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Chine

Pékin tente d’étouffer les révélations

Le beau-frère du président Xi Jinping et la fille de l’ex-Premier ministre Li Peng sont notamment épinglés par l’ICIJ dans le cadre des « Panama papers ». Fred Dufour/AFP

Silence des autorités, critique de « forces occidentales » hostiles et censure tous azimuts : Pékin s'efforçait d'étouffer hier les révélations des « Panama papers » visant des dirigeants du régime communiste chinois. Et Pékin gardait le silence alors même que le cabinet panaméen au cœur du scandale compte plus de bureaux en Chine que dans n'importe quel autre pays.
L'enquête a pourtant montré l'implication de hauts dirigeants chinois. « Des proches d'au moins huit membres, anciens ou actuels », du tout-puissant comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois (PCC), l'organe qui dirige le pays, ont ouvert des sociétés-écrans dans des paradis fiscaux, assure l'ICIJ. Pour l'instant, Pékin garde un silence obstiné. « Sur de telles accusations sans fondement, je n'ai aucun commentaire à faire », a déclaré hier, d'un ton cinglant, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei. Le beau-frère du président Xi Jinping et la fille de l'ex-Premier ministre Li Peng sont notamment épinglés par l'ICIJ. La BBC mentionne, elle, des proches de deux membres actuels du comité permanent du bureau politique, Zhang Gaoli et Liu Yunshan. Embarrassant, alors que Xi Jinping vante volontiers sa vaste campagne anticorruption.
Dans un éditorial, le quotidien officiel Global Times a pour sa part affirmé que le scandale faisait partie d'une campagne de « désinformation » aiguillonnée par de « puissantes forces » occidentales, et a fustigé l'« influence particulière de Washington ».
La mise en cause de dirigeants chinois était largement censurée dans la presse, comme sur les réseaux sociaux. Les journalistes chinois ont été enjoints de « supprimer tous les contenus sur les fuites des "Panama papers" », selon des instructions envoyées aux rédactions et consultées par l'AFP.
Au-delà de l'élite politique, la Chine représentait en général pour le cabinet panaméen un gisement majeur de clients fortunés. C'est notamment à Hong Kong que la firme panaméenne compte le plus d'« intermédiaires » (avocats, banques...) lui adressant des clients, loin devant le Royaume-Uni et la Suisse, selon l'ICIJ. Un recensement interne réalisé par Mossack Fonseca avait conclu que, parmi ses clients propriétaires de sociétés offshore, la plus grosse proportion venaient de Chine continentale, suivis par les Hongkongais, renchérit le journal britannique Guardian. De quoi s'interroger sur l'efficacité des efforts anticorruption de Pékin.
(Source : AFP)


Silence des autorités, critique de « forces occidentales » hostiles et censure tous azimuts : Pékin s'efforçait d'étouffer hier les révélations des « Panama papers » visant des dirigeants du régime communiste chinois. Et Pékin gardait le silence alors même que le cabinet panaméen au cœur du scandale compte plus de bureaux en Chine que dans n'importe quel autre pays.L'enquête...

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