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Moyen Orient et Monde

Pourquoi Trump peut remporter les primaires républicaines

États-Unis

À ce jour, selon le « New York Times », « le Donald » a remporté 61 délégués contre 11 pour le sénateur du Texas Ted Cruz et 10 pour le sénateur de Floride Marco Rubio. Il leur en faudra 1 237 pour décrocher l'investiture.

OLJ/AFP/ Ivan COURONNE
22/02/2016

L'homme d'affaires Donald Trump a prouvé en huit mois que sa candidature à la Maison-Blanche n'avait rien de fantaisiste. À la grande stupéfaction du monde politique, sa victoire aux primaires républicaines est désormais du domaine du possible.

Sa candidature a muté en mouvement national de contestation contre les élites politiques et les « politiciens » traditionnels, un rassemblement hétéroclite de républicains conservateurs mais aussi modérés qui pourraient lui garantir la victoire finale – mais le trophée dépendra du comportement des autres candidats encore en course.

Il en restait cinq samedi soir, à l'issue de la brutale primaire de Caroline du Sud : Donald Trump, le sénateur du Texas Ted Cruz, le sénateur de Floride Marco Rubio et deux candidats plus marginaux : le neurochirurgien noir Ben Carson et le gouverneur de l'Ohio John Kasich.

Donald Trump dispose d'une base solide d'environ 30 à 35 % des voix républicaines : c'est son score dans le New Hampshire (35 %) et en Caroline du Sud (32,5 %), ainsi que dans les sondages nationaux (34 %).
Tant que le reste des voix se divisera entre les autres candidats, Donald Trump semble assuré de rester en tête. Or, à partir du 15 mars, la plupart des États attribueront l'intégralité de leurs délégués au candidat qui arrivera en tête des primaires. Il pourrait donc rafler la plupart des délégués nécessaires pour décrocher l'investiture à la convention de Cleveland en juillet. Mais si les autres candidats se retiraient, les électeurs pourraient en théorie faire émerger un homme capable d'unifier le camp anti-Trump.

Jeb Bush jette l'éponge

« Personne n'est imbattable », a dit humblement Donald Trump, hier matin sur CNN, en rendant même hommage à Jeb Bush, qui a jeté l'éponge samedi soir. « J'ai des avantages mais ce sera difficile », a-t-il aussi dit sur NBC. Il a même argué qu'il était le républicain le plus consensuel du lot. « Beaucoup de démocrates et d'indépendants se rallieront à moi » , a-t-il affirmé sur CNN. Il prédit par exemple une victoire dans un grand État que les républicains perdent systématiquement aux présidentielles : celui de New York, le sien, très riche en grands électeurs. « Si je gagne New York, l'élection est finie. Si c'est Hillary contre moi, la participation sera énorme et je gagnerai », a-t-il aussi prédit.

(Lire aussi : Trump n'est "pas chrétien", selon le pape François)

À ce jour, selon le New York Times, il a remporté 61 délégués contre 11 pour le sénateur du Texas Ted Cruz et 10 pour le sénateur de Floride Marco Rubio. Il leur en faudra 1 237 pour décrocher l'investiture.
« J'estime que Trump a un plafond d'environ 40 % des voix », explique Brian Schaffner, politologue à l'Université du Massachusetts. Il pense que les électeurs de Ben Carson, s'il se retirait, se rallieraient à Donald Trump, mais pas ceux des autres candidats. Brian Schaffner a creusé dans les sondages qui s'intéressent aux second, troisième et quatrième choix des électeurs. Il en conclut que la plupart des partisans de Jeb Bush ou John Kasich, symboles de l'establishment, se reporteraient plutôt sur Marco Rubio ou Ted Cruz.

« Course à trois »

Donald Trump n'a que faire de ces calculs de « génies » et qui peut lui en vouloir, lui qui a défié tant de prédictions d'experts depuis l'été dernier. Dans son discours samedi soir, il a donc affirmé que « quand les gens se retireront, je récupérerai beaucoup de ces voix ». De fait, les électeurs n'obéissent pas forcément aux consignes de vote ni aux prédictions des politologues. Ils peuvent être sensibles à des traits de personnalité plus qu'à des idées.

« Le talent de Trump consiste à maintenir l'attention sur sa personne » et non ses propositions, d'ailleurs floues, relève Timothy Hagle, professeur de sciences politiques à l'Université de l'Iowa. La gauche américaine est la première à consacrer le statut de Donald Trump. « Il est temps de remiser toute logique qui ne reconnaîtrait pas que Donald Trump est désormais le très grand favori pour l'investiture républicaine », a écrit Josh Marshall, le rédacteur en chef du site Talking Points Memo. Le sénateur Ted Cruz, champion de la droite religieuse, a du mal à dépasser le noyau ultraconservateur, mais il semble déterminé à s'accrocher jusqu'au bout. Marco Rubio aussi, qui a encore consolidé samedi sa place de chouchou de l'establishment. On se dirige donc vers « une course à trois », comme l'a dit Marco Rubio dans son discours samedi. Restent d'autres obstacles sur la voie de l'investiture pour Donald Trump, notamment logistiques.

« Saura-t-il gérer sa campagne dans plus d'un État à la fois ? » se demande Timothy Hagle. Le 1er mars, onze États voteront à travers tout le pays, or l'équipe Trump compte moins de professionnels des campagnes que ses rivaux.

Et il y a le scénario où Donald Trump, Marco Rubio et Ted Cruz resteraient en course jusqu'à la convention de juillet, aucun n'ayant réussi à obtenir la majorité absolue des délégués, soit 1 237 sur 2 472. Dans ce cas, après un premier tour, les délégués seraient libérés de leur engagement initial et pourraient voter pour le candidat de leur choix dans un second tour. Gare à celui qui prédira ce résultat-là.

 

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