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Liban

Une réunion nocturne Geagea-Kanaan pour remettre les pendules à l’heure

Éclairage
17/05/2017

Quelles sont les chances de parvenir à une nouvelle loi électorale d'ici au 20 juin, date à laquelle le mandat de la Chambre expire ? Pratiquement, et compte tenu du fait qu'on continue de faire du surplace à ce niveau, elles semblent nulles. Il est vrai que les contacts se sont intensifiés depuis que le président de la Chambre, Nabih Berry, a décidé de convoquer la Chambre pour le vote d'une rallonge technique de son mandat, le 15 mai – avant de reporter cette date au 29 mai –, mais ils restent jusqu'à nouvel ordre sans effets.

Hier, le député Ibrahim Kanaan, dont le bloc parlementaire – le Changement et la Réforme – a renoncé à la formule mixte en faveur de la proportionnelle, mais à condition que le principe de la préqualification soit maintenu, s'est rendu tard en soirée à Meerab pour une réunion de concertation avec le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, en présence du ministre de l'Information, Melhem Riachi. Une réunion que des observateurs politiques situent dans le cadre des échanges de forme au sujet du dossier électoral. Mais il ne s'agit pas seulement de cela. La visite, qui intervient après l'accroc entre les Forces libanaises et le CPL au sujet du dossier des navires-centrales, doit surtout servir à montrer que les rapports entre les deux formations restent au beau fixe et qu'un désaccord autour de sujets ponctuels ne signifie pas que l'alliance entre eux est malmenée ou chancelante. Les FL et les Kataëb, rappelle-t-on, avaient vivement contesté le manque de transparence de la procédure à travers laquelle le ministère de l'Énergie et de l'Eau, soutenu par le CPL, voulait adjuger la location de deux navires-centrales dans le cadre d'un plan électrique quinquennal d'urgence.

 

(Lire aussi : Une nouvelle loi électorale en vue, mais à quel prix ?)

 

La polémique à ce sujet avait donné lieu à des échanges acerbes qui ont été vus comme un signe indicateur d'une détérioration des relations entre les deux alliés chrétiens. Mais selon leurs proches, ces derniers demeurent sur la même longueur d'onde pour ce qui est de la formule de la nouvelle loi électorale. Ils restent en faveur du mode de scrutin mixte, prévoyant le système majoritaire au premier tour et la proportionnelle au second tour, mais ne s'opposent pas à la proportionnelle seule, tant que les voix chrétiennes ne sont pas diluées.Plus tôt dans la soirée, le chef du PSP, Walid Joumblatt, avait reçu à Clemenceau le député FL Georges Adwan. Les pôles politiques écartés du cercle restreint des contacts sur la loi électorale, limité en effet aux principales forces représentées au Parlement, minimisent l'importance des échanges en cours, partant du principe qu'ils ne peuvent pas aboutir du moment que le souci principal de chacune de ces forces est d'augmenter le nombre de ses représentants place de l'Étoile. Dans les mêmes milieux, on estime que si les autorités étaient sérieuses dans leur approche de ce dossier, elles auraient lancé une sorte de Doha local qui aurait débouché sur l'adoption d'une nouvelle loi. On relève dans le même temps l'absence de réunions à haut niveau, c'est-à-dire entre les trois pôles du pouvoir. Arguant en effet de soucis de sécurité, le président de la Chambre, Nabih Berry, ne s'est pas rendu à Baabda depuis l'élection du président Michel Aoun, en octobre dernier. Plus encore, les députés aounistes ne sont plus en train de prendre part aux audiences parlementaires hebdomadaires de Aïn el-Tiné. Mercredi dernier, seul le député Émile Rahmé y a pris part.

Quoi qu'il en soit, de sources proches du comité ministériel chargé d'examiner les formules électorales proposées, les discussions portent pour le moment sur la proportionnelle, conformément au découpage préconisé par le cabinet Mikati, soit 13 circonscriptions. Mais de l'avis d'un ministre, celles-ci ne devraient pas aboutir non plus, aucune des forces politiques directement concernées par ce dossier n'étant prête à faire des concessions. Le Hezbollah en premier. Selon les mêmes sources, le parti de Hassan Nasrallah, qui est soumis à des pressions régionales et internationales, lesquelles s'expriment par une possible aggravation des sanctions américaines le concernant, reste favorable à l'organisation des élections, parce qu'il a besoin d'un bouclier institutionnel. Il considère néanmoins que tant que la situation dans la région demeure inchangée, la loi électorale, quelle qu'elle soit, devrait générer une représentation parlementaire qui soit une copie de l'actuelle. En d'autres termes, des élections sur base de la loi de 1960 feraient son affaire.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MAIS LA COOPERATION F.L./C.P.L. EST UNE BONNE NOTE AU CREDIT DES DEUX PARTIS CHRETIENS ! TENEZ BON ! NE LACHEZ PAS TROP DE LESTE !

Bery tus

Que Dieu vous garde tjrs ensemble et continuer sans vous offusquer des autres ... en démocratie vous êtes la majorité alors aux autres petits de vous suivre ou non !!! Vous êtes la fierté du Liban vous avez montrez au monde que nous pouvons nous réconciliés san sl'interferance et sans l'aide ni régional ni occidental !!!

Bouez Chahine

Un cadeau à un électeur libanais, cette citation de George Orwell* :
"Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime ! Il est complice.

* George Orwell, nom de plume d'Eric Arthur Blair (1903-1950) est écrivain et journaliste anglais.

Bouez Chahine

Des réunions, des rencontres, des lois électorales multicolores et, pendant ce temps, deux millions de réfugiés se "libanisent" et les Libanais émigrent. Continuez les Bassil, les Geagea, les Riachi, les Kénaan, continuez vos réunions et vos rencontres !

Ma Fi Metlo

La nuit tous les chats sont gris , qu'importe pourvu qu'il chope des souris. ......

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUELLE HONTE ! ON EST DEVENU LA RISEE DU MONDE...

Antoine Sabbagha

Des élections sur la base de la loi de 1960 ou autres l ' important sauver le liban du vide et souder ces relations si fragiles entre nos diverses tribus .

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