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Conflit

L'Irak somme la Turquie de retirer ses troupes de son territoire

Davutoglu dément que ce déploiement constitue le préalable à une opération militaire dans le pays.

"Les autorités irakiennes appellent la Turquie à se retirer immédiatement du territoire irakien", a indiqué le Premier ministre Haider al-Abadi dans un communiqué, parlant de "sérieuse violation de la souveraineté irakienne". Photo d'archives AFP

L'Irak a demandé samedi à la Turquie de retirer ses troupes déployées sur son sol, Bagdad cherchant non sans peine à affirmer sa souveraineté au moment où il reçoit une aide étrangère pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI).

Des soldats turcs sont présents dans un camp situé dans une zone sous contrôle des forces kurdes mais revendiquée par le pouvoir central irakien, dans la province de Ninive (nord) que contrôle en grande partie les jihadistes de l'EI, notamment son chef-lieu Mossoul.

Vendredi, l'agence progouvernementale turque Anatolie avait annoncé que quelque 150 soldats turcs étaient arrivés dans cette région près de Mossoul pour relever des troupes qui entraînent et forment des combattants kurdes irakiens (peshmergas).

"Les autorités irakiennes appellent la Turquie à se retirer immédiatement du territoire irakien", a indiqué le Premier ministre Haider al-Abadi dans un communiqué, parlant de "sérieuse violation de la souveraineté irakienne". "La Turquie a envoyé en territoire irakien des troupes estimées à près d'un régiment blindé, avec chars et artillerie, prétendument pour entraîner des groupes armés, et cela sans la demande ou l'aval des autorités fédérales irakiennes", a-t-il protesté.

Selon un journal turc, le nouveau déploiement serait lié à un accord visant à établir une base permanente dans la zone de Bashiqa. Mais le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a démenti samedi que ce déploiement constituait le préalable à une opération militaire en Irak. "Ce n'est pas un nouveau camp", a-t-il dit, qualifiant l'opération de "rotation normale" et de "renfort pour faire face à des risques de sécurité". Toute autre interprétation ne saurait être qu'une "provocation", a-t-il prévenu.

Dans un communiqué, les autorités du Kurdistan irakien ont de leur côté indiqué samedi que "le gouvernement turc avait envoyé ces derniers jours les experts et l'équipement nécessaires dans le but d'agrandir le camp". Pour le commandant local des peshmergas, le général Nureddin Herki, les nouvelles troupes turques ont simplement pris la relève des soldats turcs déjà présents dans le secteur, accompagnées par une force de protection qui est retournée en Turquie avec le contingent remplacé.

 

(Repère : Qui se bat contre l'EI en Irak et en Syrie)

 

'600 soldats'
La presse turque se faisait samedi l'écho d'un scénario différent. En première page, le quotidien Hurriyet affirmait qu'"avec 600 soldats, la Turquie était en train d'établir une base dans la localité de Bashiqa dans la région de Mossoul", en vertu d'un accord conclu en novembre entre (le président du Kurdistan irakien Massoud) Barzani et le ministre turc des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu.

Les forces de la région autonome du Kurdistan irakien et celles du gouvernement fédéral combattent toutes deux l'EI mais la coopération militaire et politique entre les deux camps est mauvaise. De plus, Massoud Barzani entretient de bonnes relations avec la Turquie, ce qui pèse sur les relations entre Ankara et le pouvoir central de Bagdad.

Le déploiement turc est le dernier en date de la série de défis qui ont poussé le Premier ministre irakien à durcir le ton et à proclamer cette semaine que tout envoi de troupes étrangères sur le sol irakien serait considéré comme un "acte hostile".

L'appel de deux sénateurs américains à tripler le nombre de troupes américaines en Irak et l'annonce par le secrétaire à la Défense de l'intention des Etats-Unis de déployer des forces spéciales dans ce pays pour aider dans la lutte anti-EI ont mis M. Abadi sous forte pression. Car même s'il souhaite l'appui des Etats-Unis, il doit gérer l'hostilité des milices chiites locales envers les Américains. Ces milices se sont alliées aux forces gouvernementales irakiennes dans la lutte contre l'EI.

Haider al-Abadi veut donc montrer --au moins dans son discours-- qu'il cherche à préserver la souveraineté du pays, même si des milliers de conseillers américains y sont déjà déployés depuis 2014 dans le cadre de la coalition internationale antijihadistes.

 

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