tout en insistant sur l'importance d'un rééquilibrage du rapport de force politique au Liban.

 

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Bery tus

oui actez bon sang .. manifester une deuxième fois comme en 2005 dormez sur les routes les places des jours des semaines s'il le faut (sans arme bien sur) ... on sait tous qu'une revolution ne se fait pas d'une journée a l'autre surtout celle pacifique et qu'il faudra pour ca plusieurs mega manifestations pacifique pour arriver a une nation digne de se nom !!

j'aimerai rajouter une chose si on demande au hezb de deposer les armes se n'est pas pour dire que quelqu'un a gagner ou perdu mais pour tous, nous tous sortirons gagnant ceux qui pensent seulement a gagner etc ceux la ne savent meme pas ce que veut dire sacrifice

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DES PAROLES... PASSEZ AUX ACTES !

Tony BASSILA

Le ministre Bassil à abusé gravement ses pouvoirs mais son entrevue avec Moallem ne représentera jamais une quelconque reconnaissance ou même rapprochement de l'état libanais envers le régime syrien.

gaby sioufi

faut s'entendre sur le sens du mot souverainiste: par les temps qui courent ne le sont pas qui le crient a tue tete non .
le sont le hezb, aoun et affilies- C donc leur vision des choses qui priment et donc dessinent notre devenir : alun l'a re-re-redit. a tout vent, a 3-4 medias étrangers

pour ce qui est de gagea et Hariri.... ben ils sont pris a leur propre piège/ jeux


Ma Fi Metlo

Chevaliers de la table ronde gout'en va si le vin est bon. .........gout'en va non non non gout'en va OUI OUI OUI. ...

OUI OUI OUI. ..... AINSI EN ONT DÉCIDÉ LES VAINQUEURS SUR LES COMPLOTEURS VAINCUS, TERRASSES MAIS PLEURNICHARDS.

HABIBI FRANCAIS

Vraiment triste de voir que certains libanais traitres a leur propre nation ,soient des collabos de DAMAS.
Israel et le Liban ont le meme peche originel...la creation d un Etat juif et Chretien dans une zone ou les trois grandes religions ont cohabite en harmonie durant 2000 ans.
Si le Liban etait demeure une region de la syrie,point de guerre civile libanaise car point de famille Assad au pouvoir en SYRIE,et donc point de crucifiction de cette derniere comme a l heure actuelle.
Un espoir...que l Iran se democratise ...il y a plus de chance que cela se realise qu en Arabie Saoudite...

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