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Émotion en Suède au lendemain de la mort d'une Libano-Suédoise dans un camp pour réfugiés

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Contacté par L'Orient-Le Jour, le consulat de Suède à Beyrouth a affirmé "ne pas avoir d'informations supplémentaires à celles rapportées par la presse et la police suédoise".

J. A. R. | OLJ
26/01/2016

Alexandra Mezher, une Libano-Suédoise âgée de 22 ans, est morte lundi après avoir été attaquée à l'arme blanche dans un centre pour réfugiés à Mölndal, près de Göteborg, où elle travaillait. Poignardée tôt dans la matinée, la jeune femme, originaire de Marjeyoun, au Liban-Sud, a succombé à ses blessures à l'hôpital.

"Elle était mon air, mon tout, pourquoi elle? Elle n'était pas que ma fille, elle était mon ange", pleure sa mère, Chimène Mezher, 46 ans, dans un entretien accordé au quotidien suédois Göteborgs-Posten, repris par le quotidien britannique Daily Mail.
"J'ai ressenti un véritable choc. Je suis tellement triste. Nous avons beaucoup pleuré. C'était quelqu'un de bon, elle était douce et heureuse", déclare de son côté l'un de ses cousins au tabloïd suédois Expressen, repris par le site internet de la chaîne britannique, Sky News. "C'est vraiment terrible. C'était quelqu'un qui voulait faire le bien. Et voilà qu'un individu la tue alors qu'elle faisait son travail", confie un autre cousin, faisant assumer la responsabilité de cette attaque aux "politiciens suédois".

Alexandra vivait avec ses parents, Boutros et Chimène, et ses frères à Borås, à 50 kilomètres de Mölndal. Son père a quitté le Liban en 1989 et sa mère l'a suivi trois ans plus tard. La jeune femme, diplômée en psychologie, projetait de retourner à l'université afin d'y obtenir un master en sciences sociales, indique le Daily Mail.

Le matin de son décès, Alexandra Mezher sortait d'une nuit de travail au cours de laquelle elle a dû gérer seule le centre, alors que les règles stipulent que deux responsables doivent être présents en permanence dans l'enceinte de l'établissement. Elle a été attaquée une demi-heure avant que le personnel de jour ne prenne le relais, rapporte le quotidien britannique. 

De forts soupçons s'orientent vers un demandeur d'asile âgé de 15 ans, résident de ce centre destiné aux adolescents de 14 à 17 ans, arrêté quelques heures après l'attaque contre la jeune femme. Les enquêteurs se sont refusés à donner toute précision sur son identité, y compris sa nationalité.
"Un couteau a été retrouvé dans le centre pour réfugiés, près de la scène du crime maculée de sang", a indiqué Thomas Fuxborg, un porte-parle de la police suédoise, à l'agence de presse suédoise TT, expliquant que le suspect avait été maîtrisé à l'arrivée de la police par deux autres résidents du centre, bouleversés et en colère.

Amal Hassan, une autre bénévole du centre, se dit ainsi "choquée", dans un entretien accordé au quotidien suédois Göteborgs-Posten. "Toutes les personnes qui vivent dans le centre sont vraiment gentilles. Il n'y a jamais eu de problèmes avant", poursuit-elle.

(Pour mémoire : En Suède, des dizaines de familles libanaises menacées d'expulsion)

 

Des motivations pas encore claires
Les enquêteurs cherchent à déterminer si Alexandra Mezher a été délibérément prise pour cible. Selon des informations publiées par plusieurs titres de la presse suédoise, une rixe aurait éclaté entre plusieurs adolescents dans le centre le matin de l'attaque. "Les motivations du crime ne sont pas encore claires", a d'ailleurs précisé M. Fuxborg, repris par des médias britanniques.

Contacté par L'Orient-Le Jour, le consulat de Suède à Beyrouth a affirmé "ne pas avoir d'informations supplémentaires à celles rapportées par la presse et la police suédoise".

Le Premier ministre suédois, Stefan Lofven, s'est rendu lundi sur place, exprimant sa peine face à ce "terrible crime". "Je crois que beaucoup de Suédois sont préoccupés par l'augmentation du nombre de ces cas, alors que le pays accueille de nombreux enfants et de jeunes arrivant seuls", a-t-il déclaré à une station de radio suédoise.

Cette affaire est survenue le jour où la police nationale a réclamé au gouvernement l'embauche de 4.100 officiers supplémentaires, nécessaire selon elle pour combattre la menace terroriste, mener les reconduites à la frontière, et assurer l'ordre dans les centres pour réfugiés. "Ce type d'intervention devient de plus en plus courant. Nous sommes confrontés à plus d'incidents comme celui-ci", a déclaré à l'AFP Thomas Fuxborg.

D'après le directeur de la police nationale Dan Eliasson, l'arrivée de demandeurs d'asile dans des proportions inattendues (163.000 en 2015, pour une population de 9,8 millions d'habitants) a mis sous pression les forces de l'ordre dans tout le pays.

L'afflux de demandeurs d'asile, qui a pris des proportions spectaculaires à partir d'août, a amené la Suède à rétablir les contrôles à ses frontières en novembre. L'Office national des migrations logeait au 1er janvier quelque 101.000 personnes, soit 1% de la population du pays.

 

 

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Sabbagha Antoine

Nouvelle super triste pour un pays comme la Suede super civilisé.

LA TABLE RONDE

On voudrait savoir pourquoi un meurtre aussi lâche a t il été commis ?

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