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Économie

Abi Khalil : Pas de hausse des tarifs d’EDL sans amélioration de la production

Liban - Compte-rendu

Le ministre de l'Énergie est revenu sur les cinq axes de sa stratégie qui doit permettre au Liban d'améliorer la production d'électricité et de réviser les tarifs pratiqués par le fournisseur.

01/04/2017

Le ministre de l'Énergie et de l'Eau, César Abi Khalil, a détaillé hier lors d'une conférence de presse au ministère son « plan de sauvetage » du secteur de l'électricité, dont les grandes lignes ont été adoptées mardi par le Conseil des ministres.

Pour rappel, cette stratégie vise à améliorer la production d'électricité du pays à travers cinq axes que L'Orient-Le Jour a déjà exposés dans son édition de mercredi. Ainsi, le ministère prévoit de louer, dès cet été, des navires-centrales supplémentaires pour compenser une partie du déficit de production d'Électricité du Liban (EDL) en attendant de pouvoir mettre en œuvre les étapes suivantes, au nombre de trois : la construction de nouvelles centrales par des opérateurs privés, l'implantation d'unités flottantes de transformation du gaz liquéfié importé et l'installation de parcs solaires dans plusieurs régions du pays. Le ministère propose enfin de hausser les tarifs pratiqués par EDL de plus de 40 % en moyenne à partir du 1er juillet pour permettre à l'établissement public de supporter les coûts liés à l'augmentation de ses capacités.

Interrogé sur les modalités de mise en œuvre de cette dernière mesure, M. Abi Khalil a affirmé que la hausse sera « progressive », sans préciser à quel rythme elle sera adoptée. Il a également assuré que la révision des tarifs d'EDL était « liée à l'augmentation de la production » et ne serait donc pas appliquée à la date prévue si le gouvernement n'arrivait pas à s'entendre sur le choix de la société à qui il prévoit de louer les navires-centrales avant l'été.

 

(Pour mémoire : Plusieurs remarques relatives au plan pour l’électricité déjà émises)

 

Réfugiés syriens
Le ministre a en outre rappelé que la hausse des tarifs d'EDL faisait partie des dispositions prévues par le plan global pour l'énergie lancé par son prédécesseur Gebran Bassil en 2010 – qui promettait du courant 24 heures sur 24 dès 2015.

Précisant que son plan « d'urgence » s'inscrivait dans la continuité de cette stratégie dont l'exécution avait été entravée par des « différends politiques » depuis son lancement, le ministre a rappelé que les tarifs actuels d'EDL, qui sont « subventionnés par l'État », avaient été fixés en 1994 sur la base d'un prix du baril de pétrole fixé à « environ 20 dollars ». Une situation qui rend « difficile » toute tentative de réforme du secteur de l'électricité qui n'a pas les moyens de satisfaire « une demande croissante » qui devrait « enregistrer un pic cet été avec l'arrivée des touristes et des expatriés ».

Le ministre a également souligné que cette situation était aggravée par la présence de 1,5 million de réfugiés syriens sur le territoire – selon la Sécurité intérieure –, et qui priveraient les Libanais de « 5 heures de courant par jour ». Pour rappel, M. Abi Khalil avait présenté fin février un rapport, réalisé dans le cadre d'un partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui évaluait à 486 mégawatts (MW) la consommation des réfugiés, alors qu'EDL n'arrive à assurer que les deux tiers environ de la demande locale, qui dépasse les 3 000 MW.

 

(Pour mémoire : Privatisation de l'électricité : quelles implications ?)

 

Fin de la crise politique
Le ministre est aussi revenu sur le projet de location de navires-centrales supplémentaires qu'il envisageait dans son plan initial de louer à la société turque Karadeniz Powership (KP) pour déployer une puissance de plus de 800 MW et fournir ainsi « sept heures de courant supplémentaires par jour ».

Face à la décision du gouvernement mardi d'écarter l'option consistant à faire directement appel à KP à qui l'État loue déjà deux navires – l'Orhan Bey et le Fatmagül Sultan, qui produisent un total de 370 MW et dont les contrats arrivent à échéance mi-2018 –, M. Abi Khalil a annoncé « le lancement dans les prochains jours d'un appel d'offres » pour sélectionner un nouvel opérateur. Mardi, une source ministérielle avait affirmé à L'Orient-Le Jour que l'appel d'offres devrait porter sur un nombre indéfini de navires pour une puissance totale entre 800 et 1 000 MW.

M. Abi Khalil a par ailleurs indiqué que les abonnés d'EDL allaient « rapidement bénéficier de 3 heures de courant supplémentaires suite à la mise en service des nouveaux moteurs inversés installés dans les centrales de Zouk et Jiyeh, qui fourniront 272 MW de plus au réseau. Pour rappel, la construction et la mise en service de ces moteurs – un chantier à 348 millions de dollars – avaient été lancées en février 2013, avant d'être retardées notamment en raison d'une suspension de paiement de la part du ministère des Finances pendant plusieurs mois. Contactée par L'Orient-Le Jour, la direction d'EDL a annoncé « la fin imminente de la phase de test de ces unités (NDLR : dont la mise en service est espérée depuis le début de l'année) ».

Le ministre a enfin écarté l'hypothèse selon laquelle la mise en œuvre de ce nouveau plan d'urgence serait mise en danger par de nouvelles dissensions politiques au sein du gouvernement. « La crise politique s'est terminée le 31 octobre dernier avec l'élection présidentielle (...) et les membres du gouvernement coordonnent leurs actions », a-t-il soutenu.

 

 

Pour mémoire

Abi Khalil lance un plan pour développer les énergies renouvelables au Liban

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Avant de penser à hausser les tarifs, il,faudrait peut être réfléchir aux "économies" possibles dans les dépenses de l'EdL et il y en a certainement . Ensuite, il n'y a pas que la production, il y a aussi la distribution du courant électrique : le réseau est dans un état lamentable tombant en panne au premier coup de vent ou dès qu'il pleut 3 gouttes. Les postes de transformation urbains sont en surcapacité, le voltage fluctuant entre 190 et 230 Volts, la fréquence hésitante entre 49 et 51 Hz et j'en passe... Alors d'ici qu'on ait le courant électrique 24h/24h comme dans 99,9% des pays du monde, les poules auront sans doute des dents mais les simples citoyens que nous sommes seront certainement tondus de toutes parts notamment avec les nouvelles taxes. Il est bon de rappeler à ce sujet que le raisonnement "à toute nouvelle dépense correspond nouvelle taxe" serait acceptable si les autres Services de l'Etat avaient été irréprochables mais, Messieurs les Responsables Politiques, est ce le cas ??

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