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Le message de pragmatisme du Hamas laisse sceptique

Proche-Orient

Pour Israël, la nouvelle plateforme cherchant à atténuer le ton belliqueux du texte fondateur du mouvement islamiste ne change rien et le Hamas essaie "de duper tout le monde".

OLJ/Joseph DYKE/AFP
02/05/2017

En présentant une nouvelle plateforme cherchant à atténuer le ton belliqueux de son texte fondateur, le Hamas veut se présenter en interlocuteur acceptable, mais il aura fort à faire pour sortir de son isolement, estiment experts et adversaires du mouvement islamiste palestinien.

Pour Israël, ce texte ne change rien et le Hamas essaie "de duper tout le monde", a réagi le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Des diplomates occidentaux ont, eux, pris note des amendements apportés par le Hamas, tout en s'interrogeant sur leur concrétisation. Pour l'instant, la nouvelle déclaration "n'est qu'un bout de papier. Attendons de voir si les politiques changent vraiment", a déclaré un diplomate sous couvert de l'anonymat.

Le Hamas refuse toujours d'accéder aux exigences primordiales de reconnaissance d'Israël ou de renonciation à la lutte armée, souligne l'un d'eux.

La déclaration générale de principes et de politiques, rendue publique lundi, est la première révision en près de 30 ans de la charte rédigée en 1988, un an après la fondation du mouvement.
Officiellement, le document ne se substitue pas à cette charte. Mais de nombreux analystes voient en lui un nouveau manifeste de référence appelé à faire oublier le texte historique réclamant la destruction d'Israël.

Prônant le jihad, volontiers décriée comme antisémite, la charte de 1988 contribue à faire du Hamas un partenaire inacceptable pour une partie de la communauté internationale, en particulier dans la recherche d'une paix toujours insaisissable avec Israël.
Il reste considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis, l'Union européenne ou l'Egypte malgré sa victoire aux dernières législatives palestiniennes en 2006 et le fait qu'il gouverne sans partage les deux cinquièmes des Palestiniens dans les Territoires.

Le nouveau document affirme que le Hamas ne combat pas "les juifs parce qu'ils sont juifs", mais lutte contre "les sionistes qui occupent la Palestine".
Il ne fait plus mention des Frères musulmans, dont le Hamas est pourtant issu, alors qu'ils étaient cités à plusieurs reprises dans la charte. Isolé régionalement depuis la répression contre la puissante confrérie en Egypte et depuis le "Printemps arabe", le Hamas cherche à rassurer Le Caire et les pays du Golfe, souligne Mukhaimer Abu Saada, expert politique gazaoui.

 

(Lire aussi : « Ce qui dérange le plus Netanyahu, c'est que Abbas rencontre Trump »)

 

'Le jihad, droit légtime'
Le Hamas dit aussi accepter, à l'évidence provisoirement, un Etat palestinien dans les frontières précédant la victoire militaire israélienne de 1967 et l'occupation de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de Gaza. Cet Etat ne s'étendrait donc pas sur toute la Palestine mandataire, y compris l'actuel Etat israélien.
Dans sa volonté de pragmatisme, le Hamas paraît ainsi prendre en compte la réalité de l'existence d'Israël. Il y va aussi de son souci "d'unité nationale" avec les autres factions palestiniennes, selon M. Saada.

Les dissensions profondes entre le Hamas et l'Autorité palestinienne passent pour un obstacle majeur à la recherche de la paix. Or l'Autorité, reconnue internationalement et dont le président Mahmoud Abbas est reçu mercredi par le président américain Donald Trump, reconnaît Israël.

Cela reste hors de question pour le Hamas, qui considère Israël comme une "entité usurpatrice" et "illégale". La Palestine continue à s'étendre "du Jourdain à l'est à la Méditerranée à l'ouest", donc y compris en Israël. Le but du Hamas reste "de libérer la Palestine", et "la résistance et le Jihad pour la libération de la Palestine restent un droit légitime, un devoir et un honneur", affirme-t-il.

Le colonel Peter Lerner, porte-parole d'une armée israélienne qui a livré trois guerres au Hamas depuis que ce dernier a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a dénoncé mardi de "la poudre aux yeux" à l'attention des Occidentaux.
"Les paroles du Hamas sont dépourvues de signification tant qu'il refuse de reconnaître Israël", a abondé Ed Royce, président républicain de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants américains. "Je veillerai à ce que le Hamas continue à figurer sur la liste des organisations terroristes aussi longtemps qu'il lancera des roquettes sur les civils israéliens".

Un diplomate occidental discerne toutefois des signaux positifs. "Il y a longtemps que les diplomates poussent à une modification de la charte", précise-t-il, tout en admettant que ces signaux étaient peu susceptibles de faire bouger officiellement les lignes.

 

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M.V.

le califat du Hamas n'est pas crédible ...ni dans le temps , ni dans l'espace...

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