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Panama Papers

Panama papers : De l’Islande à la Corée du Nord, le scandale se propage et de premières têtes tombent

Après trois jours de révélations, les « Panama papers » ont entraîné hier leurs premiers effets notables avec la démission du Premier ministre islandais et l'inscription de Panama sur la liste française des paradis fiscaux.

Les « Panama papers » ont fait leur première victime de taille : le Premier ministre islandais a démissionné hier, emporté par la pression de la rue outrée par les révélations sur ses placements dans des paradis fiscaux.
C'est le premier « scalp » obtenu par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), dont les membres dévoilent depuis dimanche les pratiques financières et fiscales opaques de personnalités, chefs d'État, entrepreneurs, sportifs, banques... Tout un éventail de clients du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans la domiciliation offshore d'entreprises.


Sigmundur David Gunnlaugsson faisait face à la bronca depuis dimanche et aux révélations sur des millions de dollars qu'il a détenus avec son épouse, riche héritière, via une société ayant son siège aux îles Vierges britanniques, appelée Wintris. Des milliers d'Islandais avaient réclamé sa démission lundi soir à Reykjavik.
L'affaire est extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, pendant lesquelles un secteur financier euphorique ainsi que ses dirigeants et ses cadres usaient et abusaient des sociétés-écrans. L'économie avait ensuite été terrassée par la crise financière en 2008. Le Premier ministre démissionnaire sera remplacé par le ministre de l'Agriculture, Sigurdur Ingi Johannsson.


Depuis dimanche, les médias participant à l'ICIJ distillent les noms des clients qu'ils ont trouvés en épluchant plus de 11 millions de documents confidentiels de Mossack Fonseca (voir ci-contre), provoquant des remous dans le monde entier. Jusqu'ici, seules des personnalités secondaires – comme un cadre politique local hongrois, ou le responsable de l'antenne chilienne de l'ONG anticorruption Transparency – avaient été emportées par ces révélations.

 

(Lire aussi : Pékin tente d’étouffer les révélations)

 

« Un énorme problème »
Le Premier ministre britannique David Cameron était aussi sous pression hier, mais dans des proportions bien moindres. Son père, Ian, avait dirigé un fonds d'investissement basé aux Bahamas, dont les profits ont échappé au fisc britannique via Mossack Fonseca. Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a demandé « une enquête indépendante ».
Même son de cloche en Argentine, où le Premier ministre Mauricio Macri est sous la menace « d'une commission d'enquête parlementaire », réclamée par l'opposition, son nom et celui de son père étant liés à deux sociétés offshore au Panama.


Le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, dont la famille est éclaboussée, a annoncé hier la création d'une « commission judiciaire » qui « tranchera sur la réalité et sur le poids de ces allégations ».
Réagissant à ces tombereaux de révélations, le gouvernement français a annoncé hier qu'il réinscrivait le Panama sur sa liste des paradis fiscaux « avec toutes les conséquences que ceci aura pour ceux qui auront des transactions avec le Panama », a déclaré le ministre des Finances Michel Sapin. En retour, l'État latino-américain a menacé Paris de représailles économiques. « Au Panama, il existe une loi qui prévoit des mesures de rétorsion contre les pays qui incluraient le Panama sur les listes grises », a déclaré hier, lors d'une conférence de presse, le directeur de cabinet de la présidence, Alvaro Aleman.
En Italie, la justice, qui enquêtait depuis 2015 sur des sociétés panaméennes liées au cabinet Mossack Fonseca, va chercher à obtenir plus d'informations sur les personnes et sociétés italiennes figurant sur les « Panama papers », a annoncé à l'AFP un magistrat du parquet de Turin.

 

(Lire aussi : Six cents entreprises impliquées, Tel-Aviv réagit)

 

Nuage sulfureux
Alors que de nombreux sportifs sont impliqués dans le scandale (voir page 13), le président de la Fifa, Gianni Infantino, était mis en cause pour avoir signé des contrats avec une société offshore pour céder des droits télévisés en dessous des prix du marché alors qu'il travaillait à l'UEFA, selon le Süddeutsche Zeitung.
Certains noms font, eux, planer un nuage bien plus sulfureux sur les « Panama papers ». Selon le journal néerlandais Trouw, John Bredenkamp, un négociant d'armes, aurait eu « au moins 13 sociétés » via Mossack Fonseca, dont « au moins cinq se sont retrouvées sur des listes internationales de sanctions pour son implication présumée dans la vente d'armes au président du Zimbabwe » Robert Mugabe.
Les médias britanniques BBC et The Guardian ont, eux, révélé qu'une société-écran nord-coréenne utilisée pour financer le programme nucléaire de Pyongyang a figuré parmi les clients de Mossack Fonseca. DCB Finance, domiciliée à Pyongyang, a été enregistrée dans les îles Vierges britanniques en 2006 et fut légalement constituée par Mossack Fonseca, qui a cessé de la représenter en 2010. La DCB a été visée à partir de juin 2013 par des sanctions de Washington qui la soupçonnait d'avoir, à compter de 2006, fourni des services financiers à deux entités nord-coréennes jouant un « rôle central » dans le développement des programmes nucléaire et balistique nord-coréens.

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Les « Panama papers » ont fait leur première victime de taille : le Premier ministre islandais a démissionné hier, emporté par la pression de la rue outrée par les révélations sur ses placements dans des paradis fiscaux.
C'est le premier « scalp » obtenu par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), dont les membres dévoilent depuis dimanche...

commentaires (2)

l'AFP se régale , elle bombarde ses amalgames formaté tout azimuts....s

M.V.

10 h 52, le 06 avril 2016

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Commentaires (2)

  • l'AFP se régale , elle bombarde ses amalgames formaté tout azimuts....s

    M.V.

    10 h 52, le 06 avril 2016

  • On en reparlera quand on aura pris des poissons de la trempe de Donald Trump ou des fortunes juives qui financent l'état des voleurs de terre de Palestine. Des 1er ministres islandais ou des pays de 300.000 habitants qui ne comptent même pas pour du beurre rance , on s'en tape. Toute cette histoire est montée pour atteindre Poutine et ses amis et alliés. L'exemple de wikileaks est encore sur le feu pour témoigner de l'inefficacité de ces méthodes mesquines .

    FRIK-A-FRAK

    09 h 54, le 06 avril 2016