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Diaspora

Les Libanais de Guadeloupe célèbrent leur riche histoire

Commémoration

En avril, la communauté libanaise a fêté ses 150 ans dans l'île, durant trois jours de festivités organisés par les associations libanaises.

04/07/2016

Les Libanais de Guadeloupe ont célébré, en avril dernier, et en grande pompe, 150 d'existence sur cette belle île. Trois jours de conférences et de festivités ont été organisés à cette occasion par les associations libanaises, en présence de Mgr Nasser Gemayel et du chargé d'affaires de l'ambassade du Liban, Ghady el-Khoury, venus spécialement de Paris. Ces festivités ont fourni une occasion pour de chaleureuses retrouvailles entre les amis du Liban, qui sont très nombreux dans ce département. Artistes, écrivains, hommes politiques ont salué la coexistence fraternelle avec les descendants du pays du Cèdre. L'évêque de l'église latine de Guadeloupe, Mgr Jean-Yves Riocreux, a par ailleurs annoncé à tous les fidèles, réunis lors d'une messe solennelle, un voyage au Liban pour l'été 2017. L'office religieux était suivi d'un beau spectacle de danse
libano-créole.
Les descendants de Libanais dans l'île sont autant attachés à leur pays d'adoption qu'à leurs racines. L'une de leurs caractéristiques est qu'ils sont naturellement francophones, la Guadeloupe étant un département d'outre-mer de la France, ce qui les rapproche encore plus du Liban en comparaison avec les autres pays des Amériques centrale et du Sud. Ils ont également insisté pour une présence religieuse sur l'île : il a fallu trois ans de demandes pressantes de la part des associations libanaises de Pointe-à-Pitre pour que l'Église maronite envoie récemment le père Nicolas Taza, prêtre maronite, qui sera dorénavant présent continuellement sur l'île pour rassembler les fils d'émigrés libanais dans cette belle région du globe.

Une histoire d'assimilation et de confiance
Les Libanais sont arrivés en Guadeloupe à la fin du XIXe siècle, à bord de bateaux ayant transité par la France. Le pays venait de sortir de l'esclavage, après deux abolitions successives entrecoupées par une rébellion qui avait fait des centaines de victimes parmi la population d'origine africaine, acheminée 200 ans plus tôt pour travailler, en particulier dans les plantations de canne à sucre du pays.
Leur capacité d'assimilation et la confiance qu'ils ont inspirée aux Noirs avec lesquels ils traitaient d'égal à égal ont permis aux Libanais de développer de riches commerces. Se mélangeant à la population locale, leurs descendants libano-créoles sont estimés aujourd'hui à près de 9 000 personnes, pour une population allant, pour l'ensemble des îles, jusqu'à 450 000.

En relation grâce au Minitel
Un groupe de RJLiban a eu la chance de commémorer en avril dernier les 150 ans des Libanais en Guadeloupe avec la communauté locale, grâce au concours d'une descendante d'émigrés, Ketty Karam.
Les contacts de Ketty Karam avec RJLiban remontent à 1991, alors que le journal 3615 RJLiban sur Minitel (ancêtre de l'Internet en France), basé à Paris, était très consulté dans le monde francophone. Elle avait alors envoyé à l'association un message de Saint-Martin en Guadeloupe pour s'enquérir à propos du village de ses ancêtres, Bazhoun, tout près de Hasroun au Liban-Nord. C'est de là qu'étaient partis ses grands-parents pour se marier en Guadeloupe: Vincent Jean Karam avait alors 20 ans, et sa fiancée Badra, 18 ans. Le couple débarqué en Guadeloupe avait eu cinq enfants, dont Jean Vincent, le père de Ketty. Celle-ci a pu visiter le Liban pour la première fois en 1992, avec son mari Jean-Paul Fischer et leur fils Igor.
C'est en sa qualité d'organisatrice (parmi d'autres) de l'événement des 150 ans que Ketty Karam a convié
RJLiban, bien des années plus tard, à ce nouveau voyage en Guadeloupe. Elle nous a présenté sa petite-fille Lara, fille de Raissa, ainsi que la famille de son fils François, l'épouse de ce dernier Vanessa et leurs enfants Enzo et Mia.
Cette Libanaise d'origine est très respectée dans sa communauté. Récemment, la revue Discover, publiée à Saint-Martin, lui a consacré un article ayant pour titre: «Ketty Karam, femme d'élégance et d'efficacité ». En voici un extrait: «... Ketty est avant tout une battante et une militante. En plus de son travail acharné, elle se lança dans une série d'actions et d'associations pour tenter d'améliorer la situation sanitaire et sociale dans les îles du Nord, et pour faire reconnaître les droits des malades... Et ses actions ne s'arrêtent pas au périmètre de notre île. Le Togo, l'Afghanistan et Haïti connaissent aussi cette élégante dame qui, avec son mari, apporte de tangibles soutiens là où ils passent.»

Cette page est réalisée en collaboration avec l'Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

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