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Autour de Paradis d’enfants, des écoles libanaises se forment à la coexistence

La bonne nouvelle du lundi

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30/01/2017

L'éducation au vivre-ensemble, sujet on ne peut plus d'actualité, passe avant tout par la jeunesse. C'est sur la base de ce postulat que l'association éducative libanaise Paradis d'enfants et ses partenaires ont lancé un ambitieux projet pour la paix, la résolution des conflits et l'éducation civique, impliquant élèves, parents et enseignants à travers le pays.

«Ce projet, qui revêt une importance capitale au Liban, rencontre un véritable succès auprès des élèves. Il leur permet de rencontrer et d'apprendre à connaître d'autres enfants vivant dans différentes régions et pratiquant d'autres religions», explique à L'Orient-Le Jour Maha el-Khazen, coordinatrice de ce projet financé par un programme américain, l'Initiative de partenariat pour le Moyen-Orient (MEPI). «Ce projet, qui s'étale sur une année, vise à concevoir un programme que les enseignants devront mettre en œuvre dans les salles de classe, avec des élèves du cycle primaire dans des écoles publiques et privées», précise Mme Khazen, qui est également responsable de la communication et des levées de fonds pour Paradis d'enfants.

L'association, qui s'est donné pour objectif d'offrir une éducation décente aux enfants issus de milieux défavorisés, a entraîné avec elle plusieurs établissements sur l'ensemble du territoire. «Nous avons scellé des partenariats avec des écoles à Tyr et à Saïda, au Liban-Sud, à Aley et à Achrafieh», indique la coordinatrice du projet lancé en partenariat avec les associations Min ila et Sawiian.

Créée en 1997 par l'association Les Amis de l'école publique, qui a été dirigée par l'homme d'affaires libanais Georges Frem, décédé en 2006, Paradis d'enfants administre trois établissements scolaires dans les localités de Ghadir, Ghosta et Haret Sakhr, dans le caza du Kesrouan. Après avoir débuté sa mission il y a vingt ans en s'occupant de 33 écoliers du cycle primaire, l'association, soutenue par la Fondation Georges Frem, prend aujourd'hui en charge près de 2000 élèves venus de régions différentes.

Ouverture d'esprit
La première session destinée aux professeurs a eu lieu en novembre à Haret Sakhr. Deux psychologues français, Serge Tisseron et Marie-Noëlle Clément, ont présenté «le jeu des trois figures». «Ce jeu met aux prises un agresseur, un agressé et un modérateur. Il consiste à apprendre à protéger l'autre», explique Maha el-Khazen. Une autre session, destinée aussi aux enseignants mais plus tournée vers l'éducation civique, a eu lieu le 18 janvier, dans les locaux de la fondation Imam Sadr, à Tyr.

Une semaine plus tôt, une conférence similaire destinée aux parents d'élèves avait été organisée au collège des sœurs des Saints-Cœurs – Sioufi, à Beyrouth. Une cinquantaine de parents venus de cinq régions différentes et membres de cinq communautés différentes y avaient assisté. «Nous intégrons les parents dans ce projet afin qu'ils prennent toute leur place dans le processus d'apprentissage», explique Mme Khazen. «Le travail et l'implication des enseignants sont remarquables. Les parents d'élèves ont fait montre d'une véritable ouverture d'esprit et nous sommes convaincus de l'impact positif qu'aura ce travail sur les élèves», se réjouit-elle.

Les élèves de ces différentes écoles tiendront par la suite trois réunions afin d'«échanger leurs points de vue sur différents sujets comme la culture, la religion et la justice», explique-t-elle. «Lors de ces rendez-vous que nous organiserons dans l'année, les élèves présenteront des pièces de théâtre, s'offriront des cadeaux, effectueront des travaux manuels et chanteront des chants autour de la tolérance», ajoute la coordinatrice du projet.

En septembre prochain, une grande cérémonie réunira l'ensemble des acteurs du projet qui devrait alors prendre fin. Mais Paradis d'Enfants et ses partenaires comptent bien poursuivre cette aventure: «L'association a l'intention de poursuivre ce projet l'année suivante, en espérant que nous entraînerons avec nous d'autres écoles.»


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