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Nos lecteurs ont la parole - Dounia Mansour Abdelnour

Voyages aériens en classe économique, tant pis pour le confort...

De nos jours, voyager en classe économique est le lot d'une large majorité de passagers, vu que dans un avion, les classes Première et Affaires sont limitées à un nombre restreint de voyageurs. Ces passagers les plus nombreux subissent des réglementations de plus en plus contraignantes et inconfortables de la part des compagnies d'aviation. Sur un Airbus ou un Boeing, on remarquera d'abord que le couloir est ridiculement étroit, un passager se déplaçant dans la cabine doit faire un effort pour ne pas s'agripper aux sièges latéraux, et s'il porte une valisette ou un sac, il y a peu de chances que ces derniers ne heurtent pas le visage d'un passager assis ! De même, s'il y croise une personne en sens inverse, il doit soit se plaquer contre elle, soit se rabattre sur les genoux d'un passager assis, promiscuité on ne peut plus gênante et
indésirable...
Quant à la taille des sièges, la plupart des avionneurs disposent de sièges de 43 cm de largeur sur 79 cm de long. Dans ces conditions, être petit de taille est un avantage évident, car pour les passagers de moyenne ou de grande taille, les sièges sont trop étroits, leurs genoux sont carrément pliés, tassés contre le siège de devant, ils sont confinés en un espace restreint, coincés, recroquevillés, quasi punis, dirions-nous, tandis que les personnes fortes, elles, n'ont qu'à bien se tenir ; clouées entre les deux accoudoirs, elles ont des chances de déborder des deux côtés, rognant sur les espaces latéraux, et la situation de leurs voisins immédiats est loin d'être enviable.
Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Par le passé, les voyages étaient plus confortables. La distance moyenne entre les rangées de sièges est passée de 89 cm à 79 cm en 20 ans. La taille moyenne d'un siège a aussi été réduite de 46 cm à 43 cm au cours des deux mêmes décennies. Les compagnies aériennes tendent à augmenter leur marge en développant les sièges Affaires, voire en développant une Premium Economy, et ce au détriment de la cabine Économique dont l'espace se réduit au niveau de la largeur des sièges.
Et cette graduelle réduction de la taille des sièges est d'autant plus choquante que les vols long-courriers sont de plus en plus longs. Selon Airbus, le nombre de vols de plus de 13 heures a augmenté de 70% ces cinq dernières années, passant de 27 à 41 par jour. Et le constructeur rappelle qu'en 1998, aucun vol de plus de 7 000 milles (12700 km) n'était opéré – le record ayant depuis été porté à 15350 kilomètres parcourus en 18 heures. Et c'est ainsi que le confort des passagers est inversement proportionnel à la distance parcourue. Subir un siège aussi exigu que 43 cm sur un vol d'une ou deux heures ne saurait être comparé à un vol de 12 ou 13 heures où la fatigue due à l'incommodité, les ankyloses et les fourmillements dans les jambes guettent. D'ailleurs, des études ont prouvé que revenir à une largeur de plus de 45,7 cm améliorerait de 53% la qualité du sommeil des passagers par rapport aux sièges de 43 cm. En outre, d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le risque de souffrir d'une thrombose veineuse augmente lorsque les passagers voyagent plus de quatre heures dans un espace confiné.
Ce sont les compagnies aériennes et non les constructeurs qui choisissent leur configuration, déterminant de facto la largeur et la réduction des sièges. De grandes compagnies comme Air France-KLM, American Airlines, Air Canada ou Emirates ont réduit l'espace en classe économique dans certains avions en y rajoutant un siège supplémentaire par rang, condamnant une autre génération de passagers à des sièges basés sur un standard d'un autre âge.
À ce propos, on n'oubliera pas de sitôt la proposition ou plutôt l'aplomb de Ryanair qui avait demandé en 2009 une étude à Boeing pour faire voyager ses passagers debout. Après ça, on ne s'étonnera pas que le terme grossier «bétaillère» (classe éco) soit toujours usité dans le jargon aéronautique.
Il est temps d'adopter un standard international pour les vols long-courriers en classe économique avec une largeur minimale des sièges de 46 cm et une longueur entre les rangées non inférieure à 83 cm, qui permettront un plus grand confort. Ces 3 cm font une énorme différence en termes de confort et le sommeil est nettement amélioré, plus profond et réparateur, moins perturbé dans un siège moins réduit.
Le transport aérien devrait assurer en priorité un minimum de confort et de bien-être pour l'individu. Des sièges ergonomiques adaptés à la morphologie humaine, un espace commode devraient être des données incontournables pour tous les passagers. De nos jours, voyager est devenu une activité quasi commune et, pour beaucoup, régulière.

Dounia MANSOUR ABDELNOUR
Londres

De nos jours, voyager en classe économique est le lot d'une large majorité de passagers, vu que dans un avion, les classes Première et Affaires sont limitées à un nombre restreint de voyageurs. Ces passagers les plus nombreux subissent des réglementations de plus en plus contraignantes et inconfortables de la part des compagnies d'aviation. Sur un Airbus ou un Boeing, on remarquera d'abord que le couloir est ridiculement étroit, un passager se déplaçant dans la cabine doit faire un effort pour ne pas s'agripper aux sièges latéraux, et s'il porte une valisette ou un sac, il y a peu de chances que ces derniers ne heurtent pas le visage d'un passager assis ! De même, s'il y croise une personne en sens inverse, il doit soit se plaquer contre elle, soit se rabattre sur les genoux d'un passager assis, promiscuité on ne peut plus...
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