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Le Parlement questionne le gouvernement à l'ombre du débat autour de la loi électorale

Liban

La séance s'est déroulée en l'absence de Nabih Berry.

07/02/2017

Une séance de questions au gouvernement s'est tenue mardi au siège du Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth, au cours de laquelle plusieurs députés ont pu interroger l'exécutif sur plusieurs dossiers d'actualité. La séance a été levée en début d'après-midi par le vice-président de la Chambre, Farid Makari, qui présidait cette séance en l'absence du chef du Parlement Nabih Berry qui se remet d'une opération chirurgicale. Elle doit reprendre à une date ultérieure qui n'a pas encore été fixée.

 

"Nous ne couvrions personne"
Interrogé par Ali Ammar, député du Hezbollah, sur le dossier des réseaux Internet illégaux, le Premier ministre Saad Hariri a déclaré que le gouvernement n'avait pas l'intention de couvrir les individus ayant commis des infractions.

"Si des infractions ont été commises, sachez que nous n'avons pas l'intention de couvrir qui que ce soit. Soyez assurés que celui qui a commis une infraction en paiera le prix et que nous nous excuserons auprès de ceux qui ont été la cible d'une diffamation", a déclaré M. Hariri.

"Est-il possible que 200 millions de dollars aient été dilapidés dans le cadre de l'affaire des réseaux Internet illégaux?", avait demandé M. Ammar, s'interrogeant sur le fait de savoir pourquoi plusieurs personnes impliquées dans cette affaire ne sont pas en prison.

Des réseaux illégaux, dont certains présumés liés à Israël et qui distribuaient entre autres leurs services à des administrations publiques libanaises, notamment des services de sécurité, ont été découverts l'an dernier. Quatre relais Internet illégaux avaient été repérés dans les secteurs du jurd de Denniyé, au Liban-Nord, de Ouyoun el-Simane et de Faqra, dans le Kesrouan, ainsi que dans le secteur de Zaarour, dans le Metn. Plusieurs personnes font déjà l'objet de poursuites judiciaires dans le cadre de cette affaire.

"Soyez sûrs que nous sommes sur la même voie, en ce qui concerne le rétablissement de la confiance", a ajouté le député du parti chiite à l'adresse du chef du gouvernement.

Plusieurs sujets évoqués
Lors de cette séance, Hassan Fadlallah, un autre député du Hezbollah, a interrogé le gouvernement sur la lutte qu'il compte mener contre la corruption et le gaspillage de l'argent public. M. Hariri a indiqué que l'Etat libanais, qui "loue des bâtiments pour près de 300 millions", pourrait faire des économies en "regroupant des administrations" et en limitant les dépenses.

Interrogé également sur la question de l'électricité, M. Hariri a déclaré qu'il étudiait la possibilité de construire une nouvelle centrale électrique afin de limiter les coûts pour les consommateurs. Relancé par Nadim Gemayel, député d'Achrafieh sur ce sujet, le Premier ministre a expliqué que les désaccords politiques avaient retardé de nombreux projets.

Interrogé sur le dossier de la mégacimenterie d'Aïn Dara, dans le caza d'Aley,  par le député Nicolas Fattouche, à l'initiative de la construction de cette installation, le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, a expliqué que "le ministère ne pouvait pas tout accepter sans l'assentiment des habitants de la localité".
Un sit-in des habitants de Aïn Dara a eu lieu dans la journée, en présence notamment d'Akram Chehayeb, député du bloc du leader druze Walid Joumblatt, qui a dénoncé les agissements des frères Fattouche. Les travaux de la mégacimenterie, à l'origine d'une montée de la tension samedi à Aïn Dara, sont interrompus depuis deux mois dans l'attente d'une décision du Conseil d'État.

Khaled Daher, député du Akkar, a interrogé le gouvernement sur l'ouverture de l'aéroport de Kleiat, au Liban-Nord. "La mise en service d'un aéroport à Kleiat reste suspendue à la nomination d'un comité de direction de l'administration de l'aviation civile", a indiqué sur ce plan M. Hariri.

Crise des déchets
Au cours de cette séance, le chef du gouvernement a assuré que le cabinet se conformera au plan de gestion des déchets ménagers adopté en mars dernier par le précédent gouvernement présidé alors par Tammam Salam. "Nous ne permettrons pas que les ordures s’amoncellent à nouveau dans les rues", a déclaré M. Hariri.

Plus tôt dans la journée, la fédération des municipalités de la banlieue sud de Beyrouth a déposé un recours pour contester la fermeture définitive de la décharge de Costa Brava, prononcée mardi dernier par le juge des référés de Baabda, Hassan Hamdane, mais avec une période de sursis de quatre mois devant permettre aux autorités de trouver une alternative.

