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Économie

Les jeux vidéo et la télémédecine sont-ils des secteurs d’avenir au Liban ?

Liban - Rapport

Une étude sur le secteur de l'économie numérique analyse la compétitivité respective d'une vingtaine de segments d'activités, et dessine en creux les lacunes dont souffre encore le pays pour favoriser leur développement.

25/11/2015

L'industrie vidéoludique, la télémédecine (e-health) et la publicité en ligne offrent les opportunités d'investissement les plus prometteuses dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC) au Liban. Telles sont en tout cas les conclusions d'une étude lancée en 2013 et publiée cette semaine par l'Autorité des investissements au Liban (Idal) et le réseau de mentorat Lebanon for entrepreneurs (LFE), qui identifie huit activités – parmi une vingtaine répertoriées – pour lesquelles l'écosystème numérique libanais dispose du plus grand nombre d'avantages comparatifs.

 

Première au Liban
« C'est la première fois qu'une étude approfondie axée sur les sous-secteurs est réalisée au Liban », se félicite le directeur général de LFE, Abdallah Jabbour, qui a participé à sa réalisation. « Recueillir l'ensemble des informations nécessaires au niveau local et régional a été particulièrement laborieux en raison du nombre important de données lacunaires ou contradictoires que nous avons dû filtrer, ce qui explique la grande variété des sources référencées. Une fois ce travail effectué, nous avons donc pu déterminer les possibilités du Liban dans chaque domaine », indique-t-il. Pour y parvenir, l'étude évalue les différents secteurs d'activité à partir de huit critères économiques et sociaux : le niveau d'éducation des ressources humaines, la qualité des infrastructures, le cadre juridique, la synergie avec d'autres secteurs, la sophistication de la clientèle, l'intensité de la concurrence locale et régionale, la capacité d'import-export et la résilience aux problèmes sécuritaires. Une fois ces critères sommés et pondérés, l'étude attribue une note sur 100 à chaque secteur, afin de mesurer son niveau de compétitivité au niveau local et régional.
Avec une note de 95, l'industrie du jeu vidéo figure en tête de peloton et obtient la note maximale pour chaque critère, exception faite du cadre légal, notamment en raison de la non-ratification parlementaire – après des années d'attente – d'un projet de la Banque mondiale pour développer l'écosystème Internet mobile, finalement annulé par son bailleur. « Ce score est en ligne avec la tendance régionale où les ventes de jeux vidéo devraient croître de 29 % en 2016 », note l'étude qui insiste sur les opportunités présentées par les tablettes et smartphone pour cette activité. La télémédecine (92,5) peut, elle, s'appuyer sur la forte croissance des dépenses de santé – estimée à 15 % en moyenne annuelle d'ici à 2018 – dans les pays du Golfe et la présence d'acteurs déjà installés au Liban comme les sites de consultation médicale E-Tobb ou Sohati. Quant à la publicité en ligne, qui obtient un score identique, elle bénéficie naturellement des avantages comparatifs traditionnels du Liban dans le secteur. Les services informatiques de gestion d'entreprise, le streaming, le développement des réseaux sociaux et des applications mobiles complètent la liste des secteurs considérés comme très compétitifs.

 

« Pas à maturité avant 10 ans »
En revanche, le Liban semble nettement moins paré pour favoriser l'essor des biotechnologies (45) ou investir dans l'industrie des semi-conducteurs (50)... « Ce rapport n'a pas vocation à restreindre le développement des TIC au Liban aux seules activités identifiées comme les plus compétitives, il vise surtout à dresser un état des lieux détaillé du secteur et des différentes opportunités qu'il offre », précise toutefois M. Jabbour.
Constatant que le marché libanais des TIC a enregistré une croissance de 7,9 % en cinq ans pour atteindre 381 millions de dollars en 2014, et estimant qu'il pourrait contribuer à créer près de 6 000 emplois à l'horizon 2017, Idal espère notamment « augmenter le montant des investissements dans le domaine des TIC au Liban à travers cette publication. » Pour M. Jabbour, « les données collectées permettent en tout cas de conclure que si le Liban a encore un fort potentiel de développement, le marché libanais n'arrivera probablement pas à maturité avant dix ans. Pour cela, il faudra dans un premier temps drastiquement améliorer la qualité de l'infrastructure Internet, adopter des lois charnières pour tout le secteur, en commençant par exemple par la réglementation du commerce en ligne ou la mise en place de mécanismes de protection de la propriété intellectuelle... »

 

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