Liban

Le Liban rappelle la primauté de l’initiative arabe de paix

Dans les coulisses de la diplomatie
16/01/2017

Le Liban a exprimé plus ou moins ouvertement des réserves après la publication du communiqué final de la Conférence de Paris sur le conflit israélo-palestinien, qui s'est tenue hier au Quai d'Orsay en présence de représentants de 77 États. Et pour cause : le texte ne fait mention que d'une manière jugée nébuleuse de l'initiative arabe de paix, laquelle définit les conditions d'une normalisation des relations arabo-israéliennes.
Le Premier ministre, Saad Hariri, s'est félicité du communiqué final de la « Conférence pour la paix au Moyen-Orient », mais seulement dans la mesure où il a renouvelé son engagement envers la solution des deux États pour le conflit israélo-arabe. Le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, qui était supposé représenter Beyrouth à cette rencontre, a fini par y déléguer le chargé d'affaires de l'ambassade du Liban, Ghadi Khoury, pour protester notamment contre le fait que les organisateurs n'ont pas voulu donner suite aux vœux libanais de faire figurer deux éléments principaux dans le communiqué final : une référence à l'initiative arabe de paix, adoptée en 2002 durant le sommet arabe de Beyrouth et prévoyant un règlement du conflit israélo-arabe sur base d'un retrait total des territoires occupés et une solution permanente du dossier des réfugiés palestiniens en échange d'une amélioration des relations entre Israël et le monde arabe, ainsi que le droit des réfugiés palestiniens à retourner chez eux.

M. Khoury a insisté sans succès sur l'intégration de ces deux points au texte final, dont la mention relative à l'initiative arabe de paix a été jugée ambiguë par le palais Bustros. Le ministère des Affaires étrangères considère que le document final ne propose pas de règlement global tant qu'il ne reconnaît pas le droit de retour des réfugiés et ne peut pas de ce fait favoriser une paix juste et durable s'il fait abstraction de ce droit élémentaire des Palestiniens poussés à l'exode, ainsi que du poids que ce dossier représente pour les pays d'accueil, notamment le Liban.

Sur instruction de Gebran Bassil, M. Khoury a exposé la position de Beyrouth durant la conférence, en insistant sur le fait que la paix requise ne peut pas être réalisée « si la victime et l'occupant sont traités sur un pied d'égalité, alors que ce dernier spolie les droits des peuples, foule aux pieds les résolutions internationales et agit en toute impunité ». Il devait également distribuer aux délégations présentes un document dans lequel le point de vue libanais est expliqué.

À Beyrouth, sur son compte Twitter, le chef du gouvernement s'est félicité du communiqué de la Conférence de Paris et remercié la France de l'avoir organisée, avant de saluer le président François Hollande « pour sa position juste et courageuse ». M. Hariri a cependant précisé qu'il ne saurait « y avoir de solution que sur base de l'initiative de paix arabe adoptée à Beyrouth et de la création d'un État palestinien avec Jérusalem pour capitale ». Le Premier ministre a critiqué ensuite la politique israélienne de colonisation, estimant qu'elle vise à « imposer un fait accompli qui empêcherait tout processus de paix ». Il a également salué l'adoption par le communiqué final de la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l'Onu, condamnant cette politique.
« Le Liban restera attaché à l'unanimité arabe et aux pleins droits des frères palestiniens, en particulier leur droit au retour dans leur pays. Nous resterons toujours contre l'implantation des réfugiés au Liban, conformément à notre Constitution », a encore écrit le chef du gouvernement.


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