La décharge de Costa Brava est au cœur du plan gouvernemental de gestion des déchets. Elle accueille, depuis avril, quelque 1 200 tonnes de déchets par jour, soit ceux d'une partie de Beyrouth et du Mont-Liban, l'autre partie étant acheminée vers la seconde décharge en construction, à Bourj Hammoud.

Les enseignants des écoles professionnelles et techniques
Parallèlement à la séance parlementaire, des enseignants des écoles professionnelles et techniques ont manifesté place Riad Solh, dans le centre-ville de Beyrouth. Protestant contre "20 ans de souffrance", ils réclament leur titularisation au sein de l’Éducation nationale.

Vendredi, le comité de coordination des enseignants contractuels de l'enseignement technique public avait organisé un sit-in face au siège du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

Privés de concours d'entrée au cadre de l'enseignement officiel depuis 1997, contrairement à d'autres filières, ces enseignants ont constaté avec stupéfaction que des contrats de longue durée viennent d'être proposés à d'autres postulants, en pleine année scolaire, sans que leurs droits, ou tout au moins leur présence auprès des élèves, ne soient pris en considération.

La séance au Parlement s'est déroulée en l'absence de Nabih Berry, qui a subi une opération d'ablation de la vésicule biliaire. "Une séance avec M. Berry a une saveur particulière, mais M. Makari a fait un bon travail", a déclaré M. Hariri à l'issue de la réunion. A l'occasion du retour du chef du Parlement à Aïn el-Tiné, des membres de la police de la Chambre ont sacrifié plusieurs moutons à l'entrée de sa résidence.

Loi électorale
Parallèlement à la séance parlementaire, une réunion a regroupé au siège du Parlement le ministre de l'Information Melhem Riachi, représentant les Forces libanaises (FL) au sein du gouvernement, le chef des Kataëb et député du Metn Samy Gemayel et le secrétaire général du bloc parlementaire du Changement et de la réforme, dont le Courant patriotique libre (CPL) est la principale composante, Ibrahim Kanaan. Le sujet de cette rencontre n'a pas filtré, mais les discussions autour de l'adoption d'une nouvelle loi électorale, en vue des prochaines législatives prévues en mai prochain, vont bon train.

"Nous devons œuvrer pour l'adoption d'une nouvelle loi électorale qui prendrait en compte la réconciliation de la Montagne", a déclaré le vice-président des FL, le député Georges Adwan, exprimant le souhait que les prochaines séances du Conseil des ministres soient consacrées à cette question.

La réconciliation de la Montagne d'août 2001, scellée entre Walid Joumblatt et le patriarche maronite de l'époque, Mgr Nasrallah Sfeir, a été le premier acte politique d'union transcommunautaire, accompli sous la tutelle syrienne. Des milliers de chrétiens avaient dû fuir leurs villages suite aux affrontements armés entre milices chrétiennes et druzes en 1983 dans la région du Chouf. Nombre de ces chrétiens ont pu retourner à leurs villages progressivement après cette réconciliation.

La loi en vigueur prévoit un mode de scrutin majoritaire. Elle est critiquée par la majorité de la classe politique, du moins en apparence, à l'exception du leader druze Walid Joumblatt. Parmi les lois proposées, certains textes prévoient la proportionnelle, ou un mode de scrutin mixte. Les Forces libanaises, le Courant du Futur et le Parti socialiste progressiste avaient proposé une mouture mixte, avant que M. Joumblatt ne retire son soutien à cette proposition pour affirmer être en faveur de la loi actuelle, ou une version modifiée de celle-ci.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET ABDO NE SAIT QUE REPONDRE...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ABOU ABDO QUESTIONNE ABDO...

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Le Parlement(?) questionne le gouvernement(?)." !
Quel "parleMent et quel gouverneMent", bâllâââh !
Yâ hassértéééh !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Le parlement(?) questionne !
Et la séance s'est déroulée en l'absence du Béret ex-(déshérité!)." !
Léééh ?
Encore cette "Question!.... Prostatique" ?

Le Faucon Pèlerin

Après avoir payé illégalement les émoluments des députés qui s'étaient absentés du parlement durant deux ans et demi, ce qui constitue un détournement de fonds publics et abus des biens sociaux, voici venu le moment de transgresser et de manipuler la Constitution comme le potier qui place l'anse de la jarre là où il veut : le vide ou le référendum, deux menaces non inscrites dans la Constitution.
Jadis, quand on présentait un document à la signature au président de la République Fouad Chéhab, tout de suite il leur demandait avec son accent kesrouanais : "Ayche bi'oul el-Kteb ? (Que dit la Constitution ?).

Le général Fouad Chéhab, fut président de la République de 1958 à 1964.

VITESSE DE CROISIÈRE

Enfin une photo qui correspond au sujet .

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