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Repère

Conflit syrien : des années d'efforts diplomatiques infructueux

De nombreuses initiatives pour trouver une issue au conflit en Syrie ont échoué depuis cinq ans, avec le sort réservé au président Bachar el-Assad comme principale pierre d'achoppement.

Une colonne de fumée se dégage d'une rue où une frappe a visé des positions du groupe Etat islamique dans la ville d'Al-Bab en Syrie, le 21 février 2017. Photo AFP / Rafat AHMAD

"Finies les solutions arabes"
En janvier 2012, deux mois après l'échec d'un premier plan arabe prévoyant un arrêt des violences, la libération des détenus et le retrait de l'armée des villes, les chefs de diplomatie arabes adoptent une initiative prévoyant un transfert de pouvoirs du président Assad à son adjoint et un cabinet d'union.
"Finies les solutions arabes", affirme le régime, rejetant en bloc ce plan et se disant déterminé à en finir avec la révolte, réprimée dans le sang depuis mars 2011.

 

Genève I: formulation ambiguë
Le 30 juin 2012 à Genève, le "Groupe d'action sur la Syrie" (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu ainsi que des représentants de la Ligue arabe, de la Turquie et de l'Union européenne) s'accorde sur les principes d'une transition.
Le plan prévoit la mise en place "par consentement mutuel" d'un "gouvernement de transition ayant les pleins pouvoirs" mais il ne précise pas le sort de M. Assad.
Les Etats-Unis estiment que le plan ouvre la voie à l'ère "post-Assad" alors que la Russie et la Chine, alliées du régime de Damas, réaffirment qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov (g.), discutant avec l'ex-émissaire de l'Onu pour la Syrie, Kofi Annan, le 30 juin 2012 à Genève, dans le cadre du Groupe d'action sur la Syrie. Photo AFP/POOL/Laurent Gillieron

 

Genève II: pas d'ordre du jour
En janvier 2014, les premiers pourparlers entre opposition et régime se tiennent à Genève sous la pression des Etats-Unis et de la Russie.
Le 15 février, après une deuxième session de négociations sans aucune avancée, le médiateur de l'Onu Lakhdar Brahimi, qui avait remplacé Kofi Annan en 2012, met fin aux discussions avant de démissionner à son tour.

L'ex-médiateur de l'Onu pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.
Photo d'archives AFP

 

Offensive russe/"Processus de Vienne"
Le 30 octobre 2015, un mois après le début de l'intervention militaire russe en soutien au régime, plusieurs pays --dont la Russie, les Etats-Unis, la France et pour la première fois l'Iran-- examinent à Vienne les possibilités d'un règlement politique.
En novembre, les grandes puissances s'entendent sur une feuille de route pour une transition mais l'avenir d'Assad n'est pas réglé.
Le 18 décembre, le processus de Vienne est validé par le Conseil de sécurité. Outre des négociations et un cessez-le-feu, le Conseil préconise un gouvernement de transition et des élections.
Début 2016, trois rounds de négociations indirectes entre régime et groupes de l'opposition, supervisés par l'émissaire de l'Onu Staffan de Mistura, se tiennent à Genève. Ils bloquent sur les modalités d'une transition et se heurtent, sur le terrain, à des violations d'une trêve initiée par les Etats-Unis et la Russie.

 

Moscou, Ankara et Téhéran reprennent la main
Le 9 août 2016, le président turc Recep Tayyip Erdogan -dont le pays soutient les rebelles- rencontre son homologue russe Vladimir Poutine pour sceller la réconciliation entre leurs pays, après une crise consécutive à la destruction d'un avion russe par la Turquie à la frontière syrienne fin 2015.
Deux semaines plus tard, la Turquie engage une opération militaire dans la province d'Alep pour combattre les jihadistes du groupe Etat islamique et des milices kurdes.
Le 22 décembre, le régime reprend le contrôle total de la ville d'Alep, au terme d'une opération d'évacuation de dizaines de milliers de civils et rebelles en vertu d'un accord parrainé par la Russie, l'Iran et la Turquie.
Ces trois "parrains" prennent de fait en main le dossier syrien en imposant le 30 décembre un cessez-le-feu entre armée et groupes rebelles.
Ils organisent les 23 et 24 janvier 2017, puis le 16 février à Astana, au Kazakhstan, des discussions réunissant pour la première fois des représentants du régime et une petite délégation rebelle. Mais les réunions, organisées pour la première fois sans l'implication des Etats-Unis, s'achèvent sans percée majeure.

Un membre des forces pro-gouvernementales syriennes se tient à proximité d'un char détruit à Alep, le 13 décembre 2016, après avoir capturé la zone. Photo AFP Photo/George Ourfalian

 

4e round à Genève
Les représentants de l'opposition et du régime doivent se retrouver jeudi à Genève pour de nouvelles discussions sous les auspices de l'Onu.
Mais les forces gouvernementales ont accentué ces derniers jours leur campagne de bombardement sur les positions rebelles à la lisière de Damas, "un message sanglant" destiné à saboter ces négociations selon l'opposition.

 

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En janvier 2012, deux mois après l'échec d'un premier plan arabe prévoyant un arrêt des violences, la libération des détenus et le retrait de l'armée des villes, les chefs de diplomatie arabes adoptent une initiative prévoyant un transfert de pouvoirs du président Assad à son adjoint et un...

commentaires (3)

Soyons sérieux !globalement , la diplomatie occidentale est la victime principale ,plus les dommages collatéraux ..., de son rêve fantasmé du printemps arabe ... ! Au Moyen Orient .. hélas , elle n'a fait depuis plusieurs années , que faire perdurer et augmenter les violences , dû principalement, au schisme chiite/sunnite en Syrie et dans la région , game is over ! l'occident à intérêt à se recycler ...s'il veut jouer un rôle équitable au Moyen Orient...!

M.V.

14 h 13, le 22 février 2017

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Commentaires (3)

  • Soyons sérieux !globalement , la diplomatie occidentale est la victime principale ,plus les dommages collatéraux ..., de son rêve fantasmé du printemps arabe ... ! Au Moyen Orient .. hélas , elle n'a fait depuis plusieurs années , que faire perdurer et augmenter les violences , dû principalement, au schisme chiite/sunnite en Syrie et dans la région , game is over ! l'occident à intérêt à se recycler ...s'il veut jouer un rôle équitable au Moyen Orient...!

    M.V.

    14 h 13, le 22 février 2017

  • C,EST QUE L,APPARITION DES TARES SALAFISTES , LACHES DES PRISONS DU REGIME, ET LES TARES FAKIHISTES LACHES PAR L,IRAN ONT SERVI TOUS DEUX LE REGIME ET FIRENT GRAND TORT AU SOULEVEMENT POPULAIRE...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 39, le 22 février 2017

  • No no no no no .....tss tss tss..... on devrait dire des années passées à vouloir faire partir le heros Bashar par un complot occidentalo-bensaoudique- sioniste , partie en fumée. C'est pas qu'il est encore là, alors que tous ceux qui demandaient son départ sont partis , c'est que le héros de la résistance BASHAR EL ASSAD , au complot OURDI est VERY MUCH LÀ et bien LÀ. UN INDICE ? Si l'occident tient à garder benyamin nathanyafou à son poste , les résistants de la RUSSIE-IRAN-IRAK-CHINE ET HEZB RÉSISTANT TIENNENT À LEUR HÉROS ENCORE PLUS QUE L'OCCIDENT À CE VOLEUR DE TERRE CRIMINOGENE DE nathanyafou.

    FRIK-A-FRAK

    13 h 26, le 22 février 2017