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Liban - Liban

Crise des déchets : après 23 jours, retour à la case départ et au même plan gouvernemental

Les ordures « récentes » des municipalités qui ont stocké leurs déchets empilés commencent à être collectées par Sukleen. Qu'en est-il de celles qui n'auront pas pu assurer un lieu de stockage temporaire ?

Le travail reprend dans le chantier de la décharge de Bourj Hammoud « à un rythme accéléré, jour et nuit », selon le ministre Chehayeb. Photo Hassan Assal

Et rebelote : après des semaines d'ordures dans les rues, c'est le même plan gouvernemental de gestion des déchets, adopté en mars dernier et reposant principalement sur la construction de deux grandes décharges – Bourj Hammoud-Jdeidé et Costa Brava (Choueifate) – qui reprend le dessus.

Le ministre de l'Agriculture Akram Chehayeb ne se sera pas privé de lancer une pique au parti Kataëb, au cours de sa conférence de presse mardi soir, pour bien relever le fait que « le seul point positif du dernier sit-in de Bourj Hammoud aura été de convaincre l'ensemble des acteurs du fait que ces deux décharges sont les seules voies possibles vers la décentralisation de la gestion des déchets ».

Le « sit-in » auquel fait référence M. Chehayeb est celui organisé durant des semaines par des militants du parti Kataëb, rejoints par des écologistes, pour fermer de force le chantier de la décharge en construction de Bourj Hammoud, jugée par eux comme un danger environnemental et sanitaire en puissance (vu l'enfouissement de déchets non triés sur la côte). Ce sit-in avait attisé la colère de la municipalité de Bourj Hammoud et du parti Tachnag qui la soutient : ils ont fermé la route de l'aire de stockage temporaire adjacente au chantier de la décharge, refusant d'accueillir les déchets du Mont-Liban sans un plan d'enfouissement « sanitaire » en vue. D'où la nouvelle crise des déchets et l'amoncellement des sacs poubelles dans les rues du Mont-Liban.

 

(Pour mémoire : Déchets : les Kataëb lèvent le sit-in, mais poursuivent « la lutte contre la corruption »)

 

L'annonce de la fin du sit-in par les Kataëb, dimanche, en raison de la pression des déchets dans les rues, n'a pas été suivie immédiatement d'une ouverture de l'aire de stockage par le Tachnag, soucieux de ne pas accueillir à Bourj Hammoud des déchets ayant pourri durant des semaines au soleil. La solution mise en avant par M. Chehayeb au cours de sa conférence de presse, mardi, passe par un engagement des municipalités à enfermer ces ordures dans de grands sacs blancs étanches et à les stocker dans un endroit sûr de leur choix en vue de leur enfouissement dans la première cellule de la décharge de Bourj Hammoud, qui devrait être terminée le 7 octobre prochain, selon des informations de l'entrepreneur Dany Khoury aux médias. Hier, dans plusieurs grandes villes du littoral, il était possible de voir les ouvriers municipaux remplir les déchets dans de grands sacs blancs.

Interrogée par L'OLJ, une source de Sukleen, la compagnie toujours en charge de la collecte et du transport, souligne que 45 municipalités du Mont-Liban – déjà évoquées par le ministre de l'Agriculture – sont prêtes pour une reprise de la collecte des déchets nouvellement produits, qui auront été soigneusement séparés des ordures amoncelées précédemment dans les rues, durant plus de 20 jours. Selon cette source, dans ces 45 municipalités, la collecte a commencé à partir d'hier soir : les déchets nouveaux seront acheminés comme d'habitude au centre de tri de La Quarantaine, où ils seront disposés en ballots puis transportés vers l'aire de stockage temporaire de Bourj Hammoud. Les déchets amoncelés, eux, iront tout droit à la cellule d'enfouissement de la future décharge, une fois terminée. Parmi les grandes municipalités qui ont entamé ce processus, dans une liste non exhaustive, on trouve Bourj Hammoud, Broummana, Baabdate, Qornet Chehwane, Zalka, Jdeidé, Zouk Mikaël et Zouk Mosbeh, Jounieh, Feytroun, Achkout, etc.

Une question persiste : les autres municipalités seront-elles toutes à même d'assurer un endroit temporaire pour y stocker les anciens déchets, afin que la collecte reprenne normalement dans leurs rues? Rien n'est moins sûr, étant donné la difficulté de trouver des terrains adéquats et les coûts supplémentaires occasionnés. Même pour les municipalités qui se sont déjà mises au travail, la tâche n'est pas aisée. Antoine Gebara, président de la municipalité de Jdeidé, a exprimé à l'agence al-Markaziya la difficulté de trouver un terrain dans des localités surpeuplées, surtout quand il existe 26 000 tonnes dans le périmètre de sa seule municipalité. « La décentralisation est indispensable, mais elle doit se faire dans le calme, loin des médias », a-t-il affirmé.

 

(Lire aussi : Les déchets de 45 municipalités seront à nouveau collectés)

 

Le goût amer du bâclé et de l'inachevé...
La bataille contre la décharge de Bourj Hammoud a été menée par les Kataëb sous le signe de la pollution résultant de l'enfouissement côtier des ordures, de la lutte contre la corruption qui mine les projets gouvernementaux centralisés et de la nécessité de promouvoir la décentralisation. D'ailleurs, dans son discours à l'occasion de l'annonce de la fin du sit-in, le député Samy Gemayel, président du parti Kataëb, a bien déclaré que « le train de la décentralisation est en marche ». Son conseiller, Albert Kostanian, avait déclaré à L'OLJ dimanche que le parti changeait de stratégie et qu'il miserait sur l'encouragement des municipalités à l'autonomie, afin de tarir la source des déchets susceptibles d'arriver à la décharge, rendant ce projet par conséquent obsolète.

Pas de surprise donc si, dans sa conférence de presse, M. Chehayeb a insisté sur la décentralisation, estimant « qu'elle a été décidée en Conseil des ministres et que ce n'est pas une faveur que l'on doit à qui que ce soit ». « Après 23 jours de déchets dans les rues, nous sommes revenus au plan gouvernemental qui comporte un point essentiel portant sur la décentralisation de la gestion des déchets », a-t-il ajouté. « La construction des deux décharges est la seule voie vers la décentralisation », a-t-il également martelé.
« Toute municipalité qui est prête à construire sa propre usine peut sortir instantanément du plan », a encore une fois précisé le ministre.

Cette nouvelle crise des déchets arrive en quelque sorte à son terme. Mais comme toujours, la solution a le goût amer du bâclé et de l'inachevé, celui d'une pression qu'on continue d'exercer sur des municipalités livrées à elles-mêmes pour résoudre le problème de tonnes de déchets résultant des luttes politiques. La prise d'otage dont le peuple libanais est victime, et dont l'objectif est de persister dans les mêmes bonnes vieilles politiques de gestion des déchets, n'est apparemment pas terminée...

 

 

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commentaires (2)

CHOU YIA -CHEIKH- SAMY... SHIKHAYNA OU RIHNA ? OU 3ATALNA IL BALAD ?

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

20 h 21, le 15 septembre 2016

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Commentaires (2)

  • CHOU YIA -CHEIKH- SAMY... SHIKHAYNA OU RIHNA ? OU 3ATALNA IL BALAD ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    20 h 21, le 15 septembre 2016

  • Encore un fiasco total pour les Kataëb et la victoire certaine pour les grands mafieux de la Poubelle et le comble toujours les mêmes.

    Sabbagha Antoine

    13 h 08, le 15 septembre 2016

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