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À La Une - Etats-unis

Décret anti-immigration bloqué, Trump parle de décision "ridicule"

La diplomatie américaine revient sur la révocation de quelque 60.000 visas pour les Etats-Unis.

"Je suis fâché contre Trump", peut-on lire sur cette pancarte brandie par un manifestant devant l'ambassade américaine à Jakarta en Indonésie. BAY ISMOYO/AFP

Le bras de fer est engagé entre Donald Trump et la justice américaine: un juge fédéral de Seattle a bloqué temporairement vendredi le décret anti-immigration du président américain visant sept pays à majorité musulmane, mais la Maison Blanche a aussitôt promis de répliquer.

L'injonction temporaire du juge James Robart est valable sur l'ensemble du territoire américain, le temps qu'une plainte déposée lundi par le ministre de la Justice de l'Etat de Washington, Bob Ferguson, soit examinée.

La réponse de la Maison Blanche ne s'est pas fait attendre. "Le ministre de la Justice entend déposer une injonction d'urgence pour" faire appliquer le décret et annuler la décision du juge Robart, selon un communiqué.

"L'opinion de ce soi-disant juge, qui en gros prive notre pays de sa police, est ridicule et sera cassée!", a prévenu le nouveau président américain dans une salve de tweets samedi matin. "Quand un pays n'est plus en capacité de dire qui peut et qui ne peut pas entrer et sortir, surtout pour des raisons de sûreté et de sécurité - gros problèmes!", a-t-il encore tweeté.
La Maison Blanche avait qualifié dans un premier temps cette décision de justice de "scandaleuse", avant de renvoyer une nouvelle version de son communiqué quelques minutes plus tard, en supprimant ce terme.

Les juges fédéraux de plusieurs autres Etats ont également statué contre l'interdiction depuis qu'elle a été décrétée vendredi dernier, notamment en Californie et dans l'Etat de New York, mais la décision du juge Robart est celle dont la portée est la plus vaste.
"La Constitution a vaincu aujourd'hui", a déclaré M. Ferguson, un démocrate, après l'annonce de la décision. "Personne n'est au-dessus de la loi, pas même le président", a-t-il ajouté, faisant remarquer que le juge Robart avait été nommé par l'ex-président républicain George W. Bush.

M. Ferguson avait porté plainte lundi pour invalider des points clés du décret présidentiel, qui ferme les frontières des Etats-Unis aux réfugiés pendant quatre mois et aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) pendant trois mois. Les Syriens font l'objet d'une interdiction indéfinie.
Dans sa plainte, M. Ferguson affirmait que l'interdiction décrétée par le président allait à l'encontre des droits constitutionnels des immigrés et de leurs familles car elle visait particulièrement les musulmans.
Le gouverneur de l'Etat de Washington Jay Inslee a lui aussi évoqué une "victoire éclatante" mais averti que la bataille pour son retrait n'était pas terminée.

 

(Lire aussi : Une conseillère de Trump évoque un massacre... qui n'a jamais eu lieu)

 

"Courte durée"
Un avis partagé par M. Ferguson qui a dit sur la chaîne CNN, qu'il ne serait "pas surpris" si ce bras de fer se termine "à la Cour Suprême".

Samedi, la diplomatie américaine a annoncé être revenue sur la révocation de quelque 60.000 visas pour les Etats-Unis après la décision du juge. "Nous avons renversé la révocation provisoire des visas entraînée par le décret présidentiel 13769. Les personnes munies de visas qui n'ont pas été physiquement annulés peuvent désormais voyager si le visa est valide", a expliqué une porte-parole du département d'Etat dans un communiqué.

Le décret s'est traduit le week-end dernier par l'interpellation dans les aéroports de quelque 109 personnes résidant légalement aux Etats-Unis, selon la Maison Blanche, tandis que des centaines d'autres étaient empêchées d'embarquer à destination des Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, le décret a été qualifié de "propagande d'une portée inimaginable" pour les jihadistes par cinq sénateurs démocrates dans un courrier adressé au secrétaire américain à la Défense.
Deux sénateurs républicains, John McCain et Lindsey Graham, avaient déjà estimé qu'il équivalait à "se tirer une balle dans le pied de la lutte contre le terrorisme".

Le décret suscite l'indignation à travers le monde depuis une semaine, provoquant des manifestations.
La première ministre britannique Theresa May l'a qualifié d'"erreur (qui) sème la discorde". La France et l'Allemagne l'ont critiqué et le secrétaire général de l'Onu a demandé son retrait.

Le célèbre musée d'art moderne (MoMA) de New York a décidé d'exposer des oeuvres d'artistes originaires de plusieurs pays ciblés par le décret anti-immigrés de Donald Trump, dans un acte de protestation contre ce texte.
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi soir, pour la deuxième journée consécutive, à New York, où un important rassemblement anti-Trump à l'appel de la communauté gay est prévu samedi.

 

 

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Le bras de fer est engagé entre Donald Trump et la justice américaine: un juge fédéral de Seattle a bloqué temporairement vendredi le décret anti-immigration du président américain visant sept pays à majorité musulmane, mais la Maison Blanche a aussitôt promis de répliquer.
L'injonction temporaire du juge James Robart est valable sur l'ensemble du territoire américain, le temps...

commentaires (1)

La justice américaine a bloqué "temporairement" un décret "temporaire" ... C'est drôle.

Remy Martin

17 h 11, le 04 février 2017

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Commentaires (1)

  • La justice américaine a bloqué "temporairement" un décret "temporaire" ... C'est drôle.

    Remy Martin

    17 h 11, le 04 février 2017

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