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Aux Etats-Unis, villes et Etats s'allient dans un climat de résistance

Accord de Paris

Le maire démocrate de la ville de Pittsburgh, érigée par Donald Trump en exemple de sa priorité donnée aux Américains, s'en est frontalement pris au milliardaire, devenant la coqueluche des réseaux sociaux.

OLJ/AFP/Shahzad ABDUL
02/06/2017

Plusieurs dizaines de villes et d'Etats américains ont immédiatement organisé la résistance aprèsla décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, promettant qu'au niveau local l'Amérique continuerait d'avancer vers une économie verte.

De New York sur la côte Atlantique à la Californie, qui donne sur le Pacifique, maires et gouverneurs ont multiplié jeudi les alliances ou les appels pour faire barrage, de l'intérieur, au retrait choc du président américain. Ce dernier a décidé de faire sortir les Etats-Unis de l'accord climat, texte signé fin 2015 par 195 pays, mettant en avant sa politique de l'"Amérique d'abord".

Les gouverneurs démocrates des puissants Etats de New York, Washington sur la côte ouest, et de la Californie, qui représentent un cinquième de la population américaine, ont ainsi décrété une "alliance pour le climat". Ensemble, ils sont "déterminés à atteindre l'objectif américain de réduction de 26 à 28% des émissions de gaz à effet de serre" par rapport à 2005, a promis le gouverneur de New York, Andrew Cuomo.

L'alliance, assurent les trois Etats, devrait servir de "forum pour soutenir et renforcer les programmes existants contre le changement climatique" ou encore "mettre en oeuvre de nouveaux programmes de réduction des émissions de carbone".

 

(Lire aussi : Macron : Les États-Unis ont tourné le dos au monde)

 

"Prendre les rênes"
Face aux réserves de Donald Trump quant au changement climatique, les collectivités préparent déjà le terrain depuis quelques temps. Une trentaine d'Etats ont par exemple fixé des normes forçant les compagnies d'électricité à fortement accroître leur part d'énergies renouvelables dans la prochaine décennie. Et les initiatives dépassent les traditionnels bastions démocrates pour s'étendre jusque dans des Etats républicains, comme l'Ohio, le Texas ou l'Iowa.

Mais l'annonce officielle, jeudi, a brutalement matérialisé les craintes, faisant sortir de leurs gonds de nombreux responsables politiques. Le maire démocrate de la ville de Pittsburgh, érigée par Donald Trump en exemple de sa priorité donnée aux Américains, s'en est ainsi frontalement pris au milliardaire sur Twitter, devenant en l'espace de quelques minutes la coqueluche des réseaux sociaux et le symbole de la résistance locale.

"Les Etats-Unis rejoignent la Syrie, le Nicaragua et la Russie, en décidant de ne pas participer à l'accord mondial de Paris. C'est maintenant aux villes de prendre les rênes" de l'économie verte, a d'abord écrit Bill Peduto.

 

 

"En tant que maire de Pittsburgh, je peux vous assurer que nous suivrons les directives de l'accord de Paris pour nos administrés, notre économie et notre avenir", a-t-il ajouté.

 

 

Bill Peduto a senti la nécessité de répliquer au président américain, qui a expliqué avoir été "élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris".

 

 

Contre-pouvoir
L'homme d'affaires devenu président avait ensuite insisté: "Il est temps de mettre Youngstown, dans l'Ohio, Detroit, dans le Michigan et Pittsburgh, en Pennsylvanie - ainsi que de nombreux endroits fantastiques de notre pays - devant Paris, en France".

Donald Trump "dit que les Etats-Unis sortent de l'accord de Paris", a écrit sur Twitter Marty Walsh, le maire de Boston. "Il ferait mieux de réviser sa géographie, parce que Boston ne va pas faire cela", a-t-il lancé.

"L'accord de Paris reste la meilleure arme au monde pour combattre la menace existentielle" du changement climatique, a pour sa part expliqué Mitchell Landrieu, le maire démocrate de La Nouvelle-Orléans qui reste à la merci des phénomènes météorologiques.

Même son de cloche à la ville de New York, où le maire démocrate Bill de Blasio s'est "engagé à honorer les objectifs de l'accord de Paris en prenant une ordonnance municipale dans les prochains jours".

 

 

Au-delà des déclarations d'intention, les municipalités américaines entendent jouer un rôle de contre-pouvoir vis-à-vis du gouvernement central. Los Angeles, par exemple, s'est engagée à prendre la tête de ce mouvement en "travaillant étroitement avec des villes à travers les Etats-Unis et le monde", selon le maire de la mégalopole de l'ouest américain, Eric Garcetti.

L'organisation Mayors National Climate Action Agenda, qui regroupe 61 maires représentant quelque 36 millions d'Américains - fondée par ce même Eric Garcetti -, a aussi juré jeudi d'"adopter et de tenir les engagements envers les objectifs de l'accord de Paris". "Nous allons intensifier les efforts pour remplir les objectifs actuels des villes (...) et travailler à créer l'économie propre du XXIe siècle", a ajouté le communiqué de l'organisation aussi appelée "Maires pour le climat".

Suffisant pour que la décision de Donald Trump soit indolore? C'est ce qu'espère Barack Obama, grand artisan de l'accord de 2015. "Même en l'absence de leadership américain", espère-t-il, "je suis certain que nos Etats, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures".

 

 

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