Liban

Les nominations diplomatiques tributaires de tractations politiques...

Dans les coulisses de la diplomatie
29/06/2017

Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a lancé les préparatifs pour de prochaines nominations diplomatiques, à l'heure où 44 postes du corps diplomatique sont vacants.

En dépit de cette vacance dans plusieurs capitales, la date des nominations des nouveaux diplomates reste floue. Et pour cause : plusieurs chefs de parti souhaitent que certaines ambassades à l'étranger soient dirigées par un diplomate qui leur soit proche.

Dans ce contexte de tiraillements, le chef de la diplomatie œuvre à rapprocher les points de vue. On en veut pour preuve le fait que M. Bassil appuie un projet prévoyant un changement des communautés des ambassadeurs dans certains postes. Or le président de la Chambre, Nabih Berry, a refusé de céder les deux postes d'ambassadeur du Liban au Qatar et aux Émirats arabes unis, occupés par des chiites. Il a même été jusqu'à accepter de céder un des deux postes, à condition que le prochain ambassadeur du Liban au Koweït appartienne à la communauté chiite. Une proposition que le Premier ministre, Saad Hariri, n'a pas tardé à refuser, dans la mesure où les ambassadeurs du Liban en Arabie saoudite et au Koweït sont les seuls diplomates sunnites aux pays du Golfe.

Dans le même ordre d'idées, il a été question de nommer un ambassadeur sunnite (au lieu d'un maronite) au Mexique. Une proposition à laquelle s'est opposé catégoriquement Gebran Bassil.

Parallèlement aux réunions qu'il tient au palais Bustros, les nominations diplomatiques sont au centre de rencontres que M. Bassil a tenues avec Nader Hariri, directeur de cabinet du Premier ministre. Mais les deux hommes ne sont pas parvenus à nommer un nouveau secrétaire général (sunnite) du ministère des AE, après le passage à la retraite de Rafic Rhaïmi. On apprend dans ce cadre que Nader Hariri soutient la candidature de Hani Chmaïtelli, consul général du Liban à Istanbul, à ce poste. Mais cela risquerait de causer un problème. D'autant que plusieurs ambassadeurs ont droit à accéder à ce poste.
Certains font, par ailleurs, savoir que le juge Imad Kabalan pourrait être nommé hors cadre secrétaire général du palais Bustros.

Un point important reste à soulever : à l'heure où 56 % des postes diplomatiques sont vacants, cette proportion pourrait bien augmenter, avec le passage à la retraite de plusieurs ambassadeurs et fonctionnaires. Il s'agit notamment du directeur général des affaires politiques, secrétaire général par intérim du palais Bustros, Charbel Wehbé, et des ambassadeurs Bassam Naamani (Tunisie) et Abdallah Mansour (Turquie). Sans compter le directeur des organisations internationales au sein du ministère, Afif Ayoub, et les ambassadeurs du Liban à Cuba, Robert Naoum, aux Émirats, Hassan Saad, et aux Nations unies, Nawwaf Salam.

Face à ce paysage complexe, Gebran Bassil devrait commencer par nommer un nouveau secrétaire général et approuver la promotion de 34 conseillers au grade d'ambassadeurs. Le président Michel Aoun devrait, quant à lui, trancher la question des ambassadeurs hors cadre (Moustapha Adib en Allemagne, Khalil Karam à l'Unesco, Élias Lebbos au Venezuela, Antoine Andari en Argentine, Zaven Kalvakian au Kazakhstan et Nawwaf Salam à l'ONU). Il devrait aussi nommer des ambassadeurs hors cadre en France (maronite), en Égypte, en Arabie saoudite et à New York (sunnites).

Les pays sans ambassadeur

Voici une liste des pays où le Liban n'a pas d'ambassadeur mais un chargé d'affaires : France, Espagne, Italie, Vatican, Bulgarie, Autriche, Grèce, Suède, les pays baltes, États-Unis, Canada, Mexique, Colombie, Chili, Uruguay, Japon, Inde, Australie, Liberia, Sénégal, Gabon, Guinée, Afrique du Sud, Syrie, Égypte, Algérie, Jordanie, Irak, Koweït et Bahreïn.

 

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