L’émissaire de l’Onu sur la Syrie, Staffan de Mistura, discutant avec la délégation de l’opposition à la table des discussions à Genève hier. AFP/Fabrice Coffrini
Après plusieurs jours de valse-hésitation, l'Onu a officiellement annoncé, hier, le début des discussions de paix sur la Syrie à Genève, la 3e rencontre après deux autres qui ont échoué.
« Nous commençons officiellement les discussions de Genève » a lancé en anglais l'émissaire de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura, avant de répéter en français : « Les négociations, les discussions, ont commencé aujourd'hui à 17h. »
M. de Mistura, qui s'échine depuis des semaines à faire entrer les ennemis syriens dans un processus de discussions indirectes, venait de rencontrer pendant deux heures la délégation de l'opposition au Palais des Nations à Genève.
« Ils insistent sur le fait que la population civile syrienne mérite de voir une réduction concrète de la violence sur le terrain pendant que des discussions politiques se déroulent. C'est un argument très fort », a ajouté le diplomate onusien. « Nous devons vraiment voir quelque chose de concret, en dehors d'une longue et douloureuse négociation », a-t-il insisté.
Juste avant lui, un porte-parole de l'opposition, Salem el-Meslet, s'est montré moins affirmatif. « Nous sommes venus discuter de questions humanitaires et nous avons reçu des messages très positifs de la part de l'envoyé spécial de l'Onu », a reconnu M. el-Meslet. « Nous ferons tout pour entrer dans le processus politique (de négociation) », a-t-il assuré, tout en réitérant fermement les exigences humanitaires de l'opposition. « Trois questions sont importantes pour nous, la levée des sièges, la libération de détenus et l'arrêt des attaques contre les civils par les bombardiers russes (alliés de Damas) et par le régime », a-t-il égrené.
Le Haut Comité des négociations (HCN), qui regroupe des politiques et des représentants des groupes armés en Syrie, réclame depuis des jours des améliorations tangibles sur le terrain pour entrer dans la négociation, alors que la situation des civils en Syrie, bombardés, affamés, est chaque jour plus catastrophique.
Alors que l'arrêt à court terme des bombardements semble irréalisable, travailler en vue de la libération de civils, femmes et enfants, « serait un premier signal que quelque chose de différent est en train de se produire », a estimé M. de Mistura.
L'opposition a commencé à dresser des listes de noms de détenus, ont indiqué plusieurs de ses membres au cours des jours précédents.
Par ailleurs, son négociateur en chef, Mohammad Allouche, membre du bureau politique du groupe armé rebelle Jaïch el-Islam (l'Armée de l'islam), un mouvement d'inspiration salafiste que le régime de Damas qualifie de « terroriste », est arrivé en début de soirée à Genève pour rejoindre la délégation.
(Lire aussi : « Il faut voir ce que les décideurs nous préparent dans les heures à venir »)
Six mois de discussions prévus
M. de Mistura a annoncé qu'il recevrait aujourd'hui la délégation du régime de Damas – qu'il avait déjà rencontrée vendredi –, puis de nouveau celle du HCN, afin « d'examiner plus profondément les points qui ont été soulevés ». Plus tôt dans la journée, le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a déclaré depuis Amman que les négociations de paix entre l'opposition et le régime syriens à Genève doivent déboucher sur une « transition politique » sans le président Bachar el-Assad.
Les discussions inter syriennes, dont le cadre a été fixé par une résolution de l'Onu en décembre, visent à mettre en place une autorité de transition avant l'organisation d'élections à la mi-2017. L'émissaire de l'Onu veut mettre en place un dialogue indirect entre les deux camps, avec des émissaires chargés de faire la navette, et a déjà annoncé que les discussions étaient prévues pour durer six mois.
De son côté, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, en visite à Oman, a pressé hier les protagonistes du conflit syrien, rassemblés à Genève, de mettre fin aux souffrances de leur peuple, et a appelé l'Iran et l'Arabie saoudite à « faire des compromis » au Moyen-Orient. « Nous devons d'urgence assister à la fin des combats, des sièges et des autres violations terribles des droits de l'homme qui ont marqué cette guerre » en Syrie, a déclaré M. Ban dans un discours prononcé au National Defense College du sultanat d'Oman.
(Lire aussi : Des négociations au forceps imposées par des parrains aux intérêts divergents)
Pas d'amnistie
Pour sa part, le haut-commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al-Hussein, a rappelé qu'aucune amnistie ne doit être envisagée pour les crimes contre l'humanité ou les crimes de guerre commis en Syrie dans le cadre des pourparlers engagés à Genève. « Dans le cas de la Syrie, nous sommes ici pour rappeler à tous que partout où il y aura des allégations de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité, aucune amnistie ne pourra être admise », a-t-il martelé. « Nous espérons qu'au cours des négociations (sur la Syrie) les médiateurs insisteront bien évidemment sur ce point auprès des parties au conflit », a-t-il précisé.
Dans ce contexte, l'opposition syrienne a accusé hier la Russie de « créer un nouvel Hitler » en continuant à soutenir Bachar el-Assad. « Le régime russe va créer un nouvel Hitler (...) nous souffrons d'un Hitler en Syrie », a ainsi déclaré un porte-parole du HCN, Salem al-Meslett, à l'issue d'une première rencontre formelle de l'opposition avec M. de Mistura.
Pour sa part, le régime syrien a donné son accord de principe à des convois humanitaires pour la ville de Madaya, où 46 personnes sont mortes de faim depuis début décembre, et pour deux autres villes syriennes, a annoncé hier soir l'Onu à Genève. « Le gouvernement a approuvé en principe l'envoi de convois à Madaya et simultanément à Kafraya et Foua », deux villes chiites qui sont elles assiégées par les rebelles, déclaré à l'AFP le porte parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha).
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« Nous commençons officiellement les discussions de Genève » a lancé en anglais l'émissaire de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura, avant de répéter en français : « Les négociations, les discussions, ont commencé aujourd'hui à 17h. »M. de Mistura, qui s'échine depuis des semaines à faire entrer les ennemis syriens dans un processus de discussions indirectes, venait de rencontrer pendant deux heures la délégation de l'opposition au Palais des Nations à Genève.« Ils insistent sur le fait que la population civile syrienne mérite de voir une réduction concrète de la violence sur le terrain pendant que des...


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Comme c'est drôle ! On aurait dit les "discussions de Paix" sur le Liban entre 75 et 90 !
12 h 21, le 02 février 2016