Liban

La conférence de dialogue reprend aujourd’hui alors que la crise politique risque de s’envenimer

L’éclairage
16/09/2015

La conférence de dialogue convoquée par le président de la Chambre, Nabih Berry, reprendra ce matin pour un deuxième round dont on n'attend pas grand-chose. À l'ordre du jour : la présidentielle qui va permettre, encore une fois, à chacun des dix-sept participants de donner son point de vue sur la question. Le Premier ministre, Tammam Salam, doit aussi évoquer le problème des déchets et expliquer l'importance de l'application du plan Chehayeb.

La seule surprise que la séance d'aujourd'hui pourrait réserver serait un boycottage du chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, Michel Aoun, qui, selon des informations qui circulaient ces derniers jours, aurait confié à ses proches qu'il n'avait pas l'impression que le dialogue en cours sera utile. Le général Aoun leur aurait fait savoir que sa présence n'est pas nécessaire d'autant que le dialogue ne se tient pas au niveau des chefs mais des représentants de partis et qu'il pourrait bien y être représenté par Gebran Bassil, chef du CPL, et Ibrahim Kanaan, chef de la commission parlementaire des Finances. Seul hic : ce sera M. Kanaan et non Bassil qui représentera le bloc aouniste à la table, le dialogue étant organisé au niveau des parlementaires. Or Gebran Bassil n'est pas député, mais de l'avis du général Aoun, c'est lui qui devrait représenter son bloc, en sa qualité de chef du Courant patriotique libre (CPL).

Entre-temps, le dialogue se poursuivait entre le Hezbollah et le courant du Futur. La dix-huitième séance a eu lieu hier soir à Aïn el-Tiné, en présence de l'adjoint politique de Hassan Nasrallah, Hussein Khalil, et du ministre Hussein Hajj Hassan, représentant le Hezbollah, du directeur du bureau de Saad Hariri, Nader Hariri, et du député Samir Jisr, représentant le courant du Futur. Toujours aussi laconique, leur communiqué salue la conférence de dialogue du Parlement et précise que les discussions ont porté hier sur les besoins d'une redynamisation des institutions.
Or, à ce niveau, le blocage reste total, pour diverses considérations. L'une d'elles se rapporte au dossier des nominations sécuritaires que le bloc parlementaire aouniste a posé comme condition afin de faciliter l'application du plan Chehayeb pour le règlement du problème des déchets.
De sources ministérielles, on indique que le compromis dont il a été question récemment ne verra pas le jour. Il s'agit, rappelle-t-on, de la promotion de tout un groupe d'officiers supérieurs, dont le chef des forces spéciales de l'armée, le général Chamel Roukoz, par ailleurs gendre du général Aoun, au rang de généraux de division. Cette promotion donnera au général Roukoz, qui doit prendre sa retraite dans 27 jours, soit le 13 octobre prochain, la possibilité d'être nommé à la tête de l'armée.
Il serait utile de préciser que ce sont le chef du PSP, Walid Joumblatt, et l'ambassadeur des États-unis, David Hale, qui ont essayé de promouvoir cette sortie de crise afin de venir à bout de l'opposition du général Aoun à la décision du gouvernement de retarder le départ à la retraite du commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, et de favoriser une redynamisation du gouvernement. Sauf que la formule proposée avait été contestée par plusieurs formations politiques du 14 et du 8 Mars, à l'exception du CPL et du Hezbollah, ainsi qu'au sein même de l'armée, à cause des déséquilibres qu'elle induirait, si jamais elle était retenue, et des charges supplémentaires qu'elle entraînerait pour le Trésor.


(Pour mémoire : Les nominations sécuritaires, passage obligé pour un feu vert au plan Chéhayeb ?)


De toute façon, la formule concoctée ne risque pas de passer en Conseil des ministres et même si jamais le gouvernement parvient à s'entendre sur un amendement de la loi sur la défense, les chances que le Parlement se réunisse dans les circonstances actuelles pour l'approuver sont pratiquement nulles étant donné les divergences de vues concernant l'interprétation du principe de l'urgence législative.
Le problème est que le bloc aouniste continue de se servir de ce dossier comme instrument de blocage. Aujourd'hui, c'est face à l'application du plan Chehayeb pour le règlement du dossier des déchets qu'il le brandit. Mais selon un des membres de la commission parlementaire de l'Environnement, compte tenu de la grogne populaire grandissante, plus personne n'est aujourd'hui en mesure d'empêcher la mise en œuvre de ce plan. Un blocage à ce niveau aura des retombées directes sur les parties qui essaieront d'en faire une carte de pression. Ce parlementaire rappelle que l'ensemble des partis libanais étaient représentés à la réunion de la commission au cours de laquelle le plan Chehayeb avait été approuvé après l'introduction, au texte, d'une série d'amendements proposés par les députés du bloc Aoun et de celui du Hezbollah.

Le plan Chehayeb sera donc approuvé et, plus encore, le gouvernement s'oriente vers une deuxième prolongation du mandat du directeur général des services des renseignements militaires, le général Edmond Fadel, qui doit prendre sa retraite le 20 courant. À l'échéance, le général Fadel sera rappelé en tant que réserviste pour assumer un nouveau mandat de six mois, une mesure que le CPL conteste. Les services militaires concernés ont déjà entamé les préparatifs nécessaires à cette démarche pendant que d'autres étaient attelés à préparer le départ à la retraite du général Roukoz. La seule inconnue dans tout cela reste la réaction du général Michel Aoun.

 

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QU'ACCOUCHERA LA MONTAGNE ? UNE SOURIS... OU MÊME PAS... PLUTÔT DU VENT !

Pierre Hadjigeorgiou

Quoi qu'il arrive et quoi qu'ils fassent le blocage a été instauré par les forces du 8 Mars et en premier lieu le Hezbollah et Aoun. Maintenant il faut faire avec et eux aussi. Pas de démission du gouvernement et pas de parlement avent l’élection d'un President de la République, d'une nouvelle loi électorale et de nouvelles élections législatives. Au train ou Bachar gagne sa guerre nous verrons bientôt le Hezbollah prier Dr. Geagea d'etre a la tête de l’état pour lui épargner la débandade in & out...!!!

Halim Abou Chacra

M Abi-Akl, et si ces "dialogueurs" allaient tous au diable, le Liban ne se sentirait-il pas mieux ?

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