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Deux jeunes passionnées de l’Iesav primées au Biff

Cette année encore, l'Institut d'études scéniques, audiovisuelles et cinématographiques de l'USJ est le grand vainqueur du Festival international du film de Beyrouth (Biff) avec les courts-métrages de Christelle Younès et Carmen Bsaibes primés.

Carole AWIT | OLJ
06/11/2015

Dans le cadre de la quinzième édition du Biff, qui s'est déroulée au mois d'octobre à Beyrouth, quatorze films courts étaient en compétition. Parmi eux, des productions tunisiennes, égyptiennes, marocaines et libanaises. Christelle Younès et Carmen Bsaibes, qui ont toutes les deux suivi des études audiovisuelles à l'Iesav, ont remporté respectivement les premier et troisième prix décernés par le public pour leurs courts-métrages Samir Sheikh el-Shabeb et Until then. Pour les jeunes femmes, il s'agit d'une reconnaissance qui vient récompenser un travail de longue haleine et qui les réconforte dans leur choix de vouloir se consacrer à la réalisation.

Une passion d'enfance
« Enfant, j'étais captivée par les films de Disney que j'adorais découvrir puis revoir. Ces chefs-d'œuvre, je les réclamais car, pour moi, il s'agissait d'une invitation au rêve et au voyage », raconte Christelle Younès qui vient d'obtenir sa licence de l'Iesav. C'est cette passion pour le cinéma et les salles obscures qui l'a poussée, plus tard, à opter pour des études audiovisuelles plutôt que de se diriger vers un cursus d'architecture d'intérieur. « Le monde des tournages me fait vibrer », poursuit la jeune femme qui travaille, depuis 2009, comme productrice au Liban et dans les pays arabes. Et elle ajoute : « J'aime produire des films, les réaliser mais aussi jouer pour les autres. J'ai pu expérimenter la production, j'ai été actrice dans plusieurs films de mes amis à la fac, mais ce que j'espère à présent découvrir davantage, c'est le métier de réalisatrice. »
Carmen Bsaibes s'est, elle aussi, découvert très tôt une passion pour le cinéma. « Enfant, dit-elle, je passais beaucoup de temps à regarder des films. Mon père, qui travaille comme juge, me racontait des histoires qui me passionnaient et qui ont nourri mon imagination. Cela a sans doute ravivé mon intérêt pour la mise en scène. » Adolescente, elle pense d'abord devenir avocate mais finit par suivre sa véritable vocation. Après une licence en études audiovisuelles de la LAU, la jeune femme obtient, en 2015, un master en réalisation de l'Iesav. « J'ai beaucoup joué à partir de mon adolescence, confie Carmen. Des pubs, des séries télévisées au Liban dans le monde arabe, un film long (Rue Huvelin, en 2011) mais je n'ai pas beaucoup d'expérience dans la réalisation. Mon master m'a permis de comprendre que cette activité m'intéresse
vraiment. »

Des films révélation
Grâce à leurs films de fin d'études, Christelle et Carmen disent avoir eu toutes les deux une révélation. Si elles connaissent bien le monde des films et les tournages depuis plusieurs années, la première en tant que productrice et la seconde en tant qu'actrice, elles se disent aujourd'hui prêtes à assumer pleinement leur désir de devenir réalisatrices. Les jeunes femmes ont toutes les deux travaillé dur pour écrire et mettre en scène chacune un film sincère qui leur ressemble. Le verdict ne se fait pas attendre : le public apprécie et le leur fait savoir durant la dernière édition du Biff.
Christelle Younès remporte, pour Samir Sheikh el-Shabeb, le premier prix du meilleur court-métrage. Avant d'opter pour celle-ci, la jeune femme écrit plusieurs histoires mais finit par s'inspirer des funérailles de son grand-père pour réaliser son premier film court. Le spectateur découvre l'histoire incroyable de Samir qui, depuis son cercueil, assiste à ses propres funérailles. Le personnage principal voit et entend ce qui se passe autour de lui et devine les véritables pensées et sentiments des personnes présentes. Avec ce film, Christelle réussit une véritable prouesse technique, tourner un plan-séquence d'une vingtaine de minutes. « Mon travail de productrice m'a sans doute aidée à gérer les complications que pouvait engendrer mon choix de mise en scène. Nous avons tourné en une journée et demie, avec une vingtaine d'acteurs et de figurants. Nous avons beaucoup répété et je suis fière du résultat final et de la réaction du public », confie la réalisatrice en herbe.
Carmen a, elle aussi, écrit plusieurs histoires avant d'opter pour Until then, son film de master qui dépeint le quotidien d'une septuagénaire veuve cherchant à combler sa solitude en abusant des réseaux sociaux. Ce docu-fiction de 17 minutes n'aurait peut-être pas vu le jour si la jeune femme n'avait pas rencontré, par hasard, son personnage principal. « Un jour, dit-elle, sur le tournage d'une publicité, je croise Daad Rizk qui me parle de sa vie et qui me révèle être accro aux réseaux sociaux. Ses enfants et petits-enfants vivent tous à l'étranger et, pour elle, les nouvelles technologies de communication sont une bouée de secours pour s'accrocher à la vie. » Avec son sujet dans l'air du temps, ce film ancré dans la réalité est récompensé en troisième place par le public. « Daad Rizk m'a inspiré ce film. J'ai adoré sa spontanéité, sa personnalité attachante, mais j'ai surtout été sensible à sa solitude », note enfin Carmen dont le film a été projeté à Dublin dans le cadre du festival « Silk Road » et qui a été sélectionné dans le catalogue des courts-métrages du Festival de Cannes en 2015.
Cette année, c'est le public qui a voté pour désigner les gagnants du Biff, un point que les jeunes femmes disent apprécier : « Même s'il n'y avait pas de jury pour désigner les lauréats de cette édition, il est important et très valorisant pour nous de savoir que le public aime notre travail. » Carmen, qui a un agenda chargé en tant qu'actrice, et Christelle, qui poursuit son travail de productrice, éprouvent toutes les deux le besoin de se retrouver à nouveau derrière la caméra. Déterminées et inspirées, elles écrivent chacune un nouveau court-métrage qu'elles espèrent tourner très bientôt.

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