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Nos Lecteurs ont la Parole - Georges TYAN

Dommage !

Et encore et toujours ce regard en arrière par-dessus l'épaule ou tout carrément le retour au passé donnant le dos à l'avenir, ces messes, ces commémorations, ces rassemblements pour pleurer hier, faire dire à nos icônes sauvagement disparues, tendrement aimées, que nous avons placées sur le piédestal de l'histoire, des mots qu'ils n'ont jamais prononcés, galvauder des pensées que leur modeste ego n'a jamais effleurées.
Voilà où nous en sommes !
Peuple de pleureuses que nous sommes devenus. C'est une insulte à la mémoire de ceux qui ont glorieusement donné leur vie sur l'autel de la patrie, œuvré pour que demain ne soit plus un éternel recommencement des misères, des vicissitudes et des malheurs du passé. C'est une plaie béante qu'à bon escient on laisse suinter. On la recycle d'année en année.
Le mort transcende, il est vrai, d'autant plus qu'elle arrive inopinée, brutale, sanglante, destructrice, frappe les esprits, imprime dans notre subconscient un message de terreur dont même le temps peine à atténuer les effets. Et si l'assourdissant message est bien arrivé, rien n'a été entrepris pour en dépasser les méfaits, endiguer les séquelles et relever le défi.
Relever le défi, c'est reprendre le flambeau, continuer le chemin tracé, surmonter les embûches, les difficultés, suivre les principes, garder intact l'esprit du message ayant mobilisé les foules, transmis la foi au peuple, qui en l'adoptant en avait fait une affaire personnelle, avec pour but ultime reprendre la liberté, la joie de vivre en toute sérénité.
Ces êtres d'exception qu'il nous a été donné de rencontrer, de connaître, de côtoyer, qui se sont dépensés de toutes leurs forces, de toute leur âme, étaient conscients des dangers de la périlleuse aventure de la souveraineté où ils nous engageaient. Ce n'est pas pour le plaisir du sacrifice, du sang, des destructions qu'ils sont allés en guerre.
Ils étaient loin d'être suicidaires. Infatigables croyants dans la beauté de la vie, la grandeur de l'homme, la sacralité de leur mission, c'est uniquement mus par l'optimisme d'un avenir serein, d'une justice équitable, d'une probité sans faille qu'ils ont entamé leur téméraire combat. Leur foi fut contagieuse, à l'échelle d'une nation.
Hélas, il y a loin de la coupe aux lèvres. Chaque fois que nous semblions toucher au but, que le soleil de l'espoir se levait sur notre pays, que la paix, l'indépendance, la souveraineté venaient à accoster sur nos rivages, un nouveau drame pointait ses nuages noirs à l'horizon, assombrissant l'avenir, éteignant la petite lueur qui faiblement vacillait dans nos yeux.
Une fois de plus, le flambeau a chu. Rares sont ceux qui ont su le reprendre avec dextérité, droiture, sinon abnégation pour continuer sur l'abrupt chemin de la délivrance, insufflant aux foules un petit sentiment d'espoir, allumant dans leurs âmes cette petite lumière qui fait les grands soleils. Quelle déception ! Dommage !

Georges TYAN


Et encore et toujours ce regard en arrière par-dessus l'épaule ou tout carrément le retour au passé donnant le dos à l'avenir, ces messes, ces commémorations, ces rassemblements pour pleurer hier, faire dire à nos icônes sauvagement disparues, tendrement aimées, que nous avons placées sur le piédestal de l'histoire, des mots qu'ils n'ont jamais prononcés, galvauder des pensées que...

commentaires (1)

C'est un très beau "thrène pour une société défunte".

COURBAN Antoine

17 h 38, le 25 août 2016

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Commentaires (1)

  • C'est un très beau "thrène pour une société défunte".

    COURBAN Antoine

    17 h 38, le 25 août 2016

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