Une enfant palestinienne déplacée s'abrite dans un camp de tentes, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 18 juin 2026. Photo REUTERS/Ramadan Abed.
La trêve conclue à Gaza entre le Hamas et Israël est « une illusion meurtrière » pour les enfants palestiniens, a affirmé vendredi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), faisant état de 265 enfants tués depuis octobre 2025. « Pendant de très, très longs mois, le monde entier s'est entendu dire qu'il y avait un cessez-le-feu à Gaza. Pourtant, pour les enfants palestiniens, ce soi-disant cessez-le-feu est devenu une illusion cruelle et meurtrière », a déclaré depuis Amman un porte-parole de l'Unicef, James Elder, lors d'un point presse à Genève.
« Depuis l'annonce du cessez-le-feu en octobre dernier, 265 enfants palestiniens ont été tués dans l'ensemble de Gaza », a-t-il indiqué, qualifiant ce chiffre d' »absurde », « dévastateur », et qui selon lui remet en cause la « crédibilité même » du cessez-le-feu. Selon lui, la quasi-totalité de ces 265 enfants tués l'ont été « par les forces israéliennes ».
« Une poignée ont été victimes de munitions non explosées, et un nombre encore plus faible par des milices. Mais la quasi-totalité d'entre eux ont été tués par les forces israéliennes lors de frappes aériennes, par des bombes ou des drones », a détaillé M. Elder.
Malgré la trêve, la bande de Gaza reste en proie à des violences quotidiennes, l'armée israélienne et le Hamas s'accusant mutuellement de violer le cessez-le-feu. Mi-juin, ces violences avaient fait au moins 992 Palestiniens tués, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.
L'Unicef a rapporté qu'en plus des enfants tués, figuraient « plus de 400 filles et garçons blessés », dont beaucoup grièvement. « Nous devons cesser d'accepter des niveaux de mortalité infantile qui provoqueraient l'indignation internationale partout ailleurs. Nous devons cesser de normaliser l'anormal », a exhorté M. Elder.
L'Unicef a aussi alerté sur le fait que des centaines d'enfants ont un besoin urgent d'être évacués pour recevoir des soins médicaux. « Les restrictions imposées aux médicaments essentiels signifient que les enfants blessés endurent davantage de souffrances et font face à un risque accru d'infection, de complications et de nouvelles amputations », a alerté M. Elder. « La poursuite des massacres d'enfants n'est pas la conséquence d'un manque d'options. Elle est la conséquence d'un manque de volonté politique », a-t-il encore fustigé.

