Un ouvrier s’affairant pour garder le bois en bon état.
Le Bois des Pins de Beyrouth a été traité à la suite de la mort de plusieurs centaines de ses arbres, et a, enfin, été rouvert au public. Mais qu'en est-il de la gestion future de ce principal espace vert de Beyrouth et des failles à combler afin que le bois soit accueillant aux visiteurs ?
Le Bois des Pins, ou Horch Beyrouth, l'a donc échappé belle et a enfin rouvert ses portes au public. À quelques exceptions près, tous les arbres ont été traités et le parc est maintenant sûr, selon le personnel sur place.
Le Buprestidae qui ravageait les arbres du bois, causant la mort de près d'un millier d'arbres, selon le Conseil national de recherche scientifique (voir L'Orient-Le Jour du 18 mars 2017), est aujourd'hui contenu, et la cause de la réouverture du bois, pour laquelle tant de Libanais ont milité, est enfin gagnée... ou presque.
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Nous l'avons visité, hier, ce fameux bois avec ses 30 hectares de pinède. Première impression ? Gigantesque ! Tellement vert. Époustouflant (malgré le fait que les visiteurs se faisaient très rares, probablement parce qu'ils n'ont toujours pas été proprement avertis de la réouverture). Mais quelques minutes de marche étaient plus que suffisantes pour noter toutes les failles dont souffre cette pineraie. En cinq minutes, nous étions déjà à bout de souffle. Aucune source d'eau ne se faisait voir. Seul un nombre minimal de bancs, et moins d'une dizaine de sacs-poubelles éparpillés sur 30 hectares étaient disponibles. Un préau – situé très loin de l'entrée du bois – ombrageait les 12 enfants de l'association « al-Majal », qui croient en l'effet cathartique de la nature. « Mais ces enfants n'ont ni endroit aménagé pour s'amuser (avec toboggans, etc.) ni le droit de ramener leurs propres jouets, donc ils s'adaptent au minimum disponible », a dénoncé un responsable de l'association, qui a requis l'anonymat.
Suite au fléau qui l'a récemment dévasté, le bois connaît aujourd'hui une installation de barrières, qui étaient en construction lors de notre visite, autour des petites collines. Des ouvriers nous ont alors appris que ces collines boisées seraient interdites au public afin d'éviter la pression sur les arbres et de les protéger. Les gardiens nous ont confirmé que les visiteurs devraient se contenter uniquement des allées, mais, pour eux, la raison principale serait « la pollution causée par les visiteurs qui jettent des déchets à tout-va ».
Nous avons donc contacté Gaby Fernainé, membre du conseil municipal de Beyrouth et président du comité des espaces verts, qui nous a déclaré qu'un appel d'offres pour les opérations et la maintenance du bois a été lancé. Une société privée serait donc, selon lui, bientôt responsable de prendre en charge l'intégralité du bois à tout niveau, chose à laquelle s'oppose le mouvement « Nahnoo », présidé par Mohammad Ayoub. Ce dernier a indiqué à L'Orient-Le Jour la préférence de « Nahnoo » de voir investir une part du budget de la municipalité à l'embauche de personnel qui prendrait en charge la gestion du bois, limitant la tâche de la société privée à la seule maintenance. « Il s'agit de limiter les dépenses, de créer des emplois et de s'assurer que la gestion reste entre les mains de la municipalité, et donc du public », a-t-il souligné. Mohammad Ayoub croit vivement dans « le pouvoir du peuple de changer ». « C'est lorsque le peuple se sent impliqué par certains travaux qu'il décide de se donner », a-t-il noté. Pour lui, les campagnes de sensibilisation sur l'environnement ne sauraient être aussi efficaces qu'une application stricte de la loi – déjà en vigueur – sur la sauvegarde des espaces publics.
Et qu'en est-il du rôle de la société civile dans la gestion du bois ? M. Ayoub a affirmé que la société civile contribue depuis l'ouverture même du bois à son bon fonctionnement, en offrant aux visiteurs des activités, notamment de la musique et du yoga, et en organisant des campagnes sur le respect de l'environnement.
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Une habituée du Horch, Rosemay Hechaimé, a d'ailleurs confirmé à L'OLJ l'importance de l'implication de la société civile dans la gestion du bois. Elle a raconté que plusieurs jeunes volontaires avaient l'habitude de prendre en charge, durant ses visites, la responsabilisation des visiteurs. Responsabilisation : tel est le mot-clé qu'a mis en exergue Rosemay. Pour elle, un « joyau » comme ce bois ne devrait aucunement être rouvert au public avant l'adoption de mesures assez claires que tout visiteur serait obligé de respecter. « Un seul incendie, un seul problème de pollution pourraient mettre fin au principal espace vert de Beyrouth », a-t-elle noté. Et d'ajouter : « Autant appliquer les bases du respect des espaces publics et de la sauvegarde de la propreté ! C'est le minimum que nous devrions faire pour notre pays. »
Il est déplorable dans ce cadre de voir ces 30 hectares paradisiaques souffrir d'une organisation déficiente, qui risque, à elle seule, de repousser les visiteurs et de les dissuader de venir profiter du grand air dans ce qui est le seul grand espace vert de Beyrouth !
Interrogé sur ces points, Gaby Fernainé a souligné la détermination de la municipalité à assurer une amélioration de la gestion du bois, l'installation d'un nouveau matériel requis (bancs, poubelles, etc.), l'organisation de nouvelles activités respectueuses de l'environnement, l'aménagement d'une piste de course, et, finalement, un changement d'horaires. Les horaires (de 7h à 13h en semaine et de 7h à 19h en week-end) seraient, selon M. Fernainé, adaptés aux demandes de la population, et ce après la coopération avec la société privée susmentionnée.
Et si la société civile avait des idées favorables au bon fonctionnement du bois ? « Nous serons ouverts à toute suggestion et prêts à collaborer avec elle », a répondu M. Fernainé.
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Il faudra surveiller la propreté de ce mini bois et faire des contraventions à toute personne qui jette ses ordures .
10 h 58, le 10 août 2017