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Économie

Un nouvel incubateur pour les start-up libanaises

Entrepreneuriat
S.Ro. | OLJ
14/05/2016

Depuis que la Banque du Liban (BDL) a émis, en 2013, sa célèbre circulaire 331 permettant aux banques d'investir dans des sociétés de l'économie de la connaissance, tout en bénéficiant d'un système de garantie des risques, les structures d'accompagnement et de soutien aux start-up technologiques, comme les incubateurs ou accélérateurs, se sont multipliées.
Si, pour obtenir l'agrément de la BDL et bénéficier de son mécanisme de subvention intégrale de leurs coûts opérationnels, ces structures doivent nécessairement œuvrer dans les champs de la circulaire, leur utilité dépasse largement le seul secteur technologique.
C'est sans doute le constat à l'origine du lancement, cette semaine, de l'incubateur BePlan, qui lance un appel à candidatures pour son programme qui débutera le 1er juin pour une durée de quatre mois. Il est prévu qu'il soit suivi par d'autres cycles d'incubation, pour environ 15 start-up à chaque fois.
« Nous nous intéressons, bien sûr, aux start-up technologiques, mais nous ne voulons pas nous y limiter. Pourquoi dirais-je non à une couturière qui veut lancer son entreprise ? Ou à quelqu'un qui veut vendre des réfrigérateurs aux agriculteurs dans le Akkar ? » fait mine de s'interroger le fondateur du BePlan, Maan Barazy.
« La circulaire 331 limite les marges de manœuvre d'une structure comme la nôtre : elle ne permet pas aux investissements de s'étaler sur plus de sept ans et la BDL a droit à 50 % des profits réalisés par les ventes des actions de l'entreprise dans laquelle a investi la banque (après avoir garanti les investissements à 75 %, NDLR) », avance-t-il.
Pour pouvoir financer ses opérations sur les prochaines années, il a donc fait appel à une trentaine d'investisseurs anonymes qui ont mis, tous ensemble, 250 000 dollars sur la table. L'incubateur peut ainsi proposer des services gratuits aux start-up.
Il n'est pas encore clair s'il prendra des parts dans les start-up en contrepartie, une pratique normalement réservée aux accélérateurs, dont la formation est plus courte et plus poussée que les incubateurs. Interrogé sur ses intentions, Maan Barazy répond simplement que cela sera à voir « au cas par cas ».
Les start-up, de leur côté, ne pourront avoir recours qu'aux investisseurs qui ont déjà financé l'incubateur, au moins cette année. « Nous ne voulons pas d'investisseurs externes avant la fin du programme pilote », souligne Maan Barazy. « Je ne pense pas que les start-up aient de grands besoins en liquidités à leurs débuts. Elles ont surtout besoin de mentorat, d'apprendre à gérer la qualité de leurs produits afin qu'elles atteignent les standards internationaux, pour ensuite pouvoir pénétrer les différents marchés étrangers », considère-t-il.
Le BePlan veut également lancer un incubateur virtuel, via un portail Internet dédié, à Tripoli, Saïda et dans un troisième lieu à déterminer dans la Bekaa, « avant la fin de l'été », espère Maan Barazy. Le but est d'évaluer l'efficacité de cette offre, censée répliquer celle de l'incubateur physique. « Afin d'éviter des problèmes d'implémentation, les start-up rencontreront un mentor en personne une fois par mois environ », précise Maan Barazy.
Des partenariats sont en cours de négociation en dehors du Liban, notamment avec des incubateurs de pays limitrophes, tel Oasis en Jordanie. De telles alliances, qui permettraient aux start-up libanaises d'aller en Jordanie et vice-versa, ont pour objectif d'accélérer le développement de l'écosystème libanais. Selon Maan Barazy, ce dernier n'est pas encore assez mûr pour qu'y émergent des licornes, ces start-up valorisées à plus d'un milliard de dollars avant leur éventuelle entrée en Bourse. « Les licornes ont besoin d'injection de fonds beaucoup plus importants que ceux que peuvent leur apporter les investisseurs libanais », plaide-t-il.

S.Ro.

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