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Liban - Patrimoine

La maison de De Gaulle à Beyrouth outragée ?

Le ministre de la Culture Rony Araiji assure que l'immeuble qui a abrité la maison du général Charles de Gaulle n'est pas en danger...

La photo publiée par Khalil Hamadé sur la page Facebook de l'ONG « Save Beirut Heritage » et qui a provoqué le branle-bas de combat : la plaque commémorative marquant le passage du général de Gaulle a disparu !

Rue du Chouf, quartier Mar Élias. « Ici a vécu de Gaulle 1929-1932 », pouvait-on lire sur une plaque en marbre apposée sur le fronton d'un immeuble jaune dont un des appartements avait été occupé par le général Charles de Gaulle, son épouse Yvonne, son fils Philippe et ses deux filles Élisabeth et Anne. Cette plaque a disparu. Évaporée depuis 24 heures, enflammant les réseaux sociaux et suscitant de nombreuses questions. Car dans cette ville, les vieilles bâtisses disparaissent à un rythme effarant, laissant la capitale libanaise orpheline de sa mémoire architecturale. Dans cette ville où les promoteurs trouvent les anciennes constructions encombrantes dans le décor urbain, il y a de quoi penser au pire.

Contacté par L'Orient-Le Jour, le vice-président du conseil municipal de Beyrouth, Nadim Abou Rizk, dit avoir pris connaissance de la disparition de la plaque via Facebook. Il a souligné qu'un permis de démolir ne peut être accordé que par le mohafez, « seule autorité compétente en la matière ».
Le mohafez de Beyrouth Ziyad Chébib est quant à lui catégorique : « Aucun permis de détruire n'a été délivré. » Il fait observer que dans le cas des bâtiments historiques, l'initiative a besoin de « l'approbation préalable du ministre de la Culture ». M. Rony Araiji se montre rassurant : « C'est un acte de vandalisme », a-t-il déclaré, affirmant prendre « toutes les mesures nécessaires pour préserver le bâtiment ». De même, le directeur général du ministère, Fayçal Taleb, et un contrôleur seront sur place aujourd'hui pour inspecter les lieux.

Classé monument historique sous le mandat du président Sleiman Frangié, le bâtiment a vu sa plaque disparaître une première fois. Aussi, en 1994, l'ambassadeur de France, Jean-Pierre Lafon, avait confié à son conseiller de presse et chef de protocole François Abisaab la mission de retrouver cette inscription apposée le 18 juin 1974 et d'organiser « une cérémonie solennelle pour la remise de celle-ci sur la maison », raconte M. Lafon dans l'ouvrage Le Cèdre et le Chêne. De Gaulle et le Liban - Les Libanais et de Gaulle, paru aux éditions Geuthner sous la direction de Clotilde de Fouchécour et Karim Émile Bitar. Toutes les dispositions ont été donc prises pour une cérémonie officielle le 18 juin 1994, à laquelle avaient assisté le ministre des Affaires étrangères Farès Boueiz et le président de la municipalité Mohammad Ghaziri.

 

(Lire aussi : Le chef du PSP s'insurge contre la destruction d'un vieil immeuble à Beyrouth)


À L'Orient-Le Jour, Irène Chami Albrecht raconte que sa tante Marie Eid Haj Boutros, qui avait épousé François Ingold, ingénieur suisse responsable du plan cadastral au Liban sous le mandat de cheikh Béchara el-Khoury, avait repris le bail de l'appartement. Durant la guerre civile, feue Marie Ingold avait protégé les lieux de l'occupation des milices et avait démonté la plaque pour qu'elle ne soit pas volée. En 1997, c'est également elle qui reçoit le chef de l'État français Jacques Chirac et le Premier ministre Rafic Hariri, venus visiter la maison qu'avait occupée le commandant de Gaulle. Irène Albrecht ajoute que « la détermination et le courage de ma tante à préserver l'espace ont été salués par le président français Jacques Chirac qui l'élèvera au grade de chevalier de la Légion d'honneur en 1997 ».

Dans son ouvrage Tante Yvonne, femme d'officier, Florence d'Harcourt explique que l'appartement comptait cinq pièces : le salon à colonnades qui donne sur une grande terrasse, une salle à manger agréable, trois chambres, une grande salle de bains qui comportait, dit-on, une baignoire en fonte à pattes de lion et une grande cuisine un peu sombre. Dans une lettre adressée à sa belle-mère, le chef de famille décrit une installation très convenable et un ensemble qui a de beaux volumes.

 

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Rue du Chouf, quartier Mar Élias. « Ici a vécu de Gaulle 1929-1932 », pouvait-on lire sur une plaque en marbre apposée sur le fronton d'un immeuble jaune dont un des appartements avait été occupé par le général Charles de Gaulle, son épouse Yvonne, son fils Philippe et ses deux filles Élisabeth et Anne. Cette plaque a disparu. Évaporée depuis 24 heures, enflammant les réseaux...
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En apprenant la disparition de la plaque apposée sur l'immeuble où le général de Gaulle et sa famille avaient occupé un appartement d'octobre 1929 à novembre 1931. C'est un acte d'ingratitude envers le seul véritable ami du Liban parmi tous les Grands du monde.

Un Libanais

12 h 26, le 13 février 2016

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Commentaires (1)

  • En apprenant la disparition de la plaque apposée sur l'immeuble où le général de Gaulle et sa famille avaient occupé un appartement d'octobre 1929 à novembre 1931. C'est un acte d'ingratitude envers le seul véritable ami du Liban parmi tous les Grands du monde.

    Un Libanais

    12 h 26, le 13 février 2016

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