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Moyen Orient et Monde

Michael Bloomberg, candidat improbable, mais dans tous les esprits

États-Unis

Le grand patron des médias financiers fait monter et descendre les enchères électorales, avant de prendre sa décision.

28/01/2016

Dans un grand article, le New York Times a annoncé que Michael Bloomberg (73 ans), le mania des médias, compte se lancer dans la course présidentielle. Personnalité très respectée, il avait notamment été maire de Big Apple durant trois mandats consécutifs et réussis. Toujours fidèle à sa stratégie de proximité et sa devise « je mets mon ego au service de l'entreprise », M. Bloomberg ne possède pas de bureau dans l'immeuble de sa mégacorporation multimédia financière, portant son nom. Il est toujours installé dans son « cubicle », avec tout le monde, dans la salle de rédaction. Quand il était maire, il n'a pas habité la résidence assignée à cette fonction et n'a jamais encaissé un salaire.

Démocrate (et grand admirateur du président Barack Obama) et maintenant indépendant, il a soulevé beaucoup de spéculations sur les motifs de sa possible candidature. Il pense pouvoir représenter l'indignation qui prévaut chez la plupart des Américains contre les actuels présidentiables, jugés de peu de poids, dans cette année électorale antiestablishment. Au milieu des opinions disparates qui fusent dans tous les sens, Michael Bloomberg voit une niche pour lui. Quelques jours avant la tenue du caucus de l'Iowa et des primaires du New Hampshire, il a constaté, d'après les sondages, que Hillary Clinton pourrait ne pas en sortir gagnante, et si son rival, Bernie Sanders, l'emporte, ce dernier représente davantage ses propres idées socialistes qu'un pan de société.

Du côté des Républicains, Donald Trump mène toujours, et s'il est désigné candidat officiel, d'aucuns menacent de faire leur valise. Ce qui pousse une personne de la stature de Bloomberg à faire le grand saut.
Bataille de milliardaires ? Pas vraiment, parce que l'un de ses assistants a fait savoir qu'il allait consacrer un milliard de dollars pour sa bataille électorale, s'il l'entreprend. L'autre milliardaire, Donald Trump, ne peut soutenir la confrontation car sa fortune s'élève à 3,5 milliards de dollars, face à celle de M. Bloomberg, évaluée à 37 milliards.

(Lire aussi : Maison-Blanche : Michael Bloomberg à la rescousse ?)

Des chances ? « Oui. » « Non. » « Un juif ? »
A-t-il des chances de gagner, en joignant le peloton. « Oui », répond Anthony Weiner, ancien congressman et époux du bras droit d'Hillary Clinton, Huma Abdin. Selon lui, ce candidat à la politique planifiée peut faire un impact dans une course dominée par une bruyante hostilité aux immigrants, menée dans le désordre. D'autant que beaucoup de ses copains sont les grosses légumes du GOP (Grand Old Parti, ou le Parti républicain).
« Non », rétorque un analyste du Guardian. Aucune chance. Pourquoi essaye-t-il ? Trop libéral pour les Républicains et la masse qui accuse les riches et Wall Street d'être la source de leurs maux, et bien au-delà de ceux qui travaillent à Goldman Sachs. Il est radioactif aux supporters des deux partis.
« Et in fine », la question du Haaretz : « Bloomberg sera-t-il le premier président juif américain ? »

Un troisième parti indépendant a toujours été légendaire et chimérique. Il a produit deux candidats illustres, mais néanmoins malheureux aux urnes : Theodore Roosevelt (en 1912) qui n'avait totalisé que 27 % des voix et Ross Perot (en 1992), 19 %. Ce dernier avait dépensé la majeure partie de sa fortune dans cette campagne. C'est dire combien le système des deux partis est ancré dans la culture américaine, qui ne veut pas en ajouter un supplémentaire, source d'un surplus de complexités. Par exemple, en encourageant Ross Perot à se présenter, les Républicains avaient provoqué la chute de George Bush – père – en faveur du Démocrate Bill Clinton.
Il y a deux jours, un sondage de l'institut Morning Consult préfigure ainsi la triple course Clinton, Trump et Bloomberg : 13 % pour ce dernier, 36 % pour Mme Clinton et 37 % pour M. Trump. La possibilité d'un autre trio, Sanders, Trump et Bloomberg, donnerait à ce dernier moins de 12 % que dans le premier cas, alors que Trump et Sanders auront respectivement 34 et 35 %.

Des calculs qui vont certainement faire réfléchir le puissant Michael Bloomberg.
D'autant qu'une firme non partisane, The Vibe, estime que la candidature de M. Bloomberg est dans l'esprit de 60 % de l'électorat, mais sa réalisation n'est pas encore mûre.
En clair, il ressort que les Américains sont prêts pour un président « adulte », qui ne soit ni le « bombastic » (explosif) milliardaire Donald Trump ni le milliardaire Bloomberg à la stature plus grande que Big Apple, tout respectable et au-dessus de la mêlée soit-il. Michael Bloomberg, lui, s'est donné jusqu'en mars pour trancher.

 

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