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Baroin tente de réarmer la droite française pour une alternance "franche"

"L'objectif d'En Marche ! est de faire illusion le temps de la campagne législative en semant la confusion", affirme le chef de file des Républicains. 

Le chef de file des Républicains, François Baroin, s'est efforcé samedi de réarmer une droite sonnée par l'élection présidentielle et l'entrée de plusieurs de ses membres dans le gouvernement d'Emmanuel Macron. AFP / JACQUES DEMARTHON

Le chef de file des Républicains (LR) pour la bataille des élections législatives s'est efforcé samedi de réarmer une droite sonnée par l'élection présidentielle et l'entrée de plusieurs de ses membres dans le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Lors d'une réunion publique de soutien aux candidats de LR et de son allié centriste de l'UDI, à Paris, à moins d'un mois des élections législatives, François Baroin a dénoncé l'"unanimisme illusoire et éphémère" suscité selon lui par la victoire du candidat d'En Marche ! à la présidentielle.

Il a fait allusion à la nomination d'un Premier ministre et de deux ministres de droite, Edouard Philippe, Bruno Le Maire (Economie) et Gérald Darmanin (Budget), une main tendue que des élus et responsables LR disent être prêts à saisir.

"La franchise m'apparaît bien plus porteuse pour notre pays qu'une addition de reniements (...) La démocratie, ce n'est pas un mercato gouvernemental", a lancé François Baroin, qui a qualifié l'équipe nommée mercredi de "gouvernement provisoire".

"L'objectif d'En Marche ! est de faire illusion le temps de la campagne législative en semant la confusion. Ils voudraient nous faire croire que les différences entre (...) les opinions ont disparu comme par magie. Nous n'allons pas nous laisser piéger", a-t-il poursuivi.

Il a dénoncé dans le mouvement d'Emmanuel Macron un "pavillon de complaisance" recouvrant "toutes sortes de marchandises" - du "socialisme de contrebande" aux "éternels revenants des aventures" du centriste François Bayrou, allié du chef de l'Etat et nouveau ministre de la Justice.

"Je refuse cette stratégie de la confusion (...) Nous ne voulons pas d'une alternance de la confusion", a insisté François Baroin, qui a exhorté ses troupes à se mobiliser pour obtenir le 18 juin une "alternance franche".

François Baroin, qui se verrait bien Premier ministre de cohabitation en cas de victoire LR-UDI aux législatives, a pris soin de ne pas faire à Emmanuel Macron le procès en légitimité que la droite a coutume de dresser aux présidents de gauche.

 

(Pour mémoire : Macron appelle son gouvernement à la solidarité)

 

Baroin se veut rassurant 
"La légitimité du président de la République est incontestable (...) Il est le président de tous les Français", a-t-il dit. "Sa victoire ne saurait être remise en cause mais les raisons de sa victoire ne peuvent être (...) oubliées."

Les Français ont avant tout voté contre l'extrême droite, a estimé François Baroin. "Je voudrais que nous donnions à la France une majorité de droite et du centre", a-t-il ajouté. "Je voudrais qu'Emmanuel Macron ait la majorité qu'il faut à la France, une majorité sans ambiguïté (...) et non une majorité de circonstances, de rencontres et d'ambitions personnelles."

Il s'est efforcé d'être rassurant en promettant que cette majorité à l'Assemblée nationale serait "attentive à respecter les prérogatives" constitutionnelles du chef de l'Etat.

"Nous ne proposons pas aux Français une confrontation mais un apaisement", a ajouté le dirigeant de LR, qui a disputé à la République en Marche (LREM), nouveau nom d'En Marche !, la palme du renouvellement : "60% de nos candidats se présentent pour la première fois à une élection", a-t-il dit.

Les projections des instituts de sondage donnent pour le moment LREM largement en tête en termes de voix et de sièges, avec une possibilité d'obtenir une majorité absolue de députés. "Rien n'est écrit", a cependant déclaré François Baroin.

Parmi les absents figurait Nathalie Kosciusko-Morizet, ex-candidate à la primaire de droite et signataire avec plus de 170 élus LR d'un appel à "répondre à la main tendue" du président.

L'ancienne ministre avait délégué sa suppléante au meeting de LR pour se consacrer à sa campagne : candidate dans la 2e circonscription de la capitale, elle doit notamment affronter un représentant de LREM et deux dissidents de LR, dont l'ancienne "plume" de l'ex-président Nicolas Sarkozy, Henri Guaino.

Le député sortant des Yvelines, qui n'a pas eu l'investiture de LR pour se représenter dans sa circonscription, s'est invité dans la capitale. "Je me présente dans la 2e circonscription de Paris avec la promesse de rendre à notre vie politique la clarté et la dignité perdues", a-t-il expliqué sur son compte Twitter.

 

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Le chef de file des Républicains (LR) pour la bataille des élections législatives s'est efforcé samedi de réarmer une droite sonnée par l'élection présidentielle et l'entrée de plusieurs de ses membres dans le gouvernement d'Emmanuel Macron.
Lors d'une réunion publique de soutien aux candidats de LR et de son allié centriste de l'UDI, à Paris, à moins d'un mois des élections...

commentaires (2)

"François Baroin a dénoncé l'"unanimisme illusoire et éphémère" suscité selon lui par la victoire du candidat d'En Marche ! à la présidentielle". On ne peut qu'approuver. "La franchise m'apparaît bien plus porteuse pour notre pays qu'une addition de reniements"' Encore d'accord! Le malheur est que c'est quelqu'un qui a appelé à voter pour Macron qui ose parler de reniements! Pense-t-il que les français seront capable de porter au pouvoir un parti-girouette?

Yves Prevost

19 h 04, le 21 mai 2017

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Commentaires (2)

  • "François Baroin a dénoncé l'"unanimisme illusoire et éphémère" suscité selon lui par la victoire du candidat d'En Marche ! à la présidentielle". On ne peut qu'approuver. "La franchise m'apparaît bien plus porteuse pour notre pays qu'une addition de reniements"' Encore d'accord! Le malheur est que c'est quelqu'un qui a appelé à voter pour Macron qui ose parler de reniements! Pense-t-il que les français seront capable de porter au pouvoir un parti-girouette?

    Yves Prevost

    19 h 04, le 21 mai 2017

  • La droite française paye 40 ans de collusion avec la nomenklatura socialiste caviar ...est-ce 28 ans après la chute du mur de Berlin , une prise de conscience réelle et profonde ? que le socialisme sous toutes ses formes, européennes , asiatiques, africaines , Sud-Américaines et tropicales ...est au 21ème siècle , en fin de cycle de partout dans le monde , Il semble qu'un certain opportuniste socialiste français ... E.Macron avait bien compris ce phénomène .... en se muant en social libéral... (ce qui d'ailleurs est quelque part une antinomie de sophiste )

    M.V.

    07 h 58, le 21 mai 2017

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