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Liban - Réception

Shorter se mobilise pour la femme libanaise en vue de sa participation à la vie politique

Depuis la résidence de l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Yarzé et à quelques mois des législatives, Women in Front lance l'initiative « Les femmes parlent politique » et réclame un quota de 30 % au Parlement.

Le député Serge Torsarkissian, entouré des deux cofondatrices de Women In Front, Joëlle Abou Farhat Rizkallah et Nada Anid. À l’extrême droite, Sandra Chaoul, responsable de projets au sein de l’ONG.

« Aucune société ne peut atteindre son potentiel maximal lorsque la moitié de la population est incapable de participer pleinement à la vie publique. Par vie publique, nous voulons dire les femmes au gouvernement et les femmes au Parlement. » C'est devant un parterre de militantes et de militants de la société civile engagés dans la lutte pour les droits de la femme, mais aussi de journalistes, de représentants de partis politiques et de diplomates, que s'est ainsi exprimé jeudi l'ambassadeur de Grande-Bretagne, Hugo Shorter. Et ce lors d'une réception qu'il a donnée en sa résidence, à Yarzé, sur le thème de la participation de la Libanaise à la vie politique, à quelques mois des législatives. « Depuis bientôt 18 mois que je suis au Liban, je suis étonné par la façon dont la politique semble être un monde à part, sur le plan de la participation féminine. Tellement de femmes sont sur le devant de la scène, dans les affaires, la société civile, le journalisme et bien plus encore. Et pourtant en politique, elles sont particulièrement absentes », a-t-il déploré, devant la seule femme du gouvernement, Inaya Ezzeddine, ministre d'État pour le Développement administratif, seule représentante du Conseil des ministres.

 

(Pour mémoire : « Maman, pourquoi je ne suis pas libanaise ? »)

 

Les hommes, des facilitateurs
Ce soir-là également, un seul député s'est distingué par sa présence, Serge Torsarkissian, membre du bloc parlementaire du Futur, pour faire montre de son engagement pour les femmes de son pays. L'ancien ministre Ziyad Baroud, retenu par un engagement important, s'est fait représenter par son épouse, Linda.

L'ambassadeur britannique a toutefois tenu à mettre en exergue quelques points positifs, notamment la nomination par Nabih Berry au gouvernement de Mme Ezzeddine, mais aussi les déclarations de soutien au quota féminin du président du Parlement et du Premier ministre, Saad Hariri. Hugo Shorter n'a pas manqué de saluer le nombre élevé d'hommes présents à la réception, en soutien à la femme en politique, parmi lesquels l'ambassadeur d'Australie, Glenn Miles, le représentant de l'ONG National Democratic Institute, Paul Rowland, et le cinéaste et réalisateur Lucien Bou Rjeily. « C'est parce que les hommes ont, eux aussi, la grande responsabilité d'être les facilitateurs, pour l'entrée des femmes dans la scène politique (...), de reconnaître que les femmes ont beaucoup à donner et qu'il est dans l'intérêt de tous – tout en étant leur droit – que les femmes jouent un rôle égal à l'homme en politique, au plus haut niveau », a observé le diplomate britannique.

Dans un message aux partis et aux hommes politiques, Hugo Shorter a fait remarquer qu'« ils ont le pouvoir et la responsabilité de mettre les femmes sur leurs listes, avec ou sans quota, d'autant que celui-ci est un moyen puissant d'améliorer la représentation féminine, même s'il n'est pas le seul ».

 

(Lire aussi : La soif d'agir des Libanaises)

 

 

Women In Front mobilisée, à la veille des législatives
C'est alors que la cofondatrice de Women In Front, Nada Anid, a été invitée à parler des revendications féminines. « Lorsque nous avons fondé Women In Front, il y a cinq ans, c'était après avoir constaté la flagrante absence des femmes expertes à la télévision. La relation avec leur absence dans la sphère politique était évidente », a-t-elle expliqué.

L'ONG se demande « comment les électeurs peuvent avoir confiance dans les capacités d'une femme à gérer des questions nationales, s'ils ne les voient ni ne les entendent débattre des problèmes qui en relèvent ». Créée dans l'objectif de renforcer le rôle de la femme dans la vie publique et politique, l'ONG se mobilise fortement à la veille des législatives. « Nous avons besoin de donner à la femme libanaise une plateforme où le public sera capable de connaître ses compétences et son expertise. Nous avons, de plus, besoin d'un sérieux lobbying pour convaincre le Parlement de voter pour que le quota féminin soit adopté dans la nouvelle loi électorale », a-t-elle ajouté.

C'est dans ce cadre que Women In Front, avec le soutien de l'ambassade de Grande-Bretagne, a lancé l'initiative « Les femmes parlent politique ». « Oui, les femmes libanaises ont des opinions sur la transparence, la responsabilité de rendre des comptes, la réforme, la politique étrangère, le pétrole, le gaz, les réfugiés syriens et la sécurité sociale, toutes ces questions nationales », a martelé Nada Anid. Certes, les femmes peuvent réussir ou échouer. « Mais il est de notre droit de participer à ce débat. Il est surtout de notre droit de prendre part au processus de prise de décision dans notre pays », a-t-elle conclu, réclamant « un quota provisoire de 30 % au moins de participation féminine, au prochain Parlement ».

 

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« Aucune société ne peut atteindre son potentiel maximal lorsque la moitié de la population est incapable de participer pleinement à la vie publique. Par vie publique, nous voulons dire les femmes au gouvernement et les femmes au Parlement. » C'est devant un parterre de militantes et de militants de la société civile engagés dans la lutte pour les droits de la femme, mais aussi de...

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