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Liban - Déchets

Une semaine après la fin du sit-in, les ordures toujours dans les rues

Le stockage temporaire des ordures n'est pas chose aisée pour plusieurs municipalités, comme en témoigne l'état de certaines rues.

Le panorama n’a pas vraiment changé pour les Libanais du Mont-Liban. Ici, un amoncellement d’ordures photographié à Bourj Hammoud jeudi. Photo Hassan Assal

À Dbayé, des ordures ont brûlé toute la nuit. À Dora, les monticules de déchets n'ont pas disparu. Jdeidé fait de son mieux pour stocker les ordures ménagères emballées dans des sacs blancs sur un pont inachevé. D'autres municipalités se plaignent du manque de moyens mis à leur disposition pour emballer et déplacer les déchets entassés durant les vingt jours de fermeture de l'aire de stockage temporaire de Bourj Hammoud par la municipalité de cette localité, en réponse au sit-in des Kataëb et des écologistes devant le chantier de la nouvelle décharge côtière, qu'ils considèrent comme un danger sanitaire et environnemental. Or le sit-in des Kataëb est levé depuis une semaine, la route de l'aire de stockage est rouverte depuis mercredi, mais la crise demeure en plusieurs endroits...

La raison ? La municipalité de Bourj Hammoud refuse de recevoir d'autres déchets que ceux qui sont « récents » et qui doivent être collectés par la compagnie Sukleen après avoir été soigneusement séparés des déchets amoncelés depuis des semaines. Les municipalités, avait indiqué le ministre de l'Agriculture Akram Chehayeb, en charge du dossier, doivent trouver des terrains de stockage temporaire jusqu'à ce que la première cellule d'enfouissement de la décharge de Bourj Hammoud soit prête et livrée par l'entrepreneur Dany Khoury. Ces déchets y seront transférés directement après cette date (et après avoir pollué quelques terrains de plus), sans passer par l'aire de stockage. Or de nombreuses municipalités manquent de terrains et soulèvent la question des coûts supplémentaires occasionnés par ces opérations (alors que les municipalités attendent toujours le déblocage des fonds qui leurs sont dus par l'État). M. Chehayeb a autorisé les municipalités à garder les sacs blancs au bord des routes en cas d'impossibilité de trouver un autre lieu. D'où le désastre qui persiste sur le terrain...

 

(Pour mémoire : Déchets : les Kataëb lèvent le sit-in, mais poursuivent « la lutte contre la corruption »)

 

« Des pressions énormes »
Une semaine après la fin du sit-in et la reprise des travaux dans la décharge de Bourj Hammoud, une source des Kataëb évalue, dans un entretien à l'agence al-Markaziya, les résultats de ce mouvement de protestation (puisque l'intention du parti et des écologistes était d'empêcher la poursuite des travaux), refusant de considérer que le bilan est très négatif. « Les résultats n'ont pas été à la hauteur de nos espérances, mais ils sont acceptables vu l'ampleur des pressions exercées contre notre parti par des institutions officielles lésées, comme le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), et des entreprises en charge de la gestion des déchets », précise cette source.

Pour celle-ci, ce mouvement aura permis de dévoiler l'ampleur de la corruption qui ronge ce dossier, d'accélérer la mise en place de la décentralisation de la gestion des déchets, de réduire la taille du mur en mer (de la décharge) de 15 mètres à 4 ou 6 (sachant qu'il sera d'autant moins important si le tri à la source permettra de diminuer la quantité de déchets enfouis dans le site), de mettre en place un système de surveillance auquel le parti prendra part. Elle confirme que « la fin du sit-in ne signifie pas que le gouvernement a été innocenté ».

 

(Lire aussi : Les déchets de 45 municipalités seront à nouveau collectés)

 

D'autres sources interrogées par la même agence laissent entendre qu'« il est compréhensible que certaines parties, notamment des municipalités, n'aient pas soutenu ce mouvement, étant donné les gains substantiels de ce projet d'enfouissement », rappelant que « la municipalité de Bourj Hammoud devrait toucher 30 millions de dollars comme premier paiement – en attendant 30 autres (NDLR : dans le cadre des motivations) – et l'investissement de 96 000 mètres carrés gagnés sur la mer, puis 100 000 mètres de plus pour l'intégralité du caza et la municipalité de Jdeidé ».

Les déchets qui demeurent dans les rues ont également été au centre d'une réunion tenue hier par le Mouvement écologique libanais (LEM) et des responsables du parti Kataëb. Les participants à cette réunion se sont dit « étonnés » de l'amoncellement des déchets plusieurs jours après la fin du sit-in, surtout que les manifestants avaient été la cible d'une campagne « diffamatoire » qui les rendait responsables de la nouvelle crise. « Nous persistons à croire que l'amoncellement des déchets dans les rues avait été prémédité pour opérer un chantage sur les manifestants, poursuit le communiqué. Nous réitérons notre refus de la construction de cette décharge sans étude d'impact environnemental. »
Le LEM et les Kataëb ont décidé, toujours selon le communiqué, de former des comités pour aider les municipalités à réaliser l'autonomie dans la gestion des déchets.

Enfin, l'Association des industriels a plaidé hier, dans un communiqué, pour « une solution environnementale et économique à la crise des déchets », insistant sur le fait qu'il faut « soutenir les industries de tri et de recyclage, qui ont besoin de matières premières et qui font vivre des dizaines de milliers de familles ».

 

 

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commentaires (1)

Pourquoi devrions nous nous plaindre,je trouve, en dépit d'une légère absence de rouge, ce décor du plus bel effet...et plutôt que de maugréer nos politiciens avec des exécrations sans fin..aidons les aux prochaines élections...ces artistes au talent caché..

C…

15 h 17, le 17 septembre 2016

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Commentaires (1)

  • Pourquoi devrions nous nous plaindre,je trouve, en dépit d'une légère absence de rouge, ce décor du plus bel effet...et plutôt que de maugréer nos politiciens avec des exécrations sans fin..aidons les aux prochaines élections...ces artistes au talent caché..

    C…

    15 h 17, le 17 septembre 2016

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