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Politique - Dans La Presse

Le Sénat américain cherche à durcir les conditions de l’aide à l’armée libanaise

Seule une fraction de l’aide, soit 1,8 million de dollars sur 36 millions prévus, pourrait être débloquée, le reste étant conditionné à des avancées jugées suffisantes dans le désarmement du Hezbollah, selon un projet de loi.

Le Sénat américain cherche à durcir les conditions de l’aide à l’armée libanaise

Un convoi de l'armée libanaise sur une base située à Tyr, dans le sud du Liban, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour

La version du projet de loi de finances de la Défense américaine pour l’année à venir introduit de nouvelles restrictions concernant l’aide du Pentagone à l’armée libanaise, dont une partie est conditionnée par les progrès dans le dossier du désarmement du Hezbollah et le suivi des recrutements, rapporte jeudi le site américain Al-Monitor.

Le résumé exécutif du National Defense Authorization Act (NDAA) pour 2027, publié par la Commission des forces armées du Sénat américain, précise que le financement de l’armée libanaise est désormais explicitement lié à sa « volonté de contrer le Hezbollah ».

Une aide plafonnée et un contrôle renforcé

Le texte, encore en discussion à la chambre haute, fixe un plafond de 36 millions de dollars pour l’aide du département américain de la Défense à l’armée libanaise. Mais seule une partie limitée de cette enveloppe, soit 5 % ou 1,8 million de dollars, pourrait être débloquée immédiatement. Le reste serait conditionné à une certification du Pentagone au Congrès, attestant que l’armée libanaise travaille activement au désarmement complet du Hezbollah et s’emploie à empêcher toute forme de soutien iranien, militaire ou financier, au parti-milice. Le projet prévoit également la possibilité pour le secrétaire américain à la Défense de suspendre totalement l’aide militaire si l’engagement de l’armée libanaise contre le Hezbollah est jugé insuffisant.

Par rapport au cadre actuel, qui impose un rapport annuel sur les progrès de l’armée libanaise, la nouvelle proposition durcit nettement les exigences de suivi. Elle prévoit des rapports trimestriels, soit tous les 90 jours, remis au Congrès américain, qui devront détailler notamment : les armes saisies au Hezbollah par l’armée libanaise ; les capacités de soutien de l’Iran au groupe chiite ; les menaces pesant sur Israël et la Syrie ; les déploiements de l’armée libanaise dans le cadre de ces opérations ; les programmes de formation, d’équipement et d’entraînement assurés par les États-Unis. Le texte demande aussi des informations sur les forces spéciales libanaises formées par les États-Unis, y compris le nombre de recrues et leur « composition confessionnelle ».

Le projet de loi élargit par ailleurs le champ de l’assistance américaine. L’armée libanaise serait désormais soutenue non seulement dans sa lutte contre le Hezbollah, mais aussi contre plusieurs groupes 'terroristes', parmi lesquels l’État islamique, el-Qaëda, les Frères musulmans, le Hamas et le Jihad islamique palestinien.

Pressions politiques à Washington

Selon Al-Monitor, ces mesures suscitent un « optimisme prudent » au Congrès, alors que plusieurs élus républicains réclament une ligne plus ferme.

En avril dernier, le président de la Commission des forces armées du Sénat, Roger Wicker, a estimé que « le Congrès devrait suspendre toute aide à l’armée libanaise si celle-ci ne procédait pas au désarmement complet et immédiat du Hezbollah ». Lors d’une audition en mai, M. Wicker a toutefois exprimé un soutien mesuré aux efforts du Pentagone visant à renforcer les capacités de l’armée libanaise, estimant qu’il s’agirait d’un « accomplissement majeur » si le Hezbollah pouvait être « éliminé ».

Les États-Unis demeurent le premier soutien étranger de l’armée libanaise, avec plusieurs centaines de millions de dollars d’aide militaire et de programmes de coopération au cours des huit dernières années. Fin 2025, l’administration américaine avait approuvé une enveloppe de 230 millions de dollars pour les forces de sécurité libanaises, dont 190 millions destinés à l’armée.

Lancée officiellement en septembre 2025, la stratégie de désarmement du Hezbollah par l’armée libanaise avait été interrompue avec la reprise des hostilités avec Israël le 2 mars. En janvier 2026, l’armée avait affirmé avoir achevé le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani. Mais les combats ont entraîné le retour des forces d’élite du Hezbollah dans la zone.

Malgré un accord américano-iranien conclu récemment et comportant des dispositions liées au Liban, les affrontements se poursuivent à basse intensité dans le sud du pays. Des frappes israéliennes ont encore été signalées, tandis que le Hezbollah a mené plusieurs opérations ciblant des positions israéliennes encore présentes au Liban-Sud.



La version du projet de loi de finances de la Défense américaine pour l’année à venir introduit de nouvelles restrictions concernant l’aide du Pentagone à l’armée libanaise, dont une partie est conditionnée par les progrès dans le dossier du désarmement du Hezbollah et le suivi des recrutements, rapporte jeudi le site américain Al-Monitor.Le résumé exécutif du National Defense Authorization Act (NDAA) pour 2027, publié par la Commission des forces armées du Sénat américain, précise que le financement de l’armée libanaise est désormais explicitement lié à sa « volonté de contrer le Hezbollah ».Une aide plafonnée et un contrôle renforcéLe texte, encore en discussion à la chambre haute, fixe un plafond de 36 millions de dollars pour l’aide du département américain de la Défense à l’armée...
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