Poignée de main entre le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (g.), et le président libanais, Michel Aoun, le 23 février 2017 au palais de Baabda, en banlieue de Beyrouth. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est arrivé jeudi après-midi au Liban où il a été reçu par le chef de l'Etat Michel Aoun. A l'issue d'un entretien au palais de Baabda, M. Abbas a loué le soutien du Liban à la cause palestinienne, lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Aoun.
Mahmoud Abbas a été reçu avec les honneurs à son arrivée à la résidence du chef de l'Etat. L'orchestre de la garde présidentielle a joué les hymnes palestinien et libanais devant les deux dirigeants.
"Il ne peut y avoir de paix sans justice et sans respect des droits" des Palestiniens, a d'emblée dit M. Aoun, devant son invité. "Le défi principal sera d'imposer une solution juste et globale à tous les aspects du conflit israélo-arabe en vertu des décisions internationales et celles du sommet de la Ligue arabe" en 2002, a ajouté M. Aoun.
Il a rappelé que "Les Libanais ont eux aussi été victimes de la tragédie du peuple palestinien", en allusion à la guerre civile de 1975-1990 durant laquelle des combats armés ont opposé, entre autres, des factions libanaises et palestiniennes.
Le président libanais a ensuite dénoncé l'approche israélienne, affirmant que celle-ci ne pouvait produire que des résultats "temporaires, sans pouvoir aboutir à la paix".
(Lire aussi : Manœuvre politique ou crise au sein de la direction palestinienne ?)
"Îlots sécuritaires"
Michel Aoun a en outre insisté sur "l'importance du rôle de Mahmoud Abbas dans le maintien de la stabilité des camps (de réfugiés palestiniens au Liban) afin que ceux-ci ne se transforment pas en îlots sécuritaires exploitables aux dépens des Palestiniens".
L'armée libanaise, aux termes d'un accord très ancien, n'entre jamais dans ces camps et la sécurité y est assurée par les factions palestiniennes. Plusieurs incidents ont eu lieu récemment dans certains camps, notamment celui de Aïn el-Héloué, au Liban-Sud, et la tension reste palpable entre les différentes factions palestiniennes présentes.
Au niveau régional, M. Aoun a estimé qu'il est "urgent de trouver des solutions politiques aux conflits afin de mettre un terme aux bains de sang qui ont lieu dans certains pays arabes", en allusion à la guerre qui ravage la Syrie voisine depuis 2011.
(Pour mémoire : La situation risque de déraper à Aïn el-Héloué)
"Contre le terrorisme sous toutes ses formes"
Pour sa part, Mahmoud Abbas s'est dit "confiant que cette visite aidera à renforcer les liens fraternels entre nos deux pays et nos deux peuples". "Nous vous sommes reconnaissants pour avoir toujours défendu la cause palestinienne devant les instances internationales", a dit le président de l'Autorité palestinienne à M. Aoun. "Vos frères, les réfugiés palestiniens, sont vos proches, et nous sommes confiants que vous continuerez à les recevoir en tant qu'invités, jusqu'à leur retour, si dieu le veut, sur leur terre en Palestine", a-t-il ajouté.
Il a en outre fait savoir que les Palestiniens, comme les Libanais, étaient "contre le terrorisme sous toutes ses formes".
"Comme l'a dit le président Aoun, la solution politique (au conflit israélo-palestinien) est au point mort. Car Israël s'obstine à garder notre peuple dans une prison à ciel ouvert", a déploré M. Abbas. "Nous allons continuer à lutter contre la colonisation israélienne, surtout après la décision de la Knesset qui légalise cette colonisation", a-t-il assuré.
Et de conclure: "Nous sommes confiants que vous allez continuer à soutenir le peuple palestinien et nous sommes attachés à l'intérêt du Liban tout comme à celui de la Palestine".
Accompagné d'une délégation de haut niveau, le président Abbas sera au Liban jusqu'à samedi. Le timing de sa visite serait lié à des problèmes purement palestiniens, plutôt qu'à des questions bilatérales. Mahmoud Abbas devrait s'entretenir vendredi avant-midi avec le président de la Chambre, Nabih Berry, puis l'après-midi avec le Premier ministre, Saad Hariri. Un dîner offert par le président Aoun aura lieu ce soir en l'honneur du dirigeant palestinien.
Tirs à Aïn el-Héloué, arrestation à Saïda
Sur le terrain, le chef d'un groupuscule armé palestinien a été arrêté jeudi à Saïda, chef-lieu du Liban-Sud, par les autorités libanaises. F. S. a été arrêté par les services de renseignements de la Sûreté générale près de son domicile à Saïda. Recherché par les autorités libanaises, cet individu était à la tête du "groupe Makdissi" qui opère dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, près de Saïda.
Un peu plus tôt en cours de journée, une personne a été blessée suite à des tirs dans le camp de Aïn el-Héloué. Les circonstances de l'incident ne sont toujours pas claires.
Aïn el-Héloué est le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban.
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Mahmoud Abbas a été reçu avec les honneurs à son arrivée à la résidence du chef de l'Etat. L'orchestre de la garde présidentielle a joué les hymnes palestinien et libanais devant les deux dirigeants.
"Il ne peut y avoir de paix sans justice et sans respect des droits" des Palestiniens, a d'emblée dit M. Aoun, devant son invité. "Le défi principal sera d'imposer une solution juste et globale à tous les aspects du conflit israélo-arabe en vertu des décisions internationales et celles du sommet de la Ligue...


Pauvre type, s'il savait comme on n'en a rien a f-----.
23 h 14, le 23 février 2017