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Économie

Guidanian espère accueillir plus de 2 millions de touristes en 2017

Compte rendu

L'optimisme affiché du ministre du Tourisme au Salon Horeca s'appuie notamment sur la hausse sensible des touristes du Golfe observée sur le début de l'année.

05/04/2017

Le tourisme va-t-il renouer avec ses performances record de 2010, année pendant laquelle le Liban avait accueilli près de 2,2 millions de touristes ? Le ministre du Tourisme, Avédis Guidanian, en semble convaincu.

S'exprimant hier devant des journalistes en marge de l'inauguration du 24e Salon Horeca dédié à l'hôtellerie et la restauration – qui se déroule du 4 au 7 avril au BIEL, à Beyrouth –, M. Guidanian a affirmé que la saison s'annonçait « prometteuse » pour les professionnels du tourisme. « L'année a bien commencé (...) Beaucoup d'agences de voyages basées à l'étranger recommencent à miser sur le Liban », a-t-il encore déclaré, estimant que le pays pourrait accueillir « plus de 2 millions de touristes » en 2017, contre 1,7 million en 2016. « On peut raisonnablement parier sur une amélioration de la conjoncture cette année », a indiqué pour sa part à L'Orient-Le Jour le secrétaire général de l'Union des syndicats touristiques, Jean Beyrouthi. « Le fait que le pays arrive à maintenir la stabilité au niveau sécuritaire joue en sa faveur, comparé aux autres destinations de la région », a-t-il ajouté.

De fait, les derniers chiffres du tourisme cautionnent – pour l'instant – l'embellie annoncée par le ministre. Avec 215 309 visiteurs sur les deux premiers mois de l'année – selon le ministère –, le nombre de touristes a progressé de 12,3 % en glissement annuel. En parallèle, le taux d'occupation des hôtels sur la même période a augmenté de 5,7 points pour atteindre 61,5 %, selon le cabinet Ernst & Young. Il avait atteint 59 % en 2016.

 

(Lire aussi : Le secteur privé rassuré par la détente entre le Liban et le Golfe)

 

Pas de garanties
L'autre motif d'espoir du ministre concerne le retour des touristes des pays du Golfe, notamment saoudiens et koweïtiens, dont les arrivées ont progressé respectivement de 46,5 et 44,5 % sur les deux premiers mois de l'année, selon le ministère. Un retour qui s'inscrit dans le sillage de la « normalisation des relations diplomatiques entre le Liban et les pays du Golfe », affirme le ministre.

Pour rappel, les touristes du Golfe, considérés comme les plus dépensiers par les professionnels du secteur, avaient progressivement déserté le Liban à partir de 2011, notamment du fait de la dégradation progressive des relations diplomatiques entre Beyrouth et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), en marge du conflit syrien. Ces tensions avaient atteint un pic en février 2016 avec la décision des États du CCG – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït et Bahreïn – d'appeler leurs ressortissants à ne pas se rendre au Liban ou à quitter le pays. Une situation qui a finalement commencé à s'apaiser depuis l'élection de Michel Aoun à la présidence libanaise le 31 octobre dernier.

Autre facteur qui a pu encourager les touristes arabes à revenir au Liban : le lancement, le 6 janvier par le ministère du Tourisme, en partenariat avec la Middle East Airlines (MEA), des agences de voyages et des hôtels libanais, de séjours au Liban à des prix réduits pour les touristes arabes et arméniens, une offre valable jusqu'au 31 mai. « Cette opération ne suffit pas, à elle seule, à relancer l'activité touristique, mais elle permet de renforcer l'attractivité du Liban », estime le président de la Lebanese Franchise Association (LFA), Charles Arbid.

 

(Pour mémoire : Le retour d’un président sera-t-il suivi par celui des touristes du Golfe ?)

 

La hausse de la fréquentation touristique au Liban et le retour des touristes des pays du Golfe sont de fait espérés par la majorité des représentants des secteurs de l'hôtellerie et de la restauration présents lors du Salon Horeca, qui rassemble cette année plus de 350 exposants locaux et internationaux.

« Nous nous attendons à une bonne année, même s'il n'y a pas encore de garantie », a constaté le président du syndicat des propriétaires de restaurant, Tony Rami. Soulignant que « l'activité dans le secteur de la restauration a ralenti d'environ 20 % au premier trimestre 2017 en glissement annuel », M. Rami mise sur un retour des touristes du Golfe pour permettre de relancer « les restaurants gastronomiques », en perte de vitesse par rapport à la restauration rapide et autres catégories de restaurants pour petits budgets.

Une attente similaire du côté des hôteliers « qui ne peuvent plus maintenir des prix aussi bas », indique le président du syndicat des hôteliers du Liban, Pierre Achkar. « Les prix ont diminué en parallèle de l'augmentation de la fréquentation parce que la base de la clientèle des hôteliers est de plus en plus composée de groupes », explique-t-il. Selon Ernst & Young, le tarif moyen d'une chambre d'hôtel à Beyrouth s'est en effet élevé à 140 dollars à fin février (-0,4 % en glissement annuel), ce qui en fait le deuxième moins cher de la région après Le Caire (85 dollars). « Cette tendance ne concerne pas uniquement les hôtels de luxe. Le Liban est devenu très bon marché par rapport à la plupart des destinations concurrentes », rebondit M. Beyrouthi.

 

 

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