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Repères

La Turquie face au conflit syrien: les étapes-clés

Les principales étapes de l'engagement de la Turquie, qui a négocié avec la Russie l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur vendredi en Syrie.

Le 24 août 2016, la Turquie lance l'opération militaire "Bouclier de l'Euphrate" dans le nord de la Syrie. Photo Bülent Kiliç/AFP

Les principales étapes de l'engagement de la Turquie, qui a négocié avec la Russie l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur vendredi en Syrie.

 

Ankara lâche Assad
En septembre 2011, six mois après le début des manifestations pacifiques contre Bachar el-Assad réprimées dans le sang, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, dont le président syrien était encore un "ami" quelques mois plus tôt, lance: "Le peuple syrien ne croit pas Assad, moi non plus". "Je crains que les choses ne tournent à la guerre civile entre alaouites et sunnites". La minorité alaouite, branche de l'islam chiite, détient les postes-clés du pouvoir en Syrie.
Se rangeant aux côtés des puissances occidentales, Ankara va s'engager dans une escalade verbale et diplomatique contre son voisin, avant de prendre des sanctions à son égard.

 

Héberge les dirigeants de l'opposition
En octobre 2011, après plusieurs réunions sur le sol turc, des opposants annoncent la création d'un Conseil national syrien réunissant les courants politiques opposés au régime.
Un colonel déserteur syrien, réfugié en Turquie, avait fondé en juillet l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes pour combattre les forces du régime.
Fin 2012, la Turquie reconnaît la nouvelle Coalition de l'opposition en tant que "seule représentante légitime du peuple syrien".

 

(Lire aussi : La Syrie divisée en zones d'influence russe, turque et iranienne ?)

 

Crainte d'une région kurde autonome
En septembre 2014, les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) attaquent Kobané, frontalière de la Turquie, puis entrent dans cette cité, qui devient le théâtre d'une guérilla urbaine.
La Turquie, accusée de fermer les yeux sur le passage en Syrie des jihadistes de l'EI, refuse d'intervenir militairement au profit des forces kurdes, malgré les pressions de ses alliés.
Elle avait exprimé à plusieurs reprises sa crainte de voir émerger en Syrie une région autonome tenue par les milices kurdes proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement armé actif depuis 1984 sur le sol turc.
Fin janvier, Kobané est reprise par les Kurdes syriens, appuyés par les frappes de la coalition internationale.

 

Photo Bülent Kiliç/AFP

 

Rejoint la coalition antijihadistes
Le 20 juillet 2015, la Turquie est rattrapée par le conflit en Syrie, avec un attentat attribué à l'EI à Suruç, près de la frontière syrienne (34 morts).
Le président Erdogan lance une "guerre contre le terrorisme" visant simultanément le PKK et l'EI.
En août, Ankara rejoint la coalition contre l'EI menée par les Etats-Unis, puis resserre ses contrôles dans les aéroports et à sa frontière. Des cellules jihadistes sont démantelées après plusieurs attentats attribués à l'EI dont celui qui vise en octobre la gare centrale d'Ankara (103 morts).

 

Photo Bülent Kiliç/AFP

 

 

Réconciliation avec Moscou
Le 14 juin 2016, le président Erdogan adresse une lettre à son homologue russe Vladimir Poutine: premier contact connu entre les deux hommes depuis la destruction en novembre par la Turquie d'un bombardier russe au-dessus de la frontière turco-syrienne.
Le 9 août, les deux dirigeants se retrouvent à Saint-Pétersbourg. Vladimir Poutine a été l'un des premiers responsables étrangers de premier plan à appeler au téléphone M. Erdogan après le putsch manqué du 15 juillet.
Le 20 août, le Premier ministre Binali Yildirim affirme que la Turquie souhaite être "plus active" dans les six mois. "Que nous l'aimions ou pas, Assad est aujourd'hui l'un des acteurs" de la guerre.

 

(Lire aussi : Ankara et Moscou, nouveaux arbitres du conflit syrien ?)

 

'Bouclier de l'Euphrate'
Le 24 août 2016, la Turquie lance l'opération militaire "Bouclier de l'Euphrate" dans le nord de la Syrie. Elle vise deux groupes considérés par Ankara comme "terroristes": l'EI et les Unités de protection du peuple kurde (YPG), alliées de Washington dans la lutte contre les jihadistes.
Des centaines de rebelles syriens, soutenus par les chars et l'aviation turcs, prennent en quelques heures la localité frontalière de Jarablos aux jihadistes.

 

Entente Moscou/Ankara
Le 7 décembre, Binali Yildirim assure que l'intervention turque n'est pas liée à la situation à Alep (Alep), où le régime mène une offensive dévastatrice, et n'a pas pour but un "changement de régime" à Damas, au lendemain d'une visite à Moscou.
Le 22 décembre, le régime reprend le contrôle total d'Alep, au terme d'une opération d'évacuation de dizaines de milliers de civils et rebelles lancée en vertu d'un accord parrainé par la Russie, l'Iran et la Turquie.
Le 29 décembre, après plusieurs rencontres en Turquie entre émissaires russes et représentants rebelles, Vladimir Poutine annonce un accord de cessez-le-feu entre le régime et l'opposition armée. C'est la première fois que la Turquie parraine un tel accord.

 

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