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Les « vélib » débarquent au Liban

La bonne nouvelle du lundi

Coupures d'électricité, crise économique, malaise social, clivages politiques accrus... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, « L'Orient-Le Jour » se lance un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

23/01/2017

Paris a ses vélib ; New York ses Citi Bikes ; Montréal ses Bixi... Aujourd'hui, c'est enfin au tour de Beyrouth et Byblos d'avoir leur système de partage de vélos : le Bike 4 all.

Une première station-test, abritant 5 vélos, a déjà été installée la semaine dernière rue Weygand, près de l'hôtel Le Gray, dans le centre-ville de la capitale. À Jbeil, 100 vélos ont été installés jeudi dernier dans 6 stations et sont déjà en accès libre pour les citoyens, pour 5 000 LL/l'heure.

Derrière le projet, un homme : Jawad Sbeity. Son ambition : promouvoir la culture du vélo au Liban. Il a fondé Beirut by Bike en 1997, une compagnie qui loue des vélos à des particuliers. Il existe aujourd'hui 4 branches sur la Corniche de Beyrouth, une branche à Tyr, et d'autres sont en développement à Saïda, Tripoli et Jbeil. M. Sbeity organise en outre régulièrement des événements autour de la bicyclette, comme la fermeture de routes pour permettre de grands rassemblements de cyclistes. Le 1er novembre 2015, ce sont pas moins de 70 000 cyclistes qui ont investi le littoral de Beyrouth. Parallèlement, Beirut by Bike soutient 43 ONG en organisant des balades à vélo de charité, dont tous les bénéfices reviennent aux différentes associations. Son credo donc : promouvoir le vélo pour tous au lieu de la voiture. « Les personnes à vélo dégagent toujours des ondes positives, contrairement à celles au volant de leur voiture, toujours énervées », affirme M. Sbeity à L'Orient-Le Jour.

« Cela fait 20 ans que je travaille dans le secteur. Personne ne voulait prendre le risque de monter un tel projet de vélos en libre service. Grâce à notre expérience, nous le prenons. Les municipalités et le gouvernement ont d'autres priorités, les déchets, les égouts, la santé... Nous avons décidé de ne plus les attendre et d'agir », poursuit encore celui qui reconnaît la responsabilité des autorités publiques en la matière, mais refuse de se laisser stopper par leur immobilisme.

Les différentes municipalités partenaires n'ont donc aucun dollar à débourser. Tous les frais sont pris en charge par l'entreprise Bike 4 all, dont Jawad Sbeity est le directeur financier et Gaby Tamer le PDG. À Jbeil, un sponsor a été trouvé, la banque IBL, qui, en mettant 200 000 dollars sur la table, a permis d'acheter l'ensemble du système de partage de vélos et d'utiliser l'application Nextbike qui permet de réserver les deux-roues. Pour utiliser un vélo, il suffit de se rendre dans une station et de payer par carte ou via l'application Nextbike sur son téléphone.

Trois pistes cyclables
Si l'heure est à 5 000 LL à Jbeil, à Beyrouth, la première heure de location sera gratuite la première année. Puis le tarif à l'heure sera défini de façon à couvrir les frais de maintenance et de service du système, en fonction de l'argent récolté via de futurs sponsors. Car pour le moment, Jawad Sbeity et son équipe sont toujours à la recherche d'un sponsor pour la capitale. Il espère commencer à installer les 5 000 vélos prévus dans 25 stations à partir de mai 2017. « Toute aide est bienvenue », lance-t-il.

Après Jbeil et Beyrouth, Jawad Sbeity compte reproduire l'expérience à Saïda, Tyr et Tripoli, toujours sous les auspices des municipalités concernées.
Le projet pose toutefois la question de la sécurité des cyclistes, alors qu'il n'existe pas de pistes cyclables dans la capitale. Si la création de pistes cyclables figure dans le projet de « liaison douce », censé transformer la rue de Damas en espace public vert, avec jardins, terrasses et pistes cyclables, « le projet est dans les tiroirs de la municipalité depuis 14 ans, au point mort. Rien n'a été fait. Ce n'est visiblement pas une priorité », déplore Jawad Sbeity.

Face à cette situation, Jawad Sbeity travaille avec le gouverneur de Beyrouth, Ziad Chbib, et le président du conseil municipal, Jamal Itani, mais ne veut « plus attendre sans rien faire. » Il souhaite mener la bataille sur deux fronts : le lobbying et les actions concrètes. « On ne veut pas attendre le bon vouloir des autorités pour juste peindre et tracer un marquage au sol afin de créer la piste cyclable. On veut simplement obtenir leur autorisation et on se charge du reste. On leur demande juste de nous laisser faire. Ce n'est pas cher et c'est facile à faire. »

Jawad Sbeity assure qu'en 2017, Beyrouth comptera ainsi trois pistes cyclables : une première reliant le centre-ville au littoral, une 2e à la rue Hamra et une dernière à la rue Bliss. Et ce passionné de vélo est convaincu que les cyclistes eux-mêmes prendront soin de leur voie réservée et empêcheront que des infractions y soient commises. « Au Liban, rien n'est assuré, mais je garde espoir : la culture du vélo dans le pays ne fait que grandir ! »


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Ana Lebnene, Lebnene ou bess

Je suis vraiment ravi de lire que nous avons maintenant des velos dans Beyrouth, quelle belle et noble initiative. Bravo a Jawad et son equipe. Je trouve l'initiative excellente

leon niravas

Lyon a lancé les vélib bien avant Paris et les autres, et à grande échelle...

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