Économie numérique

Quand des start-up libanaises cherchent, au Canada, un pont vers l’Amérique

Des ateliers de travail ont été organisés cette semaine à Berytech (Mansourieh) avec une quinzaine de sociétés technologiques. Photo D.R.

Dans le secteur technologique comme dans d'autres, les entrepreneurs libanais gardent les yeux rivés vers l'étranger : selon l'Autorité de développement des investissements au Liban (Idal), 76 % des développeurs de logiciels libanais exportent déjà leurs services, tout comme 67 % des développeurs de sites et 65 % des développeurs d'applications Internet. Mais si la majorité des services exportés le sont vers la zone Mena (51,7 % en 2015), le marché nord-américain semble plus difficile à pénétrer (22,4 %).

C'est notamment pour faciliter cette pénétration, via le marché canadien, que l'Association libano-canadienne des technologies de l'information (Atilc) et l'incubateur Berytech se sont associés autour d'un programme de formation et de réseautage, baptisé « pont vers l'innovation » (B2i). « Le Canada est un bon marché-test. Il est plus facile de pénétrer les États-Unis via le Canada que vice versa, notamment du fait du bilinguisme et de la forte diaspora libanaise au Canada », avance le directeur général adjoint de Berytech, Ramy Boujawdeh. « Les technologies de l'information et de la communication ont généré 159,9 milliards de dollars canadiens en 2014 (125 milliards de dollars) », souligne de son côté le président de l'Atilc, Fadi Joseph.


(Pour mémoire : Les start-up libanaises à la conquête de la grosse pomme)

 

C'est pour donner quelques clés d'accès à ce marché à quinze entrepreneurs que les instigateurs de B2i ont organisé cette semaine des ateliers de travail à Mansourieh. Ces ateliers ont aussi permis de débriefer le voyage de trois jours à Montréal effectué par une douzaine d'entre eux en mars dernier. « Mon intention était de prendre des contacts dans le secteur des télécoms afin de m'attaquer au marché nord-américain », explique Fouad Goraïeb, cofondateur du fournisseur de solutions télécoms Invigo, qui opère actuellement dans la zone Mena, en Europe et en Asie. « Nous avons ouvert un bureau au Canada en 2015 mais n'avions pas de clients jusqu'à notre participation à ce programme qui nous a permis d'être approchés par deux sociétés canadiennes, Netelligent et iWeb », témoigne de son côté Haitham Saab, directeur pour le Moyen-Orient du développeur de solutions informatiques pour les entreprises, TechGenies.

Le programme aspire aussi à encourager les entrepreneurs émigrés au Canada à revenir au Liban. « Nous avons déjà deux exemples de ce type : Loop, un système de partage de scooters électriques, et Meacor, une société spécialisée dans la technologie cardiaque », se félicite Ramy Boujawdeh.


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