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Moyen Orient et Monde

Pourquoi et comment Jeb Bush a été flingué : rien de nouveau aux States...

Primaires US

Républicains et démocrates pratiquent ce dégommage pas vraiment subtil depuis des lustres...

25/02/2016

C'est un cas typique. Lorsqu'il a retiré sa candidature, Jeb Bush a raconté que deux jours auparavant, il avait déjeuné avec la gouverneure de la Caroline du sud, Nikki Haley, et qu'il lui avait poliment suggéré de l'endosser. Il en a déduit qu'elle le ferait. C'était en plein primaire. Le lendemain, Mme Haley a annoncé tout de go et en grande fanfare qu'elle endosserait le candidat Marco Rubio. Ce dernier, aujourd'hui sénateur de la Floride, était le protégé de Bush lorsque ce dernier était gouverneur de cet État.

Cette trahison, façon Et toi aussi Brutus, est due au fait que le Parti républicain n'a pas toléré la performance médiocre de Jeb Bush, qu'il avait pourtant aidé à collecter 180 millions de dollars dans l'espoir qu'il deviendrait son porte-drapeau. Ceci dit, les performances du sénateur Rubio ne sont pas meilleures, mais il a tout du sweet sixteen (44 ans et affable), et de plus, le parti voit en lui un futur président latino qui serait représentatif de cette communauté dont le nombre est en continuel accroissement, frôlant même la majorité WASP, blanche, anglo-saxonne et protestante. Ce qui est arrivé à Jeb Bush a été le lot des douze autres candidats éliminés, car considérés par le GOP (abréviation pour Grand Old Party, ou Parti républicain) comme non présidentiables. This is America.


(Lire aussi : Trump conforte son avance après une large victoire dans le Nevada)

 

« Blood spots »
Interrogé par L'Orient-Le Jour, un spécialiste du fonctionnement des partis américains s'est employé à expliquer les vrais rouages des primaires US. « Ici, à la différence du système européen, les deux partis sont avant tout des machines électorales, parce que le pays est en perpétuel état d'élections (présidentielle chaque quatre ans ; pour le Congrès, chaque deux ans, sans compter les scrutins locaux qui vont de pair). De plus, les candidatures ne relèvent pas de l'initiative personnelle, elles doivent passer par le parti qui jugera de la capacité du solliciteur à mobiliser les votes. En même temps, les partis ne restent pas les bras croisés, ils aiguillonnent le public dans le sens qu'ils jugent favorable à leurs options », dit-il.

C'est dans ce contexte qu'il faut placer la réaction épidermique du Parti républicain, qui n'a pas pu accepter le succès de Donald Trump, que ces républicains qualifient de rebelle et d'outsider. C'est là que commence le jeu du blood spots (taches de sang, ou comment flinguer un homme ou une femme...): c'est ainsi qu'a été froidement liquidé Jeb Bush. Du coup, le GOP a désespérément misé sur les sénateurs Rubio ou Cruz afin qu'ils arrivent seconds après Trump. Il est vrai que leur résultat n'est pas aussi impressionnant que celui du « The Donald », mais le parti veut les préparer au cas où il arriverait à écarter le célèbre milliardaire.
En attendant, le parti fait subir au gouverneur de l'Ohio, John Kasich (bas dans les sondages), le même sort que celui réservé à Jeb Bush. Pour cela, ils ont déterré une ancienne déclaration de M. Kasich ainsi formulée : « Les femmes sortent de leur cuisine pour voter pour moi », ce qui a obligé ce candidat à affirmer ne plus être sûr de vouloir être président.

(Lire aussi : Pourquoi Trump peut remporter les primaires républicaines)

 

Sauf depuis l'arrivée d'Obama...
Les démocrates ne sont pas plus subtils. En 2008, quand il devenait clair que Barack Obama allait être le candidat, Hillary Clinton, alors son adversaire, avait refusé de déclarer forfait et avait dit devant les caméras que ce pays réserve beaucoup de surprises et que s'il arrivait quelque chose à M. Obama, elle était prête à le remplacer.
Chaque parti a évidemment une idéologie qu'il veut promouvoir. Historiquement, les idéologies des deux partis américains étaient toujours constantes, plutôt proches l'une de l'autre, sauf depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche: là, le Parti républicain a perdu la boussole et a dégénéré d'une façon irrationnelle, entre conservatisme enfantin, racisme et fanatisme sans précédent. C'est pour cela qu'il est devenu féroce dans le contrôle de son troupeau. Et s'il perd ces élections, ce sera particulièrement grave pour lui.
Les deux partis ne sont pas mentionnés dans la Constitution et n'existaient pas du temps des premiers scrutins. Le premier président américain, George Washington, était contre les partis politiques et il avait dit qu'ils peuvent détruire l'unité de la nation.
« Sans vouloir prononcer le mot stalinisme, précise le spécialiste, les deux partis choisissent les priorités que doivent promouvoir les candidats à tous les niveaux. »

 

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