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Moyen Orient et Monde

Ted Cruz, l’ultraconservateur devenu le principal rival de Trump

Portrait

Premier candidat officiel à l'investiture républicaine, le sénateur du Texas s'est positionné au cœur du Tea Party.

OLJ
03/02/2016

Le sénateur du Texas Ted Cruz ne bredouille jamais, son regard est fixe, sa diction cadencée, ses phrases précises. Des talents d'orateur qui lui ont permis de devenir un champion de la droite religieuse et de remporter les « caucus » républicains de l'Iowa lundi.
Il y a quelques mois, il n'était qu'un candidat républicain parmi d'autres, et était d'ailleurs loué par son principal adversaire, Donald Trump, pour ses positions fermes contre le gouvernement fédéral de Barack Obama, contre l'impôt, contre l'avortement ou pour le droit à s'armer. Il est devenu depuis le principal rival du milliardaire dans la lutte pour obtenir l'investiture républicaine, et l'homme d'affaires new-yorkais fait désormais de Cruz sa principale cible, l'accusant d'être un horrible personnage ou d'être né au Canada, il y a 45 ans, sous-entendant qu'il serait inéligible à la présidence des États-Unis.
Nul doute qu'après la victoire de Cruz (27 %) en Iowa, devant un Donald Trump (24 %) qui avait pourtant dominé les sondages, le milliardaire va redoubler d'efforts pour tenter de reprendre la main. Les deux hommes labourent le même terrain, celui des Américains en colère contre les élites politiques. Ils jouent la surenchère, par exemple dans leurs spots télévisés respectifs tirant l'alarme sur l'immigration clandestine. Ou encore dans leur dénonciation de la « théorie » du changement climatique. Ted Cruz a, aussi, juré d'annihiler les jihadistes de l'organisation État islamique avec un « tapis de bombe ».
La stratégie de Cruz dans l'Iowa était entièrement construite sur l'électorat protestant évangélique, majoritaire au sein des républicains. Il leur promettait de démanteler totalement « Obamacare », la réforme de Barack Obama pour réformer le système de santé, et de défendre les chrétiens américains face aux menaces de dissolution posées par les démocrates. Pour appuyer son message, Ted Cruz n'a pas hésité à utiliser ses enfants dans des vidéos, voire à faire cuire du bacon sur le canon de son fusil dans un stand de tir, une façon de rappeler l'attachement des Texans à leurs armes.
Il y a deux semaines, il s'est toutefois retrouvé vivement critiqué pour avoir dénigré « les valeurs de New York », qui défendent selon lui l'avortement, le mariage gay, l'argent et les médias. Mais Rafael Edward Cruz, qui était le premier candidat officiel à l'investiture républicaine, a depuis longtemps choisi son positionnement, au cœur du Tea Party.

Il agace ses aînés
Ted Cruz ne siège au Sénat que depuis janvier 2013, l'un des deux sénateurs représentant le Texas, et doit sa victoire à la mobilisation locale de la mouvance ultraconservatrice, qui surprend alors l'establishment républicain. Dès ses débuts, il agace ses aînés par son manque de déférence et sa volonté d'être sous le feu des projecteurs dans l'illustre institution, où sa jeunesse devrait l'inciter à l'humilité.
Son grand combat a lieu à l'automne 2013. Alors qu'un compromis budgétaire se profile entre chefs républicains et démocrates alliés à Barack Obama, il défend une ligne dure : pas de budget sans abrogation totale d'Obamacare. Il agite en coulisses, emmène avec lui des dizaines d'élus du Tea Party à la Chambre, et tient tête aux dirigeants républicains, humiliés, qui gardent une dent contre ce quadragénaire qui prétend leur apprendre à gouverner. Si l'obstruction a échoué, Ted Cruz n'en a pas moins gagné ses galons.
Ted Cruz est né à Calgary, au Canada, le 22 décembre 1970, d'une mère américaine et d'un père cubain, Rafael Cruz, torturé par le régime de Batista et exilé à 18 ans aux États-Unis sans parler anglais. Il grandit au Texas, où le lycéen est déjà fasciné par la Constitution. Après des études à l'université de Princeton puis à l'école de droit d'Harvard, dont il sort diplômé quatre ans après Barack Obama, il entame une brillante carrière juridique avant de revenir au Texas pour devenir l'équivalent de l'avocat d'appel de l'État (solicitor general), en 2003. Le poste se transforme en tremplin national pour défendre des causes conservatrices et plaider devant la Cour suprême, ce qu'il fit neuf fois, avec cinq victoires.
Le récent rapprochement avec Cuba est pour lui une « terrible erreur ». Défenseur inconditionnel d'Israël, il est aussi vent debout contre l'accord nucléaire qui s'est conclu avec l'Iran.
Ivan COURONNE/AFP

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