L’édito de Ziyad MAKHOUL

Casser quel(le) Barack ?

L’édito
19/02/2016

Il n'y a rien de plus fascinant/repoussant, dans l'imaginaire collectif des habitants de cette planète, qu'un président américain. Que toute la mythologie qui le flanque – quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, où qu'il aille. Que cette espèce de suspension tous azimuts, carrément palpable, avant que cette Maison-Blanche oracle ne s'exprime, d'une façon ou d'une autre.

Aujourd'hui, les Terriens sourient en apprenant que Barack Obama s'en ira fin mars avec tambours et trompettes à La Havane ressasser le nécessaire respect des droits de l'homme en signant beaucoup de contrats avec la dynastie castriste – même si les Cubains s'en moquent un peu: ce n'est pas cette visite présidentielle qui va changer le moins du monde leur assez sinistre quotidien. Ces Terriens sourient, aussi, de voir les Américains aller beaucoup mieux, entre baisse du chômage, institutionnalisation de l'assurance maladie et autorisation du mariage pour tous – même si la législation sur les armes à feu restera coincée comme une tumeur dans les phantasmes et les canaux lacrymaux du sémillant 44e président américain. Ils sourient encore, ces Terriens, en assistant en continu à la débushisation, même si ostentatoire et terriblement bâclée, de la politique étrangère des États-Unis ; sourient de ce glissement progressif, même si encore rachitique et pas très fécond, vers les rivages asiatiques. Ils sourient, toujours, de cette dénucléarisation( ? ) et de cette greffe historique, qui se veut triomphante, de l'Iran des ayatollahs au reste du monde, du remodelage aux couleurs des Darius de ce Proche-Orient dégénéré, éviscéré et de plus en plus agonisant. Ils sourient enfin, mais cela ressemble désormais bien plus à un rictus, en regardant ces premiers flics de la planète tourner carrément le dos à l'épicentre géopolitique, militaire, culturel et humanitaire de la planète: ce même Proche-Orient au cœur duquel le conflit syrien, cette confrontation Risk grandeur nature entre deux barbaries, le jihadisme et l'assadisme, risque de s'anamorphoser à n'importe quel moment en guerre mondiale, troisième du nom.

Rien de plus fascinant/repoussant, aussi, que cette campagne présidentielle made in USA. Que ce moment, grotesque, où la quasi-totalité de l'humanité prend conscience que, finalement, elle risque de regretter amèrement ce Barack H. Obama, malgré son immense balourdise, ses entêtements, ses erreurs tactiques et stratégiques, et sa déconnexion parkinsonienne d'un nombre imposant de réalités et de priorités. Le tableau est psychédélique, entre un Trump Joker bouffon et foncièrement dangereux, un Ted Cruz martien, déterminé à réhabiliter Bachar el-Assad et à l'ancrer sur un trône, et une Mme Clinton qui n'a visiblement pas compris, malgré des qualités certaines, que l'histoire, infiniment gueuse, ne repasse jamais les mêmes plats. Et qu'elle ne pardonne pas.

Barack Obama a encore une dizaine de mois pour éviter à la fois une pas très glorieuse carterisation, voire une nixonisation, un Syriagate moral et politique qui le confinerait dans un recoin sombre et humide du trombinoscope de la Maison-Blanche malgré cette Amerika en bonne santé qu'il va laisser à son successeur, et un (énième) chamboulement du Proche-Orient, aux conséquences cette fois-ci totalement démesurées et dangereusement inconnues. Une dizaine de mois pour faire passer les États-Unis de sympathiques figurants, juste capables de suivre le tempo et de larguer quelques bombes de temps à temps, à ce qu'ils ont toujours été, avec plus ou moins d'intelligence: des acteurs. Fondamentalement cyniques, définitivement opportunistes et (mal)heureusement indispensables, certes, mais des acteurs. Des premiers rôles.

Il n'y a rien de plus fascinant/repoussant qu'un président américain. À son élection, il y a près de huit ans, Barack Obama était à lui seul un champ des possibles. De promesses. Il n'est plus aujourd'hui qu'un monsieur un peu fatigué et très impatient de s'en aller cultiver ses jardins hawaïens et de donner deux ou trois conférences chaque année. Et ce n'est pas un Proche-Orient condamné de toute façon au suicide ou à l'autocombustion qui l'empêchera de profiter de sa retraite. Ni de sourire. Lui aussi.

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Il n'y a qu'une seule et unique personne qui peut prétendre être l'Homme de la Situation :
Hillary Clinton !

Bery tus

y compris l'iran !!

SOUS LES PAVÉS LA PLAGE

Si on doit parler de lâcheté de Obama , qui n'est finalement qu'un président parmi tant d'autres passés ou à venir , puisqu'il a pour conseillers 6 juifs à la maison blanche dont 4 avec la double nationalité , il faudra commencer par souligner son "allonger/coucher" sur la politique de natibaba et ses 40 voleurs de la Palestine, à qui il a essayé de résister sans insister !

Le prochain , que croyait vous , ça sera pareil, il devra appliquer un cahier des charges , fusse-t-il ou elle démocrates ou républicains !

Oncle Sam est devenu oncle samm ( poison).
Le rêve américain ne fait plus rêver Ziad , même le chômage que vous mettez en bon point est un trompe l'œil , comme pour l'Allemagne , plus de travailleurs pauvres que de chômeurs assistés .

Maintenant on est pas à l'abri d'un Néron , mais ça c'est valable pour tous les pays atomiques du monde .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE VOIS L,HOMME FORT... MADAME CLINTON... A LA MAISON BLANCHE... LES AMERICAINS AYANT ASSEZ DES LUNATIQUES ET DES PERIPETIES CATASTROPHIQUES... LE MOYEN ORIENT EN EXEMPLE !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Les levantins restent capables, même si ça fait sourire, de s’interroger avec gravité sur leur nombril. Ils raffolent des enquêtes qui vérifient que parmi les peuplades de cette terre ils seraient les meilleures !
Les récréations étant fugaces, voici 1 florilège de pensées éloquentes quant à l’opinion qu’ont d’eux- mêmes les sujets de ce Levant branlant : L’un de s’écrier : "l’Amérique a besoin du Levant", perturbant ainsi le Président de l’Amérique sur ses hauteurs ! Puis, drôlement, l’ineffable qui, ne produisant RIEN, refuse d’utiliser tout ustensile qui ne serait pas de fabrication levantine d’expliquer: "Je ne puis imposer l’obligation d’importer des ustensiles américains." !
Il est vrai que ce Levantin vient d’1 de ces bourgs arriéré, lequel a placé au fronton de sa mairie l’indépassable : "C’est pas pour me va(e)nter, mais qu’est-ce que j’ai chaud."!
Moult d’entre eux, uuuft, narines et levantinisme au vent 1 fois juchés, disent bien des choses en somme ; genre niaiseries ; en variant le ton ! Mais, passons.
"Nous avons 1 chance folle d’être Levantins", dixit un autre ! "En Amérique, on attend la voix du Levant." ! Évidemment : pensée subtile du Levantin basique !
L’éhhh Levantin : "Ce levantinisme représente, pour l’Amérique, un Plus." !
Certes….
On devrait avoir honte de se gausser de la sorte de ces Levantins, faisant fi des décennies durant lesquelles on vivait là ; Heureux ; comme si le Président américain était, yîîîh, levantin et non Américain !

Halim Abou Chacra

Jamais l'humanité ne "regrettera" la politique très lâche de Barack H. Obama au Moyen-Orient, tout particulièrement en Syrie et en Irak. La lâcheté de cet homme a été déterminante pour le règne de la barbarie dans cette région et dans le monde. L'avenir le dira et qui vivra verra.

Bery tus

bass tous mise sur elle pourtant Mr Makhoul .. a moins que le gtand mania de l'information rentre en lice !!

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