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Économie

Hydrocarbures offshore : la date de remise des offres reportée

Liban

Ce nouveau délai de près d'un mois est basé sur une recommandation de l'Autorité de l'énergie.

08/09/2017

Nouveau rebondissement dans le dossier des hydrocarbures offshore libanais : le ministre de l'Énergie et de l'Eau, César Abi Khalil, a annoncé hier soir le report de près d'un mois de la date de remise des offres dans le cadre de la procédure lancée par le gouvernement pour l'attribution des licences d'exploration de cinq des dix blocs de la zone économique exclusive libanaise (ZEE). Initialement fixée au 15 septembre, la nouvelle date pour le dépôt des offres imposée aux 53 compagnies pétrolières préqualifiées est décalée au 12 octobre. Dans un bref communiqué relayé par l'Agence nationale d'information, le ministre affirme avoir fondé sa décision sur « une recommandation de l'Autorité de l'énergie » (LPA, un organe rattaché au ministère de l'Énergie), sans plus de précisions. Contacté par L'Orient-Le Jour, le service de presse du ministère n'a pas fait de commentaires.

 

(Lire aussi : Consolider les fondations de la stratégie de protection des côtes)

 

Loi fiscale
Considéré comme l'opportunité de donner un second souffle à l'économie du pays, le lancement du processus d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures était paralysé depuis 2013, faute de consensus politique et sur fond de litige frontalier entre le Liban et Israël portant sur l'extrémité sud de la ZEE du pays du Cèdre. Fin janvier, le Conseil des ministres a mis fin au blocage en réactivant la première phase de présélection des compagnies intéressées par l'appel d'offres sur l'attribution des licences d'exploration de la ZEE au large des côtes du pays. Dans la foulée, le gouvernement a également donné son feu vert au premier round d'attribution des licences d'exploration du gaz et du pétrole offshore, fixant ainsi au 15 septembre la date limite de dépôt des offres. Sur les 53 compagnies en lice, 45 avaient déjà été présélectionnées en avril 2013, tandis que les noms des 8 autres ont été révélés en avril, à l'issue d'une seconde session qui s'est déroulée entre février et mars derniers.

Malgré ces avancées – auxquelles s'ajoute la validation, fin janvier par le gouvernement, de la candidature du Liban à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI) –,
une étape décisive reste encore à franchir. « Le Parlement doit adopter le projet de loi sur les dispositions fiscales qui régiront le secteur du gaz et du pétrole offshore avant que les compagnies présélectionnées ne présentent leurs offres », rappelle à L'Orient-Le Jour Laury Haytayan, directrice au Natural Resource Governance Institute. Or, ce texte, adopté le 8 mars en Conseil des ministres et début mai par la sous-commission parlementaire ad hoc, n'a toujours pas été voté.

 

(Lire aussi : Hydrocarbures offshore : comment améliorer la transparence ?)

 

Un manquement qui pourrait être à l'origine du report de la date de remise des offres. « On peut imaginer deux scénarios possibles en l'absence d'explications de la part du ministère : soit ce report doit permettre au Parlement d'adopter la loi à temps, ce qu'il pourrait faire lors des séances convoquées les 19 et 20 septembre. Soit la décision a été prise parce qu'un grande nombre de compagnies préqualifiées hésitent encore à s'engager », expose encore Mme Haytayan. « Dans le second cas, ce report pourrait se révéler inutile », conclut-elle.

Il reste que le manque de transparence du ministère a interpellé l'Initiative libanaise pour le pétrole et le gaz – un lobby créé en avril 2016, plus connu sous son acronyme en anglais, LOGI – qui a réagi à l'annonce du ministre dans un communiqué publié plus tard dans la soirée, en demandant notamment à M. Abi Khalil de faire entrer les discussions autour de la loi fiscale dans le débat public. Le LOGI s'est également inquiété du « signal » qu'envoie ce report aux compagnies ainsi qu'aux investisseurs.

 

Lire aussi

Hydrocarbures offshore : les estimations trop optimistes ?

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Saliba Nouhad

Et le scandale de Mr 5%, ainsi que l'absence de société d'état pour le pétrole, dévoilés dans vos colonnes récemment?
On n'en parle plus, alors qu'on annonce des remises de la date des appels d'offre, sans trop savoir pourquoi, ni de ce qui passe vraiment, comme si on était timide et pas pressé de commencer à exploiter cette richesse nationale qui devrait profiter à tout le monde!
Ces entourloupettes, retards, non-dits montrent bien qu'il y a vraiment magouilles, combines et anguille sous roche...
Ainsi va notre pays...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES AUTRES S,ACHARNENT SUR LES GISEMENTS ET LA TORTUE LIBANAISE Y VA PAR MULTI CHEMINS...

Sarkis Serge Tateossian

Au vu de l'importance de la dette publique du Liban, toute exploitation de gisement pétrolier libanais servira au développement économique du pays.


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