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Économie

Max Zaccar : Les compagnies pétrolières devraient être assurées par des acteurs locaux

Interview express

Alors que l'Association des compagnies d'assurances au Liban (Acal) assure, de 2016 à 2018, la présidence de l'Union générale des assurances arabes (GAIF), son président, Max Zaccar, revient sur certaines initiatives proposées dans ce cadre pour développer le secteur.

22/06/2016

Lors de la dernière conférence du GAIF, qui s'est déroulée en mai à Beyrouth, vous avez annoncé la création d'un consortium de compagnies d'assurances spécialisées dans les hydrocarbures. Quel est l'objectif de cette initiative ?
Nous voulons regrouper les 50 compagnies d'assurances libanaises, qui emploient 4 000 employés, pour créer un consortium spécialisé dans les hydrocarbures qui générera de l'expertise, des opportunités de travail et d'investissement au Liban. Concrètement, ces compagnies cosigneraient un contrat pour partager la couverture des risques liés aux activités d'un exploitant d'hydrocarbures. Chacune assurerait ainsi une part de risque proportionnellement à son investissement. La somme totale pourra ensuite être réassurée à l'étranger afin d'assurer une meilleure couverture des risques: seule, aucune compagnie d'assurances libanaise ne pourrait gérer ce type de projet.
Nous avons demandé à ce que la loi libanaise actuelle relative au pétrole et au gaz soit changée afin que les compagnies pétrolières étrangères ne puissent pas imposer leur propre compagnie d'assurances, mais que ce soit notre consortium qui assure le secteur. Pour l'instant, le retour du ministère de l'Énergie et de l'Eau a été positif, mais nous attendons que ce changement soit entériné par le Conseil des ministres.
C'est aussi dans l'intérêt du Liban : imaginons qu'un sinistre ait lieu sur un puits exploité par une compagnie pétrolière étrangère mais qui n'est plus rentable. Si l'assureur et l'exploitant se mettaient d'accord pour trouver une raison pour ne pas indemniser ce dernier, le puits ne serait donc pas réparé. Un assureur local réglerait les dommages afin que le puits continue à être exploité même s'il n'est pas rentable.

Vous plaidez pour un développement de l'assurance en ligne. Pourquoi ? Le très faible taux de pénétration du paiement en ligne est-il un obstacle ?
Son développement offrirait une meilleure pénétration pour l'assurance, en particulier vers les plus jeunes. Cette génération veut s'assurer sur Internet, et nous devons être prêts à leur proposer ce service. Aujourd'hui, il existe à l'étranger des start-up innovantes qui assurent votre automobile en ligne après seulement quelques questions ou à partir d'une simple photo. Ce type de produit devrait vite arriver sur le marché local. Les compagnies libanaises se mettent déjà à jour en utilisant des applications sur téléphone mobile pour vendre des produits « vie » ou automobile. Et si l'offre de produits en ligne augmente, le paiement en ligne se développera.

Vous avez souligné l'importance de la participation des compagnies d'assurances libanaises à la reconstruction de la Syrie et de l'Irak. Quelles sont les opportunités offertes par ces marchés ?
Qui dit reconstruction dit développement des affaires, et cela permettra à davantage de compagnies libanaises de s'installer en Syrie.
Par exemple, l'assurance maritime se développera sûrement, surtout si les marchandises pour la Syrie transitent via le port de Tripoli. Les Libanais recommenceront à aller en voiture en Syrie, ce qui permettra le développement de notre consortium déjà existant, la carte orange, spécialisé dans l'assurance automobile transfrontalière.
Concernant l'Irak, l'État nous demande d'avoir un capital de 21 millions de dollars, tout comme le Kurdistan irakien. Il faudrait donc 42 millions de dollars de capital pour pouvoir opérer sur la totalité du territoire ! Si cette loi venait à changer, davantage d'assureurs libanais pourraient y opérer.
Au-delà, je souhaiterais encourager les fusions pour consolider le secteur et lui permettre de renforcer davantage son positionnement à l'international. Cela pourrait se faire grâce à des prêts à taux bonifié de la part de la Banque du Liban et il faudrait que le ministère de l'Économie et du Commerce plaide en ce sens auprès de cette dernière.

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