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Législatives : Machnouk craint le vide, Aoun se dit confiant

Liban

Un nouvel ambassadeur saoudien nommé à Beyrouth.

06/02/2017

Le ministre libanais de l'Intérieur, Nohad Machnouk, a appelé lundi le chef de l'Etat, Michel Aoun, à revoir ses positions concernant la tenue des élections législatives prévues en mai, après que M. Aoun eut affirmé préférer le "vide" en cas de non accord sur une nouvelle loi électorale. Le président a de son côté affiché son optimisme, affirmant que l'échéance électorale aura bien lieu.

"Le président Aoun est un dirigeant accompli et il n'est pas contraint d'afficher des prises de position dans le but d'affermir sa popularité. De ce fait, je souhaite qu'il révise sa position concernant le débat sur la loi électorale", a déclaré M. Machnouk, afin de couper court à toute polémique. "Il n'y a pas de place au Liban pour les mentalités fondées sur la suppression de l'autre", a-t-il ajouté.

L'ancien ministre Wi'am Wahab a répondu aux propos de M. Machnouk via Twitter. "Je ne pense pas que le président ait besoin de conseils creux, a-t-il affirmé. L'ère des égos surdimensionnés est terminée et c'est le président qui donne des conseils", a estimé M. Wahab. "Je ne sais pas ce que voulait dire le ministre de l'Intérieur en appelant le président de la République à revoir sa position par rapport à la loi, a déclaré M. Wahab. Est-ce que cela signifie donner aux forces financières hégémoniques une loi qui leur serait adaptée?"

La loi en vigueur, dite de 1960, prévoit un mode de scrutin majoritaire. Elle est critiquée par la plupart de la classe politique, du moins en apparence, à l'exception du leader druze Walid Joumblatt. Parmi les lois proposées, certains textes prévoient la proportionnelle, ou un mode de scrutin mixte. Les Forces libanaises, le Courant du Futur et le Parti socialiste progressiste avaient proposé une mouture mixte, avant que M. Joumblatt ne retire son soutien à cette proposition pour affirmer être en faveur de la loi actuelle, ou une version modifiée de celle-ci.

Le président Aoun, qui réclame une nouvelle loi électorale en vue de remplacer l'actuelle, avait  menacé la semaine dernière d'user de ses "prérogatives" pour empêcher la convocation du corps électoral sur base du texte en vigueur. Quelques jours auparavant, il avait souligné qu'il rejetterait toute prorogation de la législature en cas de non-accord sur une nouvelle loi électorale, affirmant préférer le "vide". 

 

(Lire aussi : Vers une solution qui « sauve la face » à Baabda...)

 

 

"Il ne faut pas craindre le débat"
Lundi, le chef de l'Etat a toutefois assuré à ses visiteurs que "le Liban aura une nouvelle loi électorale qui lui assurera une juste représentativité (...). Il ne faut pas craindre le débat autour de l'adoption d'une nouvelle loi électorale, car en fin de compte, les élections auront lieu, et le Liban poursuivra son redressement qu'il a entamé il y a trois mois" (avec l'élection présidentielle, ndlr).

Dans ce contexte, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a une nouvelle fois rejeté la loi électorale actuelle. "Nous refusons que les élections législatives se tiennent sur la base de la loi de 1960", a déclaré M.Gemayel à l'issue d'un entretien avec l'ex-président Michel Sleiman. "La loi de Doha (la loi électorale de 1960 modifiée à Doha en 2008, ndlr) porterait un coup à une représentation juste, a poursuivi M. Gemayel. Nous sommes dans un pays où la moitié de la société n'est pas représentée à la Chambre des députés".

Selon le leader des Kataëb, la loi actuelle "ne permet pas aux nouveaux partis d'être représentés au Parlement".  M. Gemayel a également indiqué qu'il souhaite voir, à l'issue des prochaines élections, davantage de femmes au sein du Parlement libanais.  "Nous voulons que le peuple libanais décide de son avenir et choisisse ses députés tout comme nous souhaitons qu'une nouvelle force avec un sang neuf fasse partie de la vie politique", a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, une délégation du groupe parlementaire du Rassemblement démocratique dirigé par M. Walid Joumblatt s'est entretenue lundi avec l'ex-président Sleiman. "Il est essentiel que les élections législatives aient lieu à la date prévue, a déclaré le député Ghazi Aridi, chef de la délégation. Rien ne justifie que le scrutin n'ait pas lieu". Selon M. Aridi, le chef du parti socialiste progressiste "sait comment préserver la stabilité du Liban". "Le problème c'est que nous avons perdu de nombreuses années sans aboutir à un accord. Le débat est ouvert pour amender la loi de 1960", a-t-il ajouté.

De son côté, Michel Sleiman, qui défend la proportionnelle, a affirmé que chaque partie a "des craintes différentes". "Il faut se tourner vers la Constitution et les principes de l'accord de Taëf, a-t-il déclaré. Nous craignons un vide au niveau de la Chambre des députés", a-t-il poursuivi.

 

(Lire aussi : Le Hezbollah revient à la charge : la proportionnelle, une formule compatible avec la Constitution

 

Le ministre saoudien des Affaires du Golfe à Baabda
Sur le plan diplomatique, le président Aoun a reçu lundi à Baabda le ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan. "Je suis en visite à Beyrouth pour assurer le suivi des sujets qui ont été abordés entre le président Michel Aoun et le roi Salmane d'Arabie saoudite", a déclaré le ministre saoudien. Thamer al-Sabhan a informé M. Aoun qu'un nouvel ambassadeur saoudien a été nommé à Beyrouth. Toutefois, il n'a pas donné de précision sur l'identité du nouvel ambassadeur. De plus, selon le ministre, les vols en partance d'Arabie vers le Liban seront augmentés.

M. Aoun a pour sa part indiqué avoir donné aux ministres libanais ses directives pour qu'ils élaborent avec leurs homologues saoudiens les questions communes aux deux pays.

Thamer al-Sabhan s'est ensuite rendu au Grand Sérail où il a été reçu par le Premier ministre, Saad Hariri. Les deux hommes ont discuté des derniers événements régionaux et des relations entre l'Arabie et le Liban.

Michel Aoun s'était rendu en Arabie saoudite en octobre dernier. Il s'agissait de son premier déplacement à l'étranger depuis son élection à la tête de l'État, le 31 octobre 2016. Les relations entre Beyrouth et Riyad se sont améliorées depuis l'élection présidentielle, après un froid dû aux tensions régionales.

 

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