X

Économie

Le temps d’un week-end, Beyrouth honore le recyclage

Numérique

La troisième édition du concours Startup Weekend à Beyrouth a fait la part belle aux projets mêlant innovation et défense de l'environnement.

17/05/2016

C'est sous le thème de l'environnement que la Startup Weekend, compétition d'idées entrepreneuriales, a fait, ce week-end dans les locaux de l'École supérieure des affaires (Esa), son retour à Beyrouth après celles de 2012 et de 2013. « L'environnement est un sujet d'actualité et fédérateur, et c'était l'occasion ou jamais d'impliquer les jeunes là-dedans », explique l'un des organisateurs, Élias Ghanem, conseiller en technologie financière. C'est l'équipe locale qui a décidé du thème et mis en place des partenariats locaux, encadrée gratuitement par l'accélérateur international Techstars, propriétaire du concept. La compétition a été financée à hauteur de 50 000 dollars – à travers des dons ou des prestations offertes – par l'Union européenne (UE), en partenariat avec l'Esa et d'autres sponsors. « Nous savons que vous pouvez tous contribuer à la croissance et à la création d'emplois au Liban, qui en a besoin urgemment », a affirmé, lors de son discours, Christina Lassen, à la tête de la Délégation de l'UE au Liban.

 

(Pour mémoire : Les start-up libanaises à la conquête de la grosse pomme)

 

Prime au recyclage
La compétition a réuni 48 personnes dont le seul critère de participation était la proposition d'une idée entrepreneuriale originale sur le thème imposé, moyennant un ticket d'entrée de 20 dollars.
Disposant chacun d'une minute, les participants sont montés sur scène l'un après l'autre présenter leur projet et énumérer les profils recherchés afin de le développer (développeur, marketing, etc.). « Il est parfois difficile de trouver des partenaires pour le fondateur d'une startup. Startup Weekend aide à la formation de start-up dans un cadre informel », plaide David Mounir Nabti, président de l'espace de travail collaboratif Alt City, qui propose aux gagnants de participer à son programme de formation intensive à entrepreneuriat, baptisé Bootcamp.


Après un vote du public, sept équipes se sont formées. Sur trois jours, elles ont planché sur leur concept avant de le soumettre à un jury qui a récompensé les trois meilleures idées. Alors que le pays reste enlisé dans la crise des déchets, ce sont trois projets centrés autour du recyclage qui ont été primés.
Le premier prix, soit 3 000 dollars en plus d'un programme d'incubation de trois mois à Berytech, a été remporté par l'équipe de Limm (collecter en arabe) qui propose de relier le particulier qui recycle ses produits ménagers aux services de recyclage de sa municipalité. L'utilisateur ouvre son compte, clique sur le type de déchet qu'il veut recycler avant de se géolocaliser via Google Maps. De son côté, le collecteur de déchets est alerté. « Il vérifie que les sacs répondent aux critères de poids et de contenu, puis donne des points au client. Ces points peuvent être convertis en coupons à dépenser chez nos sponsors », explique le chef d'équipe, Nicolas Farah. Pour générer des revenus, son équipe voudrait que les municipalités paient une licence pour utiliser l'application. Beyrouth risquerait d'être exclue de l'application, l'entreprise Sukleen étant officiellement chargée du recyclage dans la capitale.


Le deuxième prix a été attribué à Co-Bite, dont l'application mobile permet de distribuer les restes de nourriture cuisinée chez soi. « L'enthousiasme que notre idée a généré était très encourageant. J'espère pouvoir continuer à travailler avec mes partenaires, même si nous n'avons pas encore abordé le sujet », rapporte Nour el-Assaad, à l'origine du projet qui a remporté 2 500 dollars et l'occasion de participer au nouvel incubateur français, Smart Esa. D'après les organisateurs, 23 % des idées nées des Startup Weekend précédents au Liban sont devenus des entreprises qui sont toujours en exercice.
Le troisième prix a été décerné à STrash, qui a créé pendant ces trois jours un prototype de machine à broyer le verre des bouteilles de bière. « Elles prennent beaucoup de place dans les poubelles des bars, donc l'idée est de les collecter dans une machine, qui les détruit avant qu'elles soient recyclées », explique un membre de l'équipe, Georges Najjar. L'équipe a gagné 2 000 dollars ainsi qu'une formation dans le laboratoire de conception de matériel, Hbr.

 

 

Lire aussi

Un nouvel incubateur pour les start-up libanaises

Quand des start-up libanaises cherchent, au Canada, un pont vers l'Amérique

 

À la une

Retour à la page "Économie"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Zaarour Beatriz

Les jeunes libanais et libanaises ont des idées géniales qui font de la promotion constructive vers un meilleur environnement à l'avenir! Bravo et félicitations!

Mais si seulement les responsables des questions écologiques pouvaient leur permettre d'occuper leurs postes "inactifs" depuis de longues années, le Liban des jeunes se porterait beaucoup mieux...

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Gouvernement : un nœud, trois phases et beaucoup de complications...

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué