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La Dernière

Raja Noujaim, libre et engagé

Positive Lebanese
06/09/2017

Dans notre petit pays qui gronde, les causes à défendre sont légion. Pas un jour ne passe sans que la société civile ne se retrouve engagée dans une bataille de longue haleine. Violations des espaces publics, aberrations environnementales, destructions des bâtiments et des vestiges archéologiques... on est souvent tenté de baisser les bras. On est souvent tenté de fermer les yeux et de laisser faire. Mais on a aussi souvent et heureusement la rage de continuer. La rage de sauver ce qui peut l'être.

Activiste dans l'âme, Raja Noujaim est de tous les combats. Juriste de formation et après des années passées dans le quantity surveying et le quality control, il décide dès les années 90 d'arrêter de travailler pour se consacrer à la défense des causes qu'il estime justes et justifiées. Sa disponibilité lui permet alors de mettre au service des citoyens sa riche expérience dans l'étude exhaustive des dossiers touchant les infrastructures, les biens publics, l'environnement. Dès lors, Raja Noujaim ne ménage pas ses efforts et ne mâche pas ses mots pour dénoncer l'inacceptable.

Appuyé par ses connaissances scientifiques et son étude approfondie des lois, il est là en première ligne, pour soutenir telle ou telle ONG, tel ou tel groupe de citoyens lésés, telle ou telle bataille qui mérite qu'on la défende. Des premières destructions choquantes de sites archéologiques lors des fouilles du centre-ville à l'incinérateur de Beyrouth, véritable menace publique, en passant par les agressions contre le littoral, l'installation dans le Metn de lignes à haute tension, le projet Fouad Boutros et les barrages de Janné et Bisri, la liste est hélas bien longue. Mais l'urgence est souvent là. L'urgence d'étudier un dossier, de réunir toutes les données, de monter au front et de faire face, sûr de son bon droit, à toutes ces ignominies que l'on veut nous faire avaler. Chaque victoire est immense. Et quand la mobilisation est là, les projets controversés reculent. Comme celui du Jardin des jésuites, celui de la falaise de Dalieh ou encore celui de l'autoroute Fouad Boutros.

Pour Raja Noujaim, il n'y a aucun doute qu'il faut continuer à être combatif. On n'a pas vraiment le choix. Mais au lieu de se battre pour des causes générales, il faut, pour être efficace et devant les urgences du moment, prendre cas par cas, approfondir son étude et être prêt à la confrontation.

Aujourd'hui les lignes à haute tension sont de nouveau évoquées alors qu'elles constituent une véritable menace pour des centaines de milliers de personnes ; le projet du barrage de Bisri maintenu alors qu'il va déstabiliser toute une région ; l'incinérateur de Medawar défendu alors qu'il est hautement toxique pour toute la région ; la plage de Ramlet el-Baïda plus que jamais sous la menace de projets immobiliers qui empiètent sur l'espace public. Devant tant d'agressions contre le bon sens et les droits du citoyen, on a le tournis. Se battre encore et encore semble être la seule voie à suivre. Mais les ONG seules ne peuvent pas remporter toutes les batailles. La société civile est à bout de souffle et ce sont les médias et le peuple qui doivent prendre le relais. Les médias en donnant la parole aux spécialistes dans les domaines concernés et le peuple en réalisant que ses droits sont constamment bafoués mais que sa voix compte encore.

 

*Positive Lebanon est un concept basé sur les initiatives concrètes de la société civile libanaise. Ces initiatives qui font que le pays tient encore debout. Mais derrière chaque initiative se tient une Libanaise ou un Libanais courageux, innovant, optimiste et plein d'amour pour son pays. (voir ici)

 

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