Le journalisme : aller au-delà de l’information factuelle - Michel TOUMA

LES CARRIÈRES NON TRADITIONNELLES

Le journalisme : aller au-delà de l’information factuelle

13/04/2017

Nous vivons dans un monde en pleine mutation, où le progrès et le développement des connaissances – dans tous les domaines – se font à une vitesse vertigineuse et exponentielle. Le journaliste se trouve par conséquent confronté à de nouveaux défis, sans cesse croissants, dans l'exercice de sa profession. Le point sur un métier qui, de plus en plus, confirme sa réputation de « métier de tous les instants »...

Nature du travail

Le rôle du journaliste ne se limite plus aujourd'hui à informer la population. Il se doit désormais d'axer aussi son travail sur le « comprendre ». Face à la mondialisation, à l'explosion des moyens de communication et à l'information transmise en temps réel, le citoyen cherche plus que jamais à comprendre ce qui se passe autour de lui, d'autant qu'un événement qui se produit quelque part dans le monde a souvent un impact plus ou moins direct sur nous. D'où le besoin qu'éprouvent les gens à vouloir saisir le « pourquoi » d'un événement donné et de ne pas se contenter uniquement d'en être informé superficiellement. Telle est ainsi, aujourd'hui, la nature du travail du journaliste : aller au-delà du factuel et de l'analyser, l'expliquer, le placer dans son contexte.

Qualités et compétences requises

Pour être journaliste, il faut d'abord aimer « s'informer » soi-même, avoir continuellement la curiosité intellectuelle de suivre sans cesse l'actualité dans un domaine déterminé. Et, parallèlement, il faut aussi aimer « informer les autres », leur expliquer les développements et les nouveautés dans le monde qui nous entoure.

Le journalisme est donc, par essence, un métier de nature intellectuelle. Un jeune ne saurait envisager cette profession s'il n'a pas la patience de lire constamment, de suivre des débats, d'assister à des conférences, de participer à des séminaires... C'est dans ce sens que le journalisme pourrait être qualifié de « métier de tous les instants ».

Au-delà du facteur « temps », cette profession nécessite surtout un cumul de connaissances et de savoir. Ce qui distingue un bon journaliste d'un journaliste moyen, c'est ce cumul de connaissances et de savoir. La longue expérience, la maturité profonde et l'acquisition constante d'une vaste culture constituent des qualités incontournables pour exercer ce métier. La culture dans cette optique ne doit pas se limiter au seul domaine de spécialisation du journaliste, mais devrait ratisser large et s'étendre au plus grand champ de sujets et de thèmes. Un bon journaliste est celui qui a la capacité intellectuelle d'effectuer des corrélations en faisant allusion dans ses écrits à des films, des ouvrages, des œuvres littéraires, des citations célèbres, des chansons, même...

Une solide faculté d'analyse et de synthèse, une pensée claire et bien structurée, une vision globale et stratégique des enjeux et des défis, ainsi qu'une compréhension approfondie des phénomènes sociaux et culturels, constituent également un passage obligé pour briller dans cette carrière. Avoir une belle plume et une connaissance parfaite, des langues étrangères, représente en outre un atout de taille.

Les contraintes

Le journalisme est un métier très stimulant sur le plan intellectuel, mais il présente aussi de nombreuses contraintes. Ainsi, une personne qui désire se lancer dans le journalisme ne devrait en aucun cas avoir une mentalité d'employé ou de fonctionnaire. Un journaliste n'a pas d'horaire. Il peut être amené à travailler tôt le matin, très tard le soir, douze ou peut-être même quinze heures.

Ce métier est, en outre, particulièrement stressant, surtout dans un pays comme le Liban et une région comme le Moyen-Orient. La situation de crise permanente, les événements sécuritaires qui se répètent et qui créent un lourd climat de tension ont pour effet d'accroître le stress qui pèse sur le journaliste. Ce facteur « stress» pourra être éliminé, si le journaliste limite sa carrière aux domaines de la culture, de l'art, du sport, etc. Mais dans tous les cas de figure, il faut tenir compte d'un facteur physiquement et socialement éprouvant : les horaires. Un peu comme le médecin, le journaliste travaille souvent lorsque sa femme, ses enfants, ses amis sont libres et ont terminé, eux, leur travail ou leurs études.

Les débouchés

Nul n'ignore que le secteur de l'information est confronté aujourd'hui à une grave crise chronique qui menace l'existence même de certains médias en raison de facteurs essentiellement financiers et structurels. La presse écrite dans le monde fait face, notamment, à cette crise. Il reste que la rapide expansion des « nouveaux médias », des médias numériques, ainsi que le développement de l'audiovisuel offrent de nouvelles opportunités de travail.

Mais, indépendamment de la crise des médias, force est de relever que le niveau des salaires dans ce métier n'est pas particulièrement élevé au Liban. La rémunération d'un journaliste débutant se situe aux alentours d'un millier de dollars. Un journaliste expérimenté pourrait avoir un salaire d'environ 2 000 à 3 000 dollars, ou même plus, suivant le cas. La recherche d'un deuxième emploi parallèle (enseignement, poste de consultant, publication d'ouvrages, traduction...) est une option à laquelle ont recours nombre de journalistes pour être en mesure de mener une vie décente.

Les études

La plupart des grandes universités du pays offrent une formation en journalisme, soit au niveau de la licence, soit au niveau du master. Ces universités, dans l'écrasante majorité des cas, assurent un cursus qui englobe aussi bien le volet traditionnel du journalisme que les cours en rapport avec les nouveaux médias numériques.

Un diplôme en journalisme n'est cependant pas indispensable pour se lancer dans le métier. Des études en sciences politiques, sciences économiques, histoire, géographie, droit ou même environnement seraient très utiles pour exercer avec brio cette profession.

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