Le siège de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à Beyrouth, en septembre 2023. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le ministre du Travail, Mohammad Haïdar, a tenu jeudi une conférence de presse au siège principal de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à Beyrouth, pour annoncer une liste de prestations médicales nouvellement incluses dans la couverture de la Sécurité sociale, incluant désormais un grand nombre d'interventions et de technologies.
« Depuis mon accession à ce poste, le gouvernement et le ministère du Travail se sont fixés pour objectif de refaire de la CNSS un pilier essentiel pour la protection sociale et sanitaire, après les craintes liées à un recul de son rôle dans les années précédentes », a affirmé M. Haïdar.
La CNSS est l’un des tiers payants les plus importants au Liban, couvrant essentiellement les employés et leurs proches. C’est aussi l’une des institutions qui a été fortement malmenée par la crise financière et économique depuis 2019, notamment avec la vive dépréciation de la livre libanaise de plus de 90 pour cent. La CNSS souffre également de ses maux intrinsèques, notamment le retard dans la digitalisation, la désorganisation, et la lenteur des formalités.
Pour M. Haïdar, cette évolution de la liste de couverture est la plus imposante depuis des années, et « elle a été décidée avec les Ordres des médecins de Beyrouth et du Liban-Nord, les associations scientifiques, les hôpitaux et tous les acteurs concernés, afin qu’elle soit conforme aux progrès médicaux ».
Quelles sont les nouvelles prestations couvertes ?
Le ministre a annoncé quelques-unes des principales prestations nouvellement couvertes par la CNSS. « La caisse a modernisé sa couverture des traitements de tumeurs et des radiothérapies, incluant de nouveaux traitements par radiothérapie », a-t-il précisé.
La liste de prestations contient aussi, pour la première fois, les opérations d’implantation cochléaire pour l'oreille interne. « Cette mesure permettra à beaucoup de patients de retrouver l’ouïe par des traitements coûteux couverts par la CNSS », a assuré M. Haïdar.
Une bonne nouvelle pour les malades nécessitant des dialyses : la CNSS couvrira désormais les coûts de la dialyse péritonéale à domicile, qui évite aux patients les va-et-vient constants à l’hôpital, notamment durant la nuit.
La couverture des maladies cardiaques connaît, elle aussi, une évolution importante, puisque de nouvelles interventions chirurgicales spécialisées sont désormais reconnues, entre autres l’installation de stents (tubes placés dans les artères pour aider le sang à circuler), des stimulateurs cardiaques (ou pacemakers, dispositifs fournissant des impulsions électriques afin de stimuler les muscles cardiaques) et les thérapies électroniques d'assistance cardiaque.
Le ministre a également salué les progrès de la CNSS dans la couverture des fournitures médicales, assurant que « la majorité est incluse dans la liste ». « Nous travaillons à réduire encore plus la marge du coût revenant aux citoyens, afin de minimiser leurs charges », a-t-il ajouté.
Révision des tarifs et réduction des amendes
Le ministre du Travail s’est attardé sur la relation entre les hôpitaux et la CNSS, souvent houleuse en raison du retard à s’acquitter des impayés, et de la marge importante entre les tarifs imposés par les hôpitaux et ceux fixés par la Sécurité sociale. « La direction de la CNSS a décidé de réinstaurer le système d'avances financières à l’intention des hôpitaux et les médecins, en vue d’accorder au secteur médical la liquidité dont il a besoin », a-t-il expliqué. Il a encore dit que les avances, qui ne s’élevaient pas au-delà des 62 % de la facture, atteindront désormais les 90%, afin d’aider hôpitaux et médecins à poursuivre leur travail, tout en imposant un système d’audit en vue d’un compromis définitif sur tous les dossiers.
Le ministre a cependant reconnu que « la question des différences de tarifs des hospitalisations et des consultations médicales est toujours à l’étude par une commission formée de responsables de la CNSS, du comité technique et des deux Ordres de médecins ». Il n’a pas omis de rappeler que « la tarification des prestations a connu des modifications importantes ces derniers mois, en vue d’une solution définitive ».
D’un point de vue financier, M. Haïdar a annoncé « un projet de loi transféré au Parlement, dans l'objectif d’une réduction des amendes infligées aux employeurs et aux institutions pouvant atteindre 65 %, avec des mécanismes permettant un échelonnement des paiements concernant les indemnités de fin de service ». Ce point est d’une grande importance pour les patrons qui, en raison de la crise, n’ont pu s’acquitter de leurs dus.
Le ministre du Travail a également mentionné « un processus de digitalisation de la CNSS » qui est en cours, indiquant que plusieurs services digitaux sont déjà en place, pour une accélération des formalités et un allègement des complications administratives. Il a assuré que « la modernisation de la CNSS est une priorité dans l’avenir proche ».